Méfiez-vous des couturiers et des merciers !

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Le nom Couturier est très répandu en France (16.000 naissances en 100 ans, ce qui le place parmi les 300 noms les plus portés dans notre pays). Chose curieuse, on ne le rencontre pratiquement que dans la région lyonnaise. Faut-il en déduire que les hommes, dans cette région, s’adonnaient aux travaux d’aiguille pendant que les femmes labouraient les champs ? Eh bien non ! ou du moins rarement...

Certes, le mot “couturier” avec son sens actuel est mentionné dès 1115 en latin médiéval sous la forme “costurarius”, mais son emploi est rare, et ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il acquerra ses lettres de noblesse. Autant dire que nos Couturier rhodaniens ont une autre origine : ils ne s’intéressent pas vraiment à la couture, mais à la culture, ou plutôt à l’agriculture. Le latin “cultura” a donné en ancien français “colture”, devenu “couture” après vocalisation du L. Le mot désignait alors un champ labouré, une terre cultivée et ensemencée. Et donc, le couturier était tout simplement un cultivateur.

Outre la région lyonnaise et le Massif Central, c’est en Normandie et dans le Sud-Ouest que le mot “couture” a conservé le plus longtemps son sens agricole. Ce qui explique la fréquence du toponyme et nom de famille Couture en Normandie (et en Picardie), et de ses variantes Coutures, Couthures dans le Bordelais, région où l’on trouve aussi la forme agglutinée Lacouture (40). Il faut rattacher à la même origine les noms Lacouturière et Couturas (Limousin), Coutura et Couturiaux (Nord-Pas-de-Calais), Couturaud, Coutureau (Poitou, Limousin), ou encore Couturon, Couturou (Périgord, Limousin). A noter enfin le nom Aucouturier (03, 63), écrit aussi Aucuturier (23), qui désigne soit le fils du cultivateur, soit le fils de celui qui s’appelle Couturier.

La mercerie est proche de la couture, lui apportant le matériel nécessaire à ses travaux. Mais là encore, méfions-nous des apparences, car les très nombreux Mercier ne vendaient au moyen âge ni fil, ni aiguilles, ou alors accessoirement. Le nom est un dérivé de l’ancien français merz, qui avait le sens de “marchandise” (latin merx, mercis), autant dire que le mercier était un marchand, pouvant vendre des choses très diverses, si l’on en croit les diverses professions assimilées à la corporation des merciers : celle-ci comprenait les marchands de toile et de drap, de fourrures, de miroirs et de tableaux, d’ornements d’appartements, mais aussi les quincailliers et les chaudronniers. On a par la suite distingué les gros marchands merciers et les menus merciers (ou petits merciers), qui étaient des marchand ambulants.

C’est sans doute ce dernier sens qu’il faut retenir pour la plupart des Mercier, encore plus nombreux que les Couturier : plus de 57.000 naissances en 100 ans, ce qui en fait le 31e nom français. C’est dans le Nord-Pas-de-Calais que les Mercier sont les plus nombreux, une région où l’on rencontre également beaucoup de Lemercier, bien que ce dernier nom soit surtout porté en Normandie. Variantes : Merchié, Merchier, Merchiers, Merchiez, Merciez , Marcé, Marcier, Marchier. Diminutifs : Marceron, Marcerou, Merceron, Mercereau, Merceret. Avec le même sens de “marchand” on trouve aussi les formes méridionales Mercadé, Mercader, Mercadier.

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