Les noms de famille italiens

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L’Italie est avec la France l’un des pays où il y a le plus de noms de famille différents. Plusieurs raisons justifient cette situation...

Tout d’abord, le fait que la langue parlée dans les régions italiennes n’est pas toujours la même ; ainsi les noms vénitiens sont différents des noms toscans, qui n’ont eux-mêmes qu’un rapport souvent lointain avec les noms du sud de la péninsule, eux-mêmes bien éloignés des patronymes sardes, qui mériteraient à eux seuls une étude particulière. Ensuite, évidemment, pour chaque nom ou presque, on dispose d’au moins deux variantes : d’une part un singulier le plus souvent en -o, de l’autre un pluriel en -i. D’où par exemple les couples Grasso/Grassi, Rosso/Rossi, Ferraro/Ferrari, ou encore Giordano/Giordani. Ce pluriel indique la filiation au sens large du terme : celui qui s’appelle Longhi n’est pas forcément le fils d’un nommé Longo, mais plutôt le membre de sa famille, du moins à l’origine. Dernier élément, peut-être le plus important : la multiplicité des dérivés, qu’il s’agisse de diminutifs (-ello, -etto, -ino), d’augmentatifs (-one) ou de péjoratifs (-accio, -azzo), on aura l’occasion d’y revenir.
Des noms ? tirés par les cheveux

Si l’on considère la liste des vingt noms les plus portés en Italie, on s’aperçoit que six d’entre eux sont liés à l’aspect de la chevelure, à commencer par les deux premiers, Rossi et sa variante méridionale Russo, désignant celui qui a les cheveux roux. Bianchi et Bruno évoquent pour leur part des cheveux blancs ou bruns. Enfin Ricci et Rizzo sont au départ des surnoms portés par des gens frisés. Je dis bien “au départ” car, à la manière des Romains dont ils sont les descendants les plus directs, les Italiens ont employé ces surnoms comme noms de personne (ou noms de baptême, pour être plus clair).

Le troisième nom de la liste, Ferrari, évoque pour sa part un métier, celui de forgeron (en latin faber ferrarius). Autre métier assez bien placé, le barbier, dont on sait qu’il était également chirurgien, rencontré sous la forme Barbieri. Plus surprenant est le quatrième nom de notre liste, Esposito, présent aujourd’hui dans toute l’Italie, mais essentiellement napolitain : il s’agit d’un terme qui servait à désigner les enfants abandonnés à la naissance (exposés devant l’église ou l’hôpital des pauvres). Moins de surprises pour le reste, sinon qu’on ne sait jamais trop si on a affaire à un prénom ou à un surnom, par exemple avec Colombo (pigeon), Gallo (coq) ou Leone (lion), le prénom étant cependant la solution la plus vraisemblable.

Même problème avec Romano (cinquième nom le plus porté), qui peut certes désigner un Romain mais est aussi un prénom très répandu. Le patronyme Greco, qui a lui aussi été utilisé comme prénom, désigne plus souvent celui qui vient de Grèce, ou encore du Sud (là où on parlait la langue grecque), avec des connotations souvent péjoratives (fourbe, hypocrite, trompeur par exemple). Quant aux Lombardi, c’étaient bien sûr des Lombards, des gens du Nord, mais aussi des banquiers ou des usuriers. Enfin Marino (variante : Marini) évoque rarement un marin : c’est tout simplement un diminutif du latin Marius (italien Mario).

Les vingt noms les plus portés : Rossi, Russo, Ferrari, Esposito, Bianchi, Romano, Colombo, Ricci, Marino, Greco, Bruno, Gallo, Conti, De Luca, Costa, Giordano, Mancini, Rizzo, Lombardi, Moretti.
Hypocoristiques et autres dérivés

On l’aura constaté, les prénoms les plus courants (Giovanni, Giacomo, Pietro par exemple) ne figurent pas dans notre liste. Ils sont pourtant omniprésents comme noms de famille, mais sous une infinité de variantes aux formes parfois surprenantes. Le prénom Giacomo (= Jacques) nous servira ici d’exemple :

On sait que Jacques et Jacob sont au départ un même prénom, ce qui explique les premières variantes Giacomo, Giacomi, Giacobo, Giacopo, Giacobbi, Iacomo, Iacomi, Iacobo, Iacopo ou encore Iacovo, Iavoco. Ces noms sont parfois précédés d’une préposition marquant l’appartenance familiale, par exemple Di Giacomo ou Dello Iavoco. Ils sont surtout suivis d’une infinité de suffixes. Pour le seul Giacomo, on notera ainsi Giacomello, Giacomelli, Giacometti, Giacomino, Giacomini, Giacomìn, Giacomucci, Giacomuzzi, Giacomozzi, Giacomoni, Giacomazzo ou Giacomazzi.

Il va de soi qu’on trouve autant de dérivés formés sur Giacobo, Giacopo et les autres, et qu’il serait trop long de tous les citer. Mais ce n’est pas tout : selon les régions, Giacomo s’est contracté en Giaco, Giachi, Giacco, Giacchi, Iaco, Iachi, Iaci, Zacco, Zacchi, chaque forme ayant aussi ses dérivés (Giacchetti ou Zacchetti parmi bien d’autres).

Et comme si cela ne suffisait pas, les Italiens sont également très amateurs d’aphérèses (raccourcissement généralement affectueux d’un nom par suppression de la première syllabe). Et donc Giacomo devient Como, qui entraîne à sa suite les dérivés Comello, Comelli, Comellini, Cometto, Cometti, Comino, Comini, Comìn, Cominello, Cominelli, Cominetti, Cominotto, Cominotti, Comucci, Comuzzo, Comuzzi, et j’en passe !

Ajoutez à cela des formes plus inattendues telles que Lapi ou même Papi (avec bien sûr leurs dérivés), cela fait pour un seul nom plusieurs dizaines, voir des centaines de formes différentes. Mais je pense qu’il vaut mieux s’arrêter là !

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