Sauvons nos tombes… en Australie !

Le 23 mai 2024 par Frédéric Thébault

Du 24 au 26 mai se déroule le 16e week-end Sauvons Nos Tombes auquel vous participez peut-être. Saviez-vous que cet événement désormais récurrent se déroule dans le monde entier ? Nous avons rencontré Susan Doyle, qui a photographié des milliers de tombes et monuments… en Australie, où elle vit, afin qu’elle évoque pour nous son expérience.

Susa Doyle est Australienne. L’été dernier, elle nous a contacté pour nous informer qu’elle photographiait depuis des années les tombes des cimetières de son pays. Nous lui avons demandé si elle pouvait envisager de déposer ses photos sur Geneanet (rappelons que toutes les photos déposées bénévolement sur Geneanet, qu’il s’agisse comme ici de photos de tombes ou d’archives généalogiques de tout type, restent accessibles gratuitement à toute personne inscrite sur notre site, et qu’elles ne sont pas non plus revendues !). Susan Doyle a accepté de nous envoyer ses photos, et nous l’avons aidée à créer une douzaine de cimetières qui n’existaient pas encore sur Geneanet. Ce sont plus de 22 000 photos qui sont désormais accessibles au monde entier !

Susan Doyle.

Susan Doyle répond à nos questions

Q. Pouvez-vous nous parler de vous et de votre intérêt pour la généalogie ?

Susan Doyle : J’ai commencé à faire des recherches avec ma mère, qui avait hérité d’un courrier d’huissier reçu par son grand-père, la mère de ce dernier s’étant enfuie du domicile familial et son vrai père lui étant resté inconnu. Il avait alors affirmé que « s’il ne voulait pas me connaître de son vivant, je ne veux plus rien savoir maintenant ». J’avais fait des recherches pour retrouver le père en question. À l’époque, les seules recherches se faisaient sur microfiches et prenaient beaucoup de temps.

Q. Votre contribution à la sauvegarde de la mémoire des tombes et importante. D’où vous est venu l’intérêt pour ce geste ?

Susan Doyle : Après avoir visité un cimetière pour retrouver la famille de mon mari enterrée à Woods Point, dans l’État de Victoria, le long d’une route venteuse et pleine d’ornières, mon mari m’a dit qu’il ne reviendrait jamais ici et qu’il fallait donc photographier ce dont on voudrait se souvenir. J’ai donc photographié tout le cimetière, puis c’est devenu une obsession chaque fois que nous passions près d’un cimetière dans une petite ville.

Q. Utilisez-vous un smartphone, un appareil photo séparé ou les deux ?

Susan Doyle : J’ai toujours préféré utiliser mon appareil photo, il fournit des images de meilleure qualité et il est plus facile de transférer les fichiers directement de la carte SD par la suite.

Q. Avez-vous visité un cimetière ou une tombe qui vous a plus intéressé que d’autres ?

Susan Doyle: pas vraiment non, mais voir une tombe bien entretenue fait chaud au cœur. J’ai photographié et retranscrit le cimetière de Greta où Ned Kelly (NB : célèbre criminel australien, 1854-1880) est enterré dans une tombe anonyme. Apparemment, environ cinq trous ont été creusés pour déjouer les pillards ou les vandales et son cercueil a ensuite été cimenté dans le sol. Les trois policiers qu’il a tués sont enterrés à Mansfield avec des pierres tombales fournies par l’État, et un grand mémorial leur est dédié dans le centre de la ville.

Monument en hommage aux trois policiers tués par le gang de Ned Kelly en 1878 – photo de Susan Doyle

Q. Qu’est-ce qui vous a conduite à choisir Geneanet pour publier vos photos ?

Susan Doyle : J’avais utilisé Geneanet il y a de nombreuses années, à l’époque où il s’agissait simplement d’un endroit où l’on pouvait héberger son arbre et trouver d’autres personnes avec lesquelles partager des informations. J’ai d’abord téléchargé des données sur Find-a-Grave (NB : site américain de photos de tombes), mais j’ai eu du mal à utiliser leur système. Je suis donc heureuse de travailler avec Geneanet, car les pierres tombales sont une source très utile d’informations familiales.

Q. Avez-vous déjà eu des échos de votre travail ? Si oui quelles sont été les réactions ?

Susan Doyle : Un certain nombre de sociétés historiques locales se sont intéressées à ce que je faisais et je leur ai fourni les résultats finaux. De plus, comme de nombreuses pierres tombales tombent en ruine, sont endommagées, envahies par la végétation ou deviennent illisibles, je pense qu’il est très important de conserver les informations. J’éprouve de la satisfaction à apporter mon aide, d’autant plus que j’ai l’impression de faire œuvre utile. La plupart de mes recherches sont basées au Royaume-Uni et je compte sur d’autres personnes pour faire de même et m’aider.

Q. Quels conseils ou encouragements donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait lancer un projet similaire ?

Susan Doyle: C’est un passe-temps très gratifiant, qui permet d’apprécier ce que nous avons dans la vie, surtout quand vous devinez les épreuves traversées par de nombreuses personnes au cours de leur vie, souvent très tristes : certaines pierres tombales conservent la mémoire de ces tragédies et de ces personnes.

Merci à Susan pour toutes ses réponses, et surtout pour son importante contribution à Sauvons nos tombes !


Participez au 16e week-end Sauvons Nos Tombes, il n’est pas trop tard !

18 commentaires

uaicfgenea  

Cet utilisateur est membre Premium et bénéficie donc de nombreuses fonctionnalités avancées pour progresser : critères de recherche plus précis, accès illimité à tous les documents, alertes automatiques...

Découvrir l'abonnement premium

29/05/2024

Bravo et grands mercis à à Susan DOYLE.


Dear Susan,
My sons are from the Laird-Waugh families in Victoria.
I shall send the family website,
Regards
P. Hammond


Voir la suite

Vous devez être connecté pour déposer un commentaire. Connexion / Inscription