Une quinzaine de généalogie par-delà les frontières

Le 19 avr. 2024 par Jean-Yves

L’actualité internationale des archives et de la généalogie nous entraîne aujourd’hui aux États-Unis, aux Pays-Bas, au Canada, à Aruba (Pays-Bas), en Italie, au Suriname, au Pérou.

États-Unis – Un nouveau centre de numérisation ultramoderne situé à College Park, dans le Maryland, permet à la National Archives and Records Administration (NARA) d’offrir au public un accès plus rapide que jamais aux documents historiques les plus importants du gouvernement fédéral. Chris Van Hollen, sénateur du Maryland, Steny Hoyer et Glenn Ivey se sont joints à Colleen Shogan, archiviste des États-Unis, pour une cérémonie de coupure de ruban célébrant officiellement le lancement du centre. Le parc d’équipement du nouveau centre comprend des scanners à grande vitesse et des systèmes de caméras qui peuvent traiter une variété de types et de formats de documents. Grâce à cet équipement, les Archives nationales pourront numériser jusqu’à dix fois plus de documents par an. Les Américains auront ainsi accès à des millions de documents supplémentaires chaque année. Avec plus de 13 milliards de documents papier dans ses fonds, la capacité d’accélérer la numérisation est essentielle à la mission de l’agence qui est de fournir un accès aux documents fédéraux. (Source : en anglais)

Pays-Bas – À l’automne 2019, le projet de numérisation des dossiers de construction immobilières des communes membres de Purmerend, Edam-Volendam, Wormerland, Landsmeer et Waterland a démarré. Entre-temps, 525 mètres d’archives ont été numérisés et, parmi ceux-ci, 200 mètres ont été mis à disposition en ligne. Pour garantir la qualité de ces dossiers, tels que les plans de construction immobilière, tout un processus précède la mise en ligne des fichiers. Par exemple, un contrôle technique des scans est effectué pour s’assurer qu’il n’y a pas de surexposition. Cela entraînerait en effet une perte d’informations. Les dessins étant conservés pour l’éternité, une norme de qualité élevée est exigée de l’entreprise de numérisation. (Source : en néerlandais)

Canada – À la fin de l’année 2018, les archives historiques de la Ville de Montréal quittaient l’hôtel de ville pour la première fois depuis la construction des chambres fortes souterraines en 1919 et en 1952. Au total, c’est plus de 4,6 km d’archives qui avaient dû élire une demeure temporaire au 5800 Saint-Denis afin de permettre une rénovation complète des chambres fortes, dont plusieurs composantes ne permettaient plus des conditions de conservation attendues en 2024. Au cours de l’été 2024, les riches et volumineuses archives montréalaises réintègreront les chambres fortes du bâtiment, où elles bénéficieront désormais d’une protection adéquate, qui assurera leur préservation et leur communication pour les générations actuelles et futures. Les lieux ont été rénovés, les systèmes de contrôle des conditions de préservation entièrement revus, et des rayonnages modernes adaptés aux besoins ont été installés. Après six années à exercer leurs activités au 5800 Saint-Denis, les employés des archives seront donc de retour dans leurs locaux du 275 Notre-Dame Est, où ils accueilleront les usagers dans une toute nouvelle salle de consultation. (Source : en français)

Aruba (Pays-Bas) – Aruba est depuis longtemps un endroit spécial pour Stacy Argondizzo. Pendant des années, sa famille a passé des vacances sur cette petite île des Caraïbes chaque année en juillet. Plus récemment, c’est devenu bien plus qu’un simple endroit où faire une pause dans son travail d’archiviste numérique : c’est devenu un élément à part entière de ce travail. Un projet galvanisé par Mme Argondizzo arrive à son terme. L’Internet Archive accueille désormais la collection Aruba, qui contient des versions numérisées de la bibliothèque nationale d’Aruba, des archives nationales et d’autres institutions, notamment un musée d’archéologie et l’université d’Aruba. À ce jour, la collection comprend 101 376 entrées, soit un pour chaque personne vivant sur l’île, dont 40 000 documents, 60 000 images et sept objets en 3D. Malgré ses fonds limités, Aruba disposait de son propre équipement de numérisation qu’elle pouvait utiliser pour le projet. Mais l’Internet Archive a fourni le logiciel permettant d’organiser la collection tentaculaire, y compris les algorithmes de déchiffrage de l’écriture, afin de transformer une calligraphie vieille de plusieurs siècles en texte numérique prêt à être lu par des lecteurs modernes. (Source : en anglais)

Canada – On estime qu’il y a environ 1,5 million de pages relatives aux archives de la Nouvelle-France dans le seul réseau de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ), souligne Rénald Lessard, spécialiste de la Nouvelle-France et archiviste coordonnateur au sein de la vénérable institution québécoise. Une partie de ces documents originaux a été numérisée et mise en ligne par BANQ. Bien qu’un court texte résume le contenu de ces documents, on est encore loin d’une transcription complète et détaillée de chacune de ces pages. En conséquence, une grande partie des archives de la Nouvelle-France ont été vues, mais elles n’ont pas nécessairement été lues. Maxime Gohier codirige avec son collègue Léon Robichaud le projet Nouvelle-France numérique. Tous deux professeurs d’histoire, l’un à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’autre à l’Université de Sherbrooke, ils rêvaient depuis longtemps d’un outil qui permettrait de mettre en parallèle des documents d’archives et leur transcription, tout en ayant la possibilité de les partager. “Je fouillais sur Internet, puis à un moment donné, je tombe sur le site web de Transkribus”, se rappelle Maxime Gohier. Une fois que la capacité de transcription du modèle est optimisée, à l’aide d’environ 200 pages d’entraînement, on peut lui soumettre des milliers de pages du même auteur avant que la transcription complète ne s’effectue en un clin d’oeil. “C’est là qu’on tombe dans la haute performance. Un notaire a pu laisser un greffe de 15 000 à 20 000 pages qu’on peut transcrire à 5 % d’erreurs. C’est extraordinaire!”, s’exclame le professeur Maxime Gohier. (Source : en français)

Italie – L’inventaire des Archives historiques de la Commune de Ferrare est désormais consultable en ligne. Le nouvel outil de recherche présente la description de deux noyaux : les archives de la Communauté de Ferrare, dites ” Archives anciennes ” et, pour l’époque moderne, une partie du fonds de l’État civil – Bureau d’enregistrement, celle relative au registre de population de 1812 et aux registres des décès juifs. Les Archives de la Communauté de Ferrare comprennent la documentation la plus ancienne conservée par la Municipalité, couvrant une période chronologique allant de 1393 à 1796, avec des antécédents jusqu’en 1213 et des prolongements jusqu’en 1933. Le fonds a été reconstitué dans les Archives historiques municipales en 2008, après avoir été partiellement déposé dans les Archives de l’État de Ferrare au début des années 1960. (Source : en italien)

Suriname – La base de données Overlijdensakten van Suriname (Actes de décès du Suriname) (1846-1915) du Nationaal Archief Suriname (NAS) (Archives nationales du Suriname) est désormais disponible. La publication de cette base de données le mercredi 17 avril marque une étape importante pour rendre visible l’histoire du Suriname après l’émancipation de 1863. Cette base de données contient à la fois des noms de personnes décédées pendant la période de l’État et des noms de nouveaux résidents du Suriname. Elle contient par exemple de nombreuses informations sur les travailleurs contractuels hindoustanis, qui étaient auparavant absentes des archives. Les actes de décès font partie des archives parallèles du Centraal Bureau voor Burgerzaken (CBB) (Bureau central des affaires civiles), qui se trouvent désormais à la Nationaal Archief Suriname (NAS). (Source : en néerlandais)

Pérou – L’Archivo General de la Nación (AGN) a présenté le dépôt rénové des archives coloniales, où sont conservés des joyaux documentaires tels que le plus ancien document de Pisco (1613) et le Protocole des Espagnols (1533), signé par Francisco Pizarro et déclaré Mémoire du monde par l’Unesco. Ce dépôt est équipé d’un mobilier et d’un matériel modernes afin d’offrir les meilleures conditions de sauvegarde de la documentation historique de la vice-royauté et d’une partie de la République du Pérou (XVIe-XIXe siècles). Le responsable institutionnel de l’AGN, Ricardo Moreau, a déclaré que 48 nouvelles étagères métalliques mobiles, un nouveau système d’injection et d’extraction, une porte coupe-feu avec peinture ignifuge, des caméras de vidéosurveillance, des équipements de mesure de la température et de l’humidité, entre autres, ont été acquis. Près d’un demi-million de soles ont été investis dans ce dépôt, qui contient environ 80 % des collections coloniales, soit un total de 2 500 mètres linéaires de documents. (Source : en espagnol)

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