Rencontre avec Albert Rossignol, un bénévole passionné au service de la communauté

Le 5 avr. 2024 par Frédéric Thébault

Albert Rossignol travaille d’arrache-pied au sein des Archives Départementales du Tarn-et-Garonne pour numériser des archives rares et les publier gratuitement sur Geneanet. Qu’il en soit vivement remercié ! Interview.

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre parcours en matière de généalogie ?

Passionné d’histoire locale depuis toujours, je me suis intéressé très tôt aux ouvrages des historiens locaux, notamment ceux d’Hippolyte de Barrau sur les familles remarquables du Rouergue. Quant à la généalogie, c’est une passion depuis mon enfance : j’ai commencé il y a environ 40 ans en visitant à vélo les cimetières alentours de Parisot (NDLR : entre Caylus et Villefranche-de-Rouergue, dans le Tarn-et-Garonne), en relevant les noms et dates inscrits sur les tombes et en essayant de reconstituer les familles du secteur et les relier entre elles. Puis, dès que j’ai eu le permis, au début des années 1990, j’ai effectué d’autres recherches en consultant les registres d’état civil et les registres paroissiaux des mairies alentours, qui n’étaient pas numérisés ni disponibles en ligne. À la même époque, j’ai également débuté les recherches dans les registres de notaires aux archives départementales de l’Aveyron, car une grande partie de mes ancêtres sont du secteur de Najac et Vailhourles. C’était l’époque où rien n’était numérisé, les registres paroissiaux étaient sur microfilm.
Récemment, en 2022, j’ai suivi le cursus du DU Généalogie et histoire des familles proposé par l’université de Nîmes, en obtenant le diplôme avec mention.

Qu’est-ce qui vous avait motivé pour vous lancer dans cette opération de numérisation ?

Au fur et à mesure de mes recherches personnelles, j’ai constaté que les archives notariales étaient globalement les plus riches pour retracer en détail l’histoire des familles, certains couples ayant passé plusieurs dizaines d’actes notariés durant leur existence. Mais paradoxalement, les fonds des archives notariales n’étaient que rarement numérisés dans la région, sauf par le département de l’Aveyron (des pionniers !) ou très partiellement par quelques associations. Alors tant qu’à prendre des photos, autant photographier intégralement les registres car ceux-ci s’abîment avec le temps et les consultations individuelles, et en effectuer une sauvegarde complète. J’ai donc commencé à numériser tous les registres du notariat de Caylus du 16ème au 19ème siècle, ainsi que ceux des notaires alentours, ce qui représente plus de 500 registres.

J’ai alors constaté que la tenue de répertoires par les notaires n’était pas systématique, et que lorsqu’ils existent, ils ne mentionnent que les noms et le numéro de folio se rapportant au minutier.
Or, les registres du contrôle des actes, qui constituent un “super répertoire global” pour l’ensemble des actes notariés de la fin du 17ème siècle à la fin du 18ème siècle, sont un fonds méconnu et peu utilisé qui méritait d’être photographié. J’ai donc entamé aussi la numérisation des tables de contrats de mariages, soit plus d’une centaine de registres, et les ai publiés sur Geneanet à l’intention de la communauté.
J’ai continué avec les registres du contrôle des actes, riches en informations : plusieurs centaines de registres par bureaux, et environ 2000 registres pour l’ensemble du département.

À ce jour j’ai numérisé environ la moitié des registres du contrôle des actes du département, et au global, plus de 1500 registres. La sauvegarde de ce patrimoine par la numérisation et le partage pour l’indexation collaborative grâce à Geneanet, reste ma motivation principale.

Quel matériel avez-vous utilisé et à quelle fréquence vous rendiez-vous aux archives, avez-vous parfois songé à renoncer devant l’ampleur de la tâche ?

Mes premières photos ont été réalisées avec un smartphone ayant une bonne résolution optique (plus de 20 mégapixels), mais compte tenu de la quantité de documents à numériser, je me suis rapidement équipé d’un scanner de livres avec une haute résolution (21 mégapixels) et surtout avec un objectif grand angle, ce qui permet de numériser des documents de grande taille et les doubles pages. Et cela va plus vite ! Je fais aussi des sauvegardes quotidiennes. Mais même si ce projet de numérisation est colossal, plus de 2000 registres, le renoncement ne fait pas partie de mon ADN !

Avez-vous eu le temps de remarquer quelques documents différents des autres, marquants ou émouvants ? Et si oui lesquels ?

Concernant les registres du contrôle des actes, il s’agit de “super répertoires” qui peuvent sembler répétitifs, mais il m’est parfois arrivé d’y trouver quelques “pépites d’archives” car ils peuvent contenir des documents annexes, par exemple un document mentionnant un juge criminel de Saint Antonin avec son sceau armorié, représentant des armoiries non répertoriées dans aucun armorial.
Dans les minutiers, j’ai trouvé la biographie du notaire, un arbre généalogique graphique, et la transcription d’une partie d’une chronique médiévale.
Les documents les plus remarquables d’un point de vue graphique sont les compoix, qui sont assez souvent richement illustrés par de belles lettrines et autres dessins remarquables, comme un compoix de Puylaroque de 1769 (qui est en ligne).
Il m’arrive aussi de trouver des erreurs dans les inventaires des AD, ou des pages manquantes : je les signale, évidemment.

Envisagez-vous de continuer vos opérations de numérisation et si oui, lesquelles ? Aimeriez-vous avoir de l’aide ou préférez-vous rester seul ?

Le projet de numérisation de l’ensemble des registres du contrôle des actes sera poursuivi jusqu’à son terme, probablement à la fin de l’année. Parallèlement, je terminerai la numérisation de quelques minutiers restant, ainsi que la mise en ligne d’autres. D’autres numérisations suivront, probablement l’année prochaine.
J’ai proposé à quelques personnes d’aller ensemble aux archives pour des journées complètes de numérisation, et j’ai deux contacts qui pourraient se libérer un jour ou deux par semaine, malheureusement sans scanner ni ordinateur portable. En attendant je peux assurer seul la numérisation des registres du contrôle des actes. Pour celle des minutiers en dehors de mes secteurs (Caylus, Puylaroque et Saint Antonin), j’espère que mon initiative fera des émules, et ce jusqu’au département du Lot et plus loin encore !

Avez-vous déjà eu des échos de votre travail ? Quelle est votre plus grande satisfaction ?

Suite à la mise en ligne sur Geneanet des registres de notaires du secteur de Caylus, des tables de contrats de mariages et d’une partie du contrôle des actes du département, j’ai eu de nombreuses remontées positives de la part de membres de Geneanet, que je remercie…

Pour voir les tables de contrats de mariage déjà numérisées, cliquez ici !

133 commentaires

bpascal61  

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10/05/2024

Je suis en admiration devant un tel travail et je remercie Monsieur Rossignol, en mon nom, mais aussi au nom de tous, même si je n’ai pour l’instant pas de famille directement concernée.


Sandrine MOLINIER (molinier2)  

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02/05/2024

Bravo vraiment pour votre travail .Je peux peut être vous proposer mon aide je suis pas très loin de Montauban et actuellement avec de la dispo pour la généalogie!!!!
Mille mercis


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