La Gazette du vendredi 15 mars

Le 15 mars 2024 par Thierry Sabot

Chaque semaine, à travers une sélection d’articles, la Gazette du vendredi raconte la petite histoire de nos ancêtres.

La question que pose Michel dans sa demande d’entraide ci-dessous, je suis sûr que vous vous l’êtes déjà aussi posée : comment nos ancêtres étaient-ils informés, parfois en un temps très court, d’événements qui avaient eu lieu loin de chez eux. Libre à vous de vous exprimer sur ce sujet pour partager votre avis ou vos suggestions et faire ainsi progresser notre compréhension du monde et du temps de nos aïeux.

En 1932, à Loperhet (Finistère) c’est la guerre du sexe : Danser est un péché mortel, d’après Mgr Duparc

Dans mon nouveau livre ʺL’évêque et les danses kof ha kof (ventre à ventre)‶, je raconte avec beaucoup d’anecdotes, la lutte de Mgr Duparc, évêque de Quimper et de Léon (tout le Finistère), contre les danseurs, les tenanciers de dancings, les musiciens et même les chauffeurs d’autocars qui conduisent les jeunes de salle en salle. Une vraie croisade contre le Malin !

Comment le savaient-ils ? Comment nos ancêtres furent ils informés de la noyade d’un proche dans le Rhône, entre 1840 et 1850 ?

C’est la question qui me “turlupine” depuis déjà pas mal de temps : aux Roches de Condrieu, ou en face à Condrieu, ou bien plus bas au bord du Rhône, entre 1840 et 1850, sont souvent repêchés des cadavres de noyés. Dans les jours suivants, parfois moins de 15 jours, une ou des personnes de sa famille viennent “reconnaitre” le corps, souvent en très mauvais état après avoir séjourné plusieurs jours dans l’eau. Certains noyés sont donc ainsi identifiés. Dans les actes rédigés à ce moment, il est indiqué “noyé à…” (entre Lyon et Les Roches) avec l’endroit, le jour et parfois l’heure, et les circonstances de la noyade (exemples : un jeune homme se baigne dans le Rhône, un soldat fait boire son cheval, un désespéré laisse un courrier d’adieu…) Comment ces personnes savaient-elles qu’ici (aux Roches ou ailleurs) avait été repêché un noyé ?

Comment se soigner en 1880 ?

… et jusqu’au milieu du XXe siècle ? La réponse tient dans le récit d’un médecin landais – Charles Lavielle – intitulé « Essai sur les erreurs populaires relatives à la médecine », présenté à la Société de Borda (Landes) en 1881. Détenteur du savoir officiel de la faculté de médecine, il y traite – en se référant à son expérience et avec condescendance – des méthodes et des croyances héritées de la médecine hippocratique née au Vème siècle avant notre ère et de la médecine cabalistique. Ce confrère, propriétaire terrien à Peyrehorade (Landes), semble avoir un peu vite oublié que, faute de médecins diplômés et faute d’argent, le peuple était abandonné à lui-même pour tenter de se soigner et de survivre ! Il désigne parfois le paysan landais – cet « invisible » – par l’expression « le vulgaire ». Nous reproduisons ses écrits.

Un fait divers au XVIIe siècle ou le crime du commandeur Hector de Crèvecœur

Nous sommes surpris aujourd’hui, de constater la place occupée et de découvrir le rôle tenu par le cochon dans la vie quotidienne de jadis. Cet animal rejeté par certaines sectes religieuses parce que jugé impur et indigne à la consommation, mais accueilli au nom de la fraternité prêchée par saint François d’Assise, tenta néanmoins saint Antoine. Qualifié de populaire et de fort démocratique, il défraye pas mal d’anciens documents, et est cité par différents mémoires et chroniques. Les archives relatent des rixes mobilisant jusqu’à tout un quartier, ayant un cochon disturbateur à l’origine. Frère Hector de Vienne de Crèvecœur, commandeur de la commanderie de Loison du grand prieuré de France de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dit de Malte, vers 1618, s’il devint criminel, un aventureux cochon n’y fut pas étranger.

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