Comment aborder un écrit d’origine inconnue ? (texte 3 , partie 2)

Le 20 mars 2024 par Frédéric Thébault

Chaque mois, Béatrice Beaucourt, paléographe professionnelle, vous propose une courte leçon destinée à vous familiariser avec les écritures anciennes.


Quelles sont les principales caractéristiques de cette écriture ?

Cette écriture est appliquée et peu cursive, de fait, encore une fois, la difficulté de lecture se situe ailleurs.
Elle réside dans la personnalisation de l’écriture de certaines lettres, l’emploi d’une orthographe et une coupure des mots que l’on peut qualifier de très « aléatoire ».

La personnalisation de la graphie de certaines lettres:

  • L’une des graphies du « e » employée dans ce texte est, en effet, un peu particulière dans la mesure où le scribe trace sa lettre comme il le ferait pour écrire une lettre roulée :    

 Ligne 1 dans le pronom « je »  et ligne 9 dans le mot « livre» 

  • La graphie du « j », développée uniquement sur la ligne d’écriture est également particulière, comme nous pouvons le constater ligne 3,
    avec le pronom «« je »    et  ligne 5 dans le mot « jour »      

Une orthographe très aléatoire

L’orthographe présente dans ce texte est des plus personnelles.
Le recours à une lecture phonétique du texte vous permettra d’en restituer le sens.

Ligne 4 :  « m’an contante » pour « m’en contente »

Ligne 5 :  « de sin Jehan Batiste » pour « de saint Jehan-Baptiste »

… Tout comme la coupure des mots

Ainsi peut-on lire, ligne 6 en un seul mot, « foide » pour « fois de » ou à l’inverse ligne 1 les mots « de voir » pour « devoir ».

Les éventuelles difficultés de ce texte identifiées (il pourrait également s’agir de l’emploi de différentes graphies pour une même lettre, de ligatures venant modifier la graphie originelle d’une lettre, de l’utilisation de l’emploi…) passons à la lecture du texte…