Quatre nouveaux arbres collaboratifs pour bien commencer l’année

Le 13 janv. 2023 par Frédéric Thébault

C’est désormais régulier : Geneanet vous propose de l’aide pour tous les projets mémoriels réalisables sous forme d’arbres généalogiques que vous désirez mettre en place.
Quatre nouveaux arbres sont en ligne, découvrez-les… et participez si vous le souhaitez !

Rappelons le principe des arbres collaboratifs : ce sont des arbres généalogiques consacrés à des événements de l’histoire (souvent dramatiques malheureusement) ayant pour but de retrouver les personnes concernées par ces événements afin de les désanonymiser, car ils ne sont souvent, des décennies plus tard, que des noms sans signification sur des listes… quand seulement ces listes existent.
Via un arbre généalogique, le devoir mémoriel prend tout son sens en rendant à toutes ces personnes leur identité complète via la reconstitution de leur famille et de quelques générations d’ancêtres, sans oublier le récit de leur rencontre avec l’histoire, si nous en disposons.

Les bombardements du Havre (1944)

C’est le plus gros projet de reconstitution parmi ces nouveaux arbres. Avec plus de 2000 morts, c’est un épisode dramatique de la Seconde Guerre mondiale qui est évoqué ici : les bombardements aériens menés par les Alliés sur Le Havre, qui eurent lieu entre le 5 et le 11 septembre 1944. La ville (détruite à 82 %) obtint le triste record la grande ville la plus détruite de France.
Les raids des 5 et 6 septembre notamment, ciblant surtout le centre-ville, avaient pour but de “semer la peur et la confusion au sein de la garnison allemande plutôt que de détruire la ville”. De fait, il n’eurent pas l’effet prévu, et ils eurent même l’effet contraire…

Ce projet est né sur l’idée de Dominique Carpentier que nous remercions, qui travaille depuis plusieurs semaines à réaliser le “squelette” de l’arbre en fouillant les actes de décès d’état civil pour établir une liste précises des victimes. Il faut maintenant glaner toutes les informations que l’on peut sur chacune d’entre elles, et retrouver leur famille et leurs ancêtres.

> Les bombardements du Havre

La catastrophe ferroviaire d’Ollioules-Bandol (1871)

C’est également sur une idée de Dominique Carpentier que cet arbre a été créé. Le 5 février 1871, nous sommes alors dans une période de transition entre la fin de la guerre gagnée par l’Allemagne et l’installation d’une nouvelle République présidée par Adolphe Thiers. À Paris, la Commune s’est installée depuis janvier, elle durera jusqu’à mai.
Ce jour-là à 7 h 45 du matin, le train N° 481 avait quitté Marseille à destination de Toulon. En queue de train, quatre wagons chargés de 20 000 kilos de poudre et surveillés par deux gendarmes avaient été attachés. Dans les autres wagons se répartissent 500 voyageurs, dont de nombreux militaires de l’armée de l’Est rentrant à leur dépôt ou rejoignant leurs foyers.

“Parvenu à 3 kilomètres de la gare de Saint-Nazaire (NB : aujourd’hui Sanary), au lieu-dit La Baou, une formidable explosion se fit entendre. Tous les wagons sauf trois, furent détruits; des rails furent lancés à plus de 150 mètres. La locomotive miraculeusement indemne partit chercher du secours à Toulon.”
“Les secours arrivèrent de partout. Une ambulance fut installée dans la chapelle des Pénitents. Plus de 200 blessés furent relevés par les sauveteurs. 80 corps mutilés furent transportés à Ollioules où fut installée une chapelle ardente.”

C’est depuis cet accident qu’un règlement ferroviaire interdit d’ajouter des wagons de marchandises aux trains de voyageurs… Dominique Carpentier a retrouvé 67 victimes dans les actes d’état civil (ce chiffre semble plus proche de la réalité que les 80 annoncés par la presse), ainsi que 100 blessés, pour lesquels il faut reconstituer l’état civil, la famille et la généalogie.

> La catastrophe ferroviaire d’Ollioules-Bandol

Le naufrage de l’Athos (1917) et la catastrophe minière du puits Plichon de Montceau-les-Mines (1958)

L’Athos était un paquebot construit à Dunkerque en 1914 pour le compte de la compagnie des Messageries Maritimes. Réquisitionné pour la guerre par les services postaux, l’Athos quitte Marseille le 29 octobre 1916 pour le Japon, puis il passe par Hong Kong où il embarque 950 coolies chinois, en direction de Djibouti où 850 tirailleurs prennent place à bord. Le 14 février 1917 enfin l’Athos quitte Port-Saïd en Égypte. À une centaine de milles de l’île de Malte, il est torpillé par un sous-marin allemand. Ce naufrage va faire 754 morts ou disparus. L’arbre établi par Brigitte Rousseau n’a été construit que pour un petit nombre de victimes car les généalogies de tirailleurs sénégalais ou de coolies chinois sont impossibles à réaliser faute d’archives ou même d’informations nominatives. L’arbre est quasiment terminé, mais des compléments peuvent y être apportés si vous le souhaitez (écrivez au propriétaire de l’arbre).

L’arbre consacré à la catastrophe minière du puits Plichon, à Montceau-les-Mines en 1958 est quant à lui terminé. C’est une autre Dominique, Perrot, qui a réalisé cet arbre. Celui-ci se consacre au coup de grisou du 16 janvier 1958, qui a tué 20 mineurs et en a blessé 15 autres.

> Le naufrage de l’Athos
> Le puits Plichon

Les arbres en cours

D’autres arbres sont en cours de réalisation. Nous avons besoin d’aide sur tous ceux qui ne sont pas terminés, merci par avance à tous les volontaires !

26 commentaires

Je ne connaissais pas du tout la catastrophe du train Bandol/Sanary, une info intéressante sur ma région, bravo pour votre travail.


Bonjour, je viens de regarder le projet Puits Plichon : très beau travail. Cela m’interroge néanmoins sur la technique utilisée. En effet, pour un arbre généalogique normal, pour ajouter des personnes, il faut théoriquement un lien familial. Or je suppose que parmi les victimes, il y avait des personnes sans lien familial entre elles. D’avance merci et encore tous mes voeux pour la nouvelle année.

Réponse de Geneanet : il y a souvent des liens familiaux dans les événements locaux mais ce n’est pas ssytématique : l’idée est aussi qu’un généalogiste qui tombera sur cet arbre découvrira que son ancêtre a un lien avec l’événement dont il est question, événement qu’il ne connaît pas forcément. Pour la façon de procéder, vous pouvez tout à fait créer des individus séparés les uns des autres sur un arbre, il faut utiliser le menu “Créer une famille” via le “Menu” à côté du titre de l’arbre.


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