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Participez à une enquête démographique de l’Ined avec Geneanet

Le 16 sept. 2022 par Aliénor

Dans le cadre d’un partenariat entre Geneanet et l’Institut national d’études démographiques (Ined), nous vous proposons de participer à un projet collaboratif destiné à mieux connaître la population française entre le XVIe et le XVIIIe siècle.
Rejoignez-nous !

À partir des anciennes enquêtes démographiques menées par Louis Henry et Jean-Noël Biraben dans les années 1960-1970, les chercheurs de l’Ined souhaitent mener de nouvelles études démographiques. Ce projet nécessite le dépouillement sur tableur des actes de baptême/naissance, mariage et sépulture/décès d’une sélection de communes françaises à diverses époques, définies par l’Ined.

Si vous souhaitez consacrer du temps au dépouillement des registres en ligne que nous vous indiquerons, n’hésitez pas à vous inscrire ici. Nous vous transmettrons un mode d’emploi détaillé et le lien vers le registre qui vous sera attribué.

Geneanet a le plaisir de s’associer à ce projet aux côtés d’Isabelle Seguy, Pascal Chareille et Arnaud Bringé, chercheurs à l’Ined, auxquels nous laissons maintenant le soin de présenter leurs travaux et les objectifs de ces nouvelles recherches.


Comment présenteriez-vous votre métier et les recherches effectuées à l’Ined à quelqu’un qui ne connaîtrait pas ce domaine ?

Comme historienne et historien démographes de la longue durée, Isabelle Seguy et Pascal Chareille s’intéressent aux populations du passé sur les deux derniers millénaires, à partir de sources écrites et matérielles (issues des fouilles archéologiques). L’objectif est de mieux comprendre les dynamiques qui les traversent, leurs capacités à faire face aux crises qui les affectent, leurs résiliences aux changements socio-économiques, culturels, climatiques, sanitaires, et (géo)politiques qui animent toutes les sociétés quelles que soient les échelles d’observation.

Comme statisticien, Arnaud Bringé analyse les données recueillies pour en extraire des informations sur les comportements significatifs à l’échelle d’un village et/ou d’une période spécifique. Je propose des outils de visualisation permettant à tous les publics de comprendre ce que révèle l’exploitation d’une grande masse de données.

Pouvez-vous nous présenter les enquêtes de Louis Henry et Jean-Noël Biraben, leur objectif initial, la manière dont elles ont été menées et ce qu’elles nous apprennent ?

À la fin des années 1950, sous l’impulsion de démographes et d’historiens, Louis Henry a cherché à « connaître la population de la France depuis Louis XIV » (jusqu’à la Restauration), principalement à partir des registres paroissiaux. Des études généalogiques venaient d’en signaler l’intérêt pour analyser la composition des familles, l’espérance de vie, les activités professionnelles. Son objectif était de mieux comprendre les ressorts de la dynamique démographique à une époque où la religion pesait sur les comportements de nuptialité et de fécondité.

Extrait d’un relevé nominatif
réalisé sur la commune d’Échevronne
(Côte-d’Or).

Trenteans plus tard, Jean-Noël Biraben a prolongé cette enquête dans letemps, en s’appuyant sur les tout premiers registres paroissiaux,dont les plus anciens remontent à la fin du XVe siècle.

Devantl’ampleur de la documentation potentielle, Louis Henry avaitsélectionné un certain nombre de localités, sur la base d’unéchantillon raisonné ayant pour objectif une couverture de lapopulation au 1/500e.Un relevé d’informations démographiques anonymes (type d’acte,date, sexe, âge, état matrimonial, profession, originegéographique) a été réalisé. Un sous-échantillon de 40 communes(exclusivement rurales) a été constitué pour mieux cerner lesfacteurs explicatifs des changements démographiques. Atteindre cetobjectif supposait la reconstitution de familles, donc ledépouillement exhaustif des actes et la prise en compte desinformations nominatives (nom, prénom, surnom éventuellement).

Lesmêmes objectifs ont animé les travaux de Jean-Noël Biraben, maisl’ancienneté des registres mobilisés ne permettait pas la mise enœuvre d’un échantillon raisonné. Ce sont les localités avec lesregistres les plus anciens et les mieux conservés qui ont étéprivilégiées pour la période 1500-1700.

Cetravail titanesque de structuration, de collecte et d’analysen’aurait pas été possible sans l’appui de plusieurspartenaires, sans la mobilisation de nombreux enquêteurs, praticiensde terrain, et sans le concours des démographes-mathématiciens del’Ined.

Les résultats de ces enquêtes ont conduit à un renouvellement complet de la démographie des populations d’Ancien Régime, et ont fait de Louis Henry l’un des pères fondateurs de la démographie historique qui fut longtemps la discipline phare de l’Ined. Ont ainsi été mis en évidence les variations dans le temps de l’âge au premier mariage, la forte mortalité des jeunes enfants qui limitait la taille des familles, le poids des veuvages et des remariages dans la structuration des familles et de la société, etc.

Vous souhaitez aujourd’hui mener de nouveaux travaux de recherche à partir de ces enquêtes. Quels en sont les objectifs, et que pensez-vous apprendre de nouveau par rapport aux enquêtes initiales ?

Les outils numériques permettent aujourd’huide reconsidérer cette masse de données, dont certaines sont restéessous-exploitées, voire inexploitées. En effet, les contraintestechniques de l’époque ont conduit à une standardisationphonétique des noms et des prénoms, et donc à une perted’information, dommageable pour un certain nombre d’études. Noussouhaitons aujourd’hui, en nous appuyant sur un projet d’indexationcollaborative :

  1. retrouver l’information la plus complète possible (nom et prénom sans codage, prise en compte des nom, prénom et relations de parenté pour les parrains-marraines et les témoins) ;
  2. étendre spatialement l’échantillon de communes sélectionnées et étudiées par ces deux enquêtes pour considérer l’importance du recrutement hors paroisse des conjoints (seules les familles dont au moins l’un des parents s’est marié et a vécu dans la paroisse ont été prises en compte), examiner les réseaux sociaux et professionnels, notamment dans la perspective d’une étude des mobilités plus fouillée ;
  3. analyser les comportements démographiques des familles dans une perspective transgénérationelle, pour inscrire les dynamiques familiales – ou leurs ruptures – dans la longue durée, au prisme des mutations socio-économiques, cultu(r)elles, politiques, voire environnementales.
  4. proposer, grâce à de nouveaux outils de visualisation, une cinématique des comportements démographiques, à l’échelle familiale ou à l’échelle villageoise.

Addenda : seul un petit nombre de communes est concerné par les dépouillements. Les registres vont du XVIe au XIXe siècle, et les participants peuvent choisir le lot qu’ils veulent en fonction de leur niveau et du temps dont ils disposent. Il est néanmoins recommandé d’avoir une certaine habitude de ce genre d’exercice car le dépouillement du lot choisi doit être exhaustif. Des instructions détaillées sont transmises après inscription.

53 commentaires

isabelle78
28/09/2022

Bonjour
Serait il possible d’avoir un exemple de ce que vous souhaitez? Merciiiiii. Belle journée à tous


j’ai déjà participé à ce genre de dépouillement pour une association de généalogie, Je suis intéressé par le projet.


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