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Jean-Luc Godard, des racines européennes

Le 14 sept. 2022 par Frédéric Thébault

Cinéaste majeur du XXe siècle, Jean-Luc Godard a révolutionné le monde du 7e art avec ses films. Personnage haut en couleurs, il apparaissait peu dans les médias mais sa nationalité franco-suisse était bien connue… L’établissement de son arbre généalogique nous permet d’en savoir plus.

Racines paternelles

La famille GODARD se remonte jusqu’à Pierre GODARD, époux de Esther MAUSSION, un couple marié au début du XVIIe siècle qui vivait à Châtillon-sur-Loire, dans le Loiret. Plusieurs générations s’y succèdent (vigneron, cabaretier, cordonnier, boucher) jusqu’à ce que Etienne GODARD, tonnelier, migre à une quarantaine de kilomètres au sud pour s’installer dans la jolie ville de Sancerre, dans le Cher, dont est originaire sa femme, Marie Suzanne BONNET, qu’il épouse à la veille de la Révolution française en 1788.
Son fils y sera boucher, et son petit-fils, Joseph, est le premier à quitter le milieu de l’artisanat et du commerce : il est “agent d’affaires” au milieu du XIXe siècle, ce qui le pousse, comme bon nombre de ses compatriotes, à quitter également une ruralité trop étroite pour s’installer à Paris où il épouse une jeune fille venue d’une région proche de celle de ses ancêtres, Jacquette FOURNIER, de Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier.
Cette dernière est issue du milieu paysan semble-t-il, avec des ancêtres à Argenvières (Cher) et Champvoux, Tronsanges, Chaulges et Germigny-sur-Loire, dans la Nièvre.
Les GODARD s’installent ensuite à Charenton-le-Pont ou naît leur fils Georges, négociant, en 1872. Suivront Paul, docteur en médecine, né à Gagny en 1899 et enfin Jean-Luc, né en 1930.

Parmi les patronymes les plus fréquents rencontrés chez les ancêtres du grand-père de Jean-Luc, citons les CADIER, FOURNIER, DARROT, BONNET, DUSSEL, BINET, HANNET, PEAUDECERF, BULIN, BERTHON, MAILLEVIN, JARD…
Les métiers sont tous similaires à ceux de la branche GODARD mais on trouve néanmoins un maître-chirugien, huissier et sergent royal en la personne de Pierre DARGENT (1670-1719, Sancerre) dont le grand-père était procureur fiscal du comté de Sancerre. D’autres familles aisées vivent également à Sancerre, drapiers, “praticiens” ou marchands.

Georges GODARD, le grand-père, avait épousé Louise Rose Émilie BAESCHLIN, née au Cateau-Cambrésis dans le Nord, ce qui donne au cinéaste une seconde zone géographique d’origines, et même une troisième, puisque le père de Louise, Edouard, était originaire de Schaffhausen en Suisse, une ville située non loin de la frontière avec l’Allemagne et du lac de Constance, à l’est de la Suisse (la piste s’arrête malheureusement là pour cette branche).
On remonte ensuite quelques générations dans cette région du Nord (communes de Haynecourt, Douai, Valenciennes, Bousies…), avec des familles NORMAND, BOUCHEZ, LEBRUN, TAQUET, PAUL, CHEVALIER ou MANEZ, occupés comme fondeurs en cuivre, maçon, cultivateur, épicière et encore tonnelier.

Racines maternelles

Si Jean-Luc Godard possédait la double-nationalité française et suisse, son premier ancêtre à y être né côté maternel n’était que son trisaïeul, Pyrame Frédéric NAVILLE (1848-1921). En effet, comme on l’a vu son père avait une solide ascendance française (malgré une branche éloignée… suisse), et sa mère Odile MONOT était née à Paris, tous comme les parents de cette dernière, lui à Paris et elle à Saint-Mandé, en banlieue proche.

Côté MONOD, Jean-Luc Godard implante ses racines partout en Europe. Cette illustre famille, qui a donné de nombreuses personnalités (Théodore, homme de sciences et humaniste, Jérôme, conseiller du président de la République, Gabriel, historien et enfin Gustave, directeur de cabinet du Ministre de l’Éducation nationale) remonte à Jehan, né vers 1490, peut-être à Vullierens, en Suisse (son petit-fils y est qualifié de bourgeois – la bourgeoisie en Suisse n’ayant pas le même sens qu’en France, elle donne lieu à des listes établies depuis la nuit des temps, une mine d’or pour les généalogistes).
Une famille riche, ayant occupé de hautes fonctions dans l’administration religieuse notamment, et ayant noué des alliances avec des familles de même milieu. Les MONOD furent pasteurs et enseignants de théologie – donc protestants – et occupèrent des fonctions à Lyon, à Paris, à Montauban, mais aussi à Augsburg, à Copenhague, et bien sûr en Suisse. Les De CONINCK, une famille d’industriels vécurent au Danemark et à Londres, il s étaient originaires d’Anvers où on les trouve échevins et négociants au XVIe siècle.

Pyrame Frédéric Naville
Blason de Frédéric Pyrame Naville

Les NAVILLE, Genévois de temps immémorables, étaient marchands-drapiers ou enseignaient la théologie avant d’être diplomates. Leurs missions à l’étranger engendrèrent bien sûr des mariages avec des jeunes filles du pays, c’est ainsi que l’on trouve des HONYMAN, BOWDITCH en Angleterre, des PUERARI, BALBANI, CALANDRINI en Italie à Lucques, des CROMMELIN, de WALE, de MAISTRE, de BUCKERE dans les Flandres, mais aussi diverses familles venues de plusieurs régions de France : Rouen, Le Havre, Paris, Castres, Saint-Jans-Cappel (Nord) et enfin Saint-Quentin (BOSSU, TESTART, CROMMELIN puis de JONCOURT, de BEAUVAU et des familles qui nous mènent en droite ligne vers la noblesse et les rois de France).

C’est donc par les NAVILLE que l’on s’installe solidement en Suisse. Solidement, mais pas exclusivement, avec une exception de taille : l’épouse de Jean Louis NAVILLE (1812-1895), président de la Société hydraulique de Vernier (canton de Genève), Anne TODD, aux racines irlandaises (famille d’ESTERRE, PARKER, HARDING, NEVILLE, RIGGS).

Côté Genevois, quelques ministres du culte mais surtout de nombreux marchand drapiers, orfèvres, apothicaires, mouliniers et marchands de soie (LALOUET, COLLADON, MALLET, BORDIER, TORRAS, BESSONNET, AYME, PICTET, GRIFFAUD…). Ces généalogies genevoises permettent de remonter loin dans le temps, au début du XVIe siècle avec des familles de bon niveau social mais sans liens avec une éventuelle noblesse.

Cousinages célèbres

Quelques personnages historiques fameux sont les cousins directs de Jean-Luc GODARD : Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778), écrivain et philosophe, Jacques NECKER (1732-1804), financier et ministre de Louis XVI ou encore Germaine de STAEL (1766-1817), femme de lettres…

Plus près de nous on trouve des artistes comme les comédiennes Catherine RICH (1932-2021) et Delphine SEYRIG (1932-1990), le photographe Jean-Marie PERIER (1940) avec sa mère Jacqueline POREL (1918-2012) qui était actrice et sa soeur Anne-Marie (1945) directrice du journal Elle, le journaliste et chansonnier Pierre DOUGLAS (1941) son parent le plus proche (cousin issu d’issu de germain) et enfin la célèbre animatrice de radio Macha BÉRANGER (1941-2009).

D’autres nombreux, qu’on ne peut pas tous énumérer ici, sont également des figures de l’actualité ou de l’histoire : Louis SCHWEITZER (1942), PDG de Renault, Henri DUNANT (1828-1910), le fondateur de la Croix-Rouge, Benjamin DELESSERT (1773-1847), le fameux naturaliste, pionnier de la méthode d’extraction du sucre à partir de la betterave et fondateur de la Caisse d’Epargne, etc.

Origines géographiques

Origines déterminées vers 1700, zoomez sur l’image !

6 commentaires

Vous dite que Pierre Douglas était son plus proche parent parmi les célébrités. Or, Jérôme Monory, cité plus haut, était son cousin germain par son père, Olivier Monory, frère d’Odile Monory. Les couples se sont d’ailleurs mariés le même jour 16 octobre 1928 à Paris VII°.


Très intéressant, même si l’oeuvre de JLG n’est évidemment pas liée à ses ancêtres…


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