Deux millions de photos d’actes notariés en accès libre sur Geneanet : interview de Yves Dilger, de l’association SGLB

Le 15 juil. 2022 par Frédéric Thébault

A l’occasion de l’atteinte du chiffre-record de deux millions d’images d’archives numérisées par l’association de généalogie SGLB (Société généalogique du Lyonnais et du Beaujolais), en partenariat avec les archives du Rhône et Geneanet, nous avons souhaité en savoir plus sur cette fameuse opération, unique en son genre, qui vise à rendre accessible librement sur Internet les archives des notaires du département du Rhône.

Nous tenons à remercier vivement pour tout le travail fourni l’association, ses numériseurs et ses coordinateurs, et les archives du Rhône : grâce à eux, non seulement toute la communauté des généalogistes et des historiens bénéficie d’un accès simplifié et rapide à ces images, mais la mémoire est également préservée des dangers de détérioration ou de destruction, une image numérisée pouvant se stocker à l’infini sur de multiples supports, tant physiques que virtuels.

Nous avons posé quelques questions à Yves Dilger, vice-président de la SGLB, qui coordonne les bénévoles et supervise les numérisations.

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre parcours en matière de généalogie ?

Comme de nombreuses personnes, je me suis « lancé » en généalogie après que mes aïeux sont décédés. La mémoire des anciens ayant disparu j’ai écrit quelques brefs souvenirs qui m’ont donné l’envie d’aller plus loin dans les recherches : c’est ainsi qu’en 2008 j’ai rejoint une association de généalogie, la SGLB.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour rejoindre cette association ?

En 2008, nous trouvions déjà de nombreuses informations sur l’Internet. Mais la recherche individuelle, sans formation historique ou administrative, est longue et quelquefois infructueuse : l’association m’a accueilli et aidé, elle a mis à ma disposition son assistance, son matériel et la formation qui m’était nécessaire ; et cela toujours avec un esprit de bienveillance.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le fait de participer à cette opération de numérisation ?

Comme je le disais précédemment, c’est cet esprit de partage et de bienveillance rencontré lors des permanences. Je l’ai retrouvé lorsque j’ai eu besoin d’une copie d’acte ancien : non seulement les adhérents ont fourni les images, mais ils m’ont aussi mis en relation avec un « spécialiste » de la lecture des écritures anciennes. L’intérêt, c’est d’être utile et de partager un peu de son temps et de ses connaissances.

Comment se déroulent les opérations de numérisation, avec quels moyens et à quelle fréquence ?

Une séance de numérisation est, somme toute, assez simple. Le matériel mis à disposition consiste en appareils photos, trépieds, ordinateurs. Les documents de notaires (cote 3Exxx) sont communiqués par les Archives départementales du Rhône (AD69), puis photographiés page après page.
Le coordinateur du groupe collecte régulièrement les photos ainsi réalisées afin de les transmettre aux AD69 et à Geneanet. Vous pouvez les retrouver sous l’onglet Projets/Registres de Geneanet et sur le site des AD69 : archives.rhone.fr, cliquer sur “Rechercher et consulter” puis choisir “archives consultables en ligne” et enfin ” notaires”.

Une équipe de numériseurs de la SGLB, coordonnée par Jacques Pras (au fond)

Combien de personnes y ont travaillé depuis 2007 ?

Difficile de fournir un chiffre précis du fait du turn-over mais le groupe, à la mi-2022, compte une douzaine de personnes qui opèrent selon leur disponibilité tout au long de la semaine. Le mardi est le jour principal avec la présence du coordinateur. Ce groupe fonctionne avec une très grande souplesse. De nouveaux bénévoles arrivent, d’anciens bénévoles cessent leur activité, d’autres nouveaux arrivent. Toute personne prête à nous rejoindre est la bienvenue, rendez-vous le mardi aux AD69 (hors vacances scolaires). 

Quel type d’archives numérisez-vous en priorité ?

Le partenariat entre les Archives Départementales du Rhône et Métropolitaines de Lyon (AD69) et La Société Généalogique du Lyonnais et du Beaujolais (SGLB) avec la participation de Geneanet porte essentiellement sur la numérisation des actes notariaux. Cela n’empêche pas de numériser d’autres documents, par exemple les insinuations de lyonnais, des jugements et sentences de l’ancien régime…

N’est-ce pas un travail très chronophage, un peu ingrat et fastidieux de voir passer tous ces documents sans avoir le temps de s’y arrêter ?

Bien sûr. Mais notre action peut avoir à certain moment des buts personnels, numériser tel ou tel acte de notaire dont nous pourrions avoir besoin lors de nos propres recherches est conditionné à la numérisation de la cote complète. Cela nous donne ainsi un sentiment de partage avec la communauté des généalogistes. Le groupe des numériseurs se sent utile et a toujours plaisir à se retrouver pour partager quelques découvertes lors de ses séances. 

Quelles prochaines étapes de numérisation avez-vous prévues ?

Continuer de contribuer à la mise à disposition de ces documents qui facilitent l’étude, la compréhension de la vie de nos prédécesseurs. Aux AD69 les actes notariés occupent plus de 4km linéaire de rayonnage. Ce projet peut durer plusieurs années. 

Avez-vous déjà eu des échos de votre travail ?

Oui, c’est toujours avec plaisir que nous recevons un courriel ou un mot en passant d’un lecteur des Archives qui nous félicite du travail accompli.


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56 commentaires

Incroyable travail de fourmi comme ceux qui plantaient des arbres pour les générations futures


Bravo pour votre engagement ! Un grand merci.


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