Descendez-vous des Filles du Roy ?

Le 3 juin 2022 par Frédéric Thébault

Très connues au Canada, notamment par la communauté francophone, les Filles du Roy ont transmis leur sang à la plupart des Canadiens actuels. Découvrez leur histoire… et participez à l’arbre collaboratif qui les concerne !

Le 6 mai 1628, dans ce que l’on appelle la Nouvelle France, cette gigantesque zone colonisée par la France sur le sol américain et qui s’étend du sud de la Louisiane au nord du Québec, est fondée la compagnie des Cent-Associés qui détient le monopole du commerce des fourrures. Ce sont alors quasiment exclusivement des hommes qui y sont installés : commerçants, coureurs des bois ou militaires.

En 1642 est fondée Ville-Marie (qui deviendra Montréal) et les premières femmes s’y installent (plus de 200, dénommées les “filles à marier”). Les conditions de vie rudimentaires s’améliorent progressivement, mais le déséquilibre entre hommes et femmes est criant : en 1666 sont ainsi dénombrés 719 célibataires masculins contre 45 filles, de 16 à 40 ans. Dans ces conditions, comment fonder une vraie colonie s’il n’y a pas de couples qui donnent naissance à des enfants ?

Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV, décide alors de faire appel aux bonnes volontés, en recrutant des jeunes filles dans les maisons de charité ou les hôpitaux généraux de Paris, La Rochelle, Rouen ou Dieppe. La plupart sont orphelines ou veuves, ce sont plutôt des jeunes filles de bonne famille mais désargentées. Celles que l’on nommera bientôt les “Filles du Roy” vont quitter la France et s’installer au Canada pour y convoler en justes noces.

Arrivée des filles du Roy à Québec, reçues par Jean Talon et Mgr Laval,
vue par Eleanor Fortescue-Brickdale (1872-1945).

Elles sont accueillies et placées sous la houlette du conseil souverain, d’un curé et d’une amie de Marguerite Bourgeoys, troyenne d’origine, enseignante et fondatrice de la congrégation de Notre-Dame de Montréal.

Les unions prendront du temps car même si les jeunes filles ne choisissent pas vraiment leur époux, on suppose qu’elles pouvaient refuser tel ou tel prétendant. Hommes et femmes se rencontrent dans des soirées organisées pour l’occasion, et les unions se font en général dans les cinq mois après l’arrivée des jeunes filles. Des dots sont accordées par le roi.

Entre 1663 et 1673, 770 femmes s’installent au Canada, leurs unions entraînant 4500 naissances et triplant la population de la Nouvelle-France : l’histoire du Canada peut commencer. On estime que 20 millions de Canadiens et Américains descendraient aujourd’hui des “Filles du Roy”.

Un arbre collaboratif a été créé pour recenser toutes ces jeunes filles, et déterminer, dans la mesure du possible, non pas leurs ancêtres (difficiles à trouver à cette époque où les registres paroissiaux sont très lacunaires – évidemment si vous les trouvez ils seront les bienvenus), mais leurs descendants.

Nous sommes à la recherche de volontaires pour poursuivre le travail qui a été commencé ! Pour cela rien de compliqué, il suffit de savoir faire de la saisie sur les arbres en ligne de Geneanet : nous vous donnerons un accès éditeur, vous inscrirez votre nom sur le tableau de suivi créé à cet effet, puis vous pourrez y consacrer le temps que vous souhaitez, il n’y a évidemment aucune obligation de résultat, la généalogie devant rester un plaisir !

Cela vous intéresse ? Envoyez-nous simplement un message !

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