Une quinzaine de généalogie par-delà les frontières

Le 22 avr. 2022 par Jean-Yves

L’actualité internationale des archives et de la généalogie nous entraîne aujourd’hui au Canada et en Ukraine, au Rwanda, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Inde, en Suisse.

Canada/Ukraine – À l’automne, Peter Binkley, bibliothécaire de l’Université de l’Alberta, enseignait à des étudiants – dont beaucoup étaient ukrainiens et suivaient le cours à distance – de bons exemples de sites web historiques, et il a cité la carte interactive de la ville de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine. Quelques mois plus tard, alors que l’invasion russe mettait en péril l’histoire culturelle numérisée de l’Ukraine, il allait sauver ce même site web culturel de l’oubli potentiel. M. Binkley fait partie d’une équipe mondiale d’environ 1 300 bibliothécaires et archivistes, dont des Canadiens, qui se portent volontaires pour sauver les archives numériques culturelles de l’Ukraine d’une destruction potentielle si les serveurs sont détruits lors des bombardements russes sur ses villes. Ce projet, connu sous le nom de Saving Ukrainian Cultural Heritage Online (SUCHO), a jusqu’à présent permis de capturer et de préserver plus de 2 500 sites Web de musées et de bibliothèques ukrainiens qui pourraient contenir des milliers de documents historiques numérisés, des œuvres d’art, de la musique, des images, des histoires orales et d’autres expositions numériques. (Source : en anglais)

Rwanda – Au Rwanda, Ibuka, la principale association de rescapés du génocide des Tutsis, s’est lancée dans le tri et la numérisation de ses archives. Des milliers de documents et objets qui retracent le parcours des survivants dans les années qui ont suivi les massacres, entre 1995 et 2010. Le projet a été lancé en janvier 2022 en partenariat avec deux entités françaises, le Mémorial de la Shoah et l’EHESS et il a pour objectif de préserver et rendre accessibles ces archives qui éclairent un peu plus le dernier génocide du XXe siècle. Une fois triées, les archives seront numérotées, puis numérisées. Elles deviendront donc accessibles en ligne, mais resteront également consultables sur place, au siège d’Ibuka. (Source : en français)

Luxembourg – Le nouveau site web des Archives communales de Differdange (Grand-Duché de Luxembourg) a ouvert ses portes. Vous pouvez déjà y consulter les registres de délibérations communales de 1826 à 1921, les tableaux des conscrits de la garde communale de 1789 à 1879, et les registres de la Police des étrangers jusqu’en 1921. Chaque mois, les Archives communales partagent avec vous leur coup de coeur : un document marquant pour l’histoire de la commune, un document de famille, issu d’un don, pour découvrir la manière dont les Differdangeois ont vécu tel ou tel événement historique, un document amusant, touchant ou original, que les archivistes ont repéré au détour d’un classement et qu’ils souhaitent vous faire découvrir… (Source : en français)

Pays-Bas – Les archives municipales de Rotterdam ont publié une liste de 1150 noms de personnes décédées lors du bombardement allemand de Rotterdam le 14 mai 1940 et des opérations de guerre des jours précédents. Après avoir effectué des recherches dans les archives, une centaine de noms qui n’étaient pas connus auparavant sont apparus. Les noms de plus de 160 morts sont toujours inconnus. En effet, 126 personnes n’ont pu être identifiées à l’époque et ont été enterrées comme des inconnus. En outre, l’identité de plus de quarante personnes a été suspectée après l’enquête, mais pas encore prouvée. L’année dernière, le Stadsarchief a fait appel à l’aide des proches pour compléter la liste. Au total, 275 réponses ont été reçues. (Source : en néerlandais)

Pays-Bas – À partir du 25 avril, une partie (environ 3 000) des archives de guerre de la Croix-Rouge néerlandaise sera rendue publique et accessible à tous. Après la Seconde Guerre mondiale, la Croix-Rouge néerlandaise a été chargée de rechercher les personnes et d’informer les proches de leur sort. Les archives de la guerre, avec plus de 250 000 dossiers personnels et familiaux et des milliers de listes, sont le résultat direct de cette mission de recherche. En 2018, les archives ont été transférées de la Croix-Rouge aux Archives nationales. (Source : en néerlandais)

Inde – Peu de gens savent que l’état du Kerala avait, dans les années 1940, un magazine littéraire portant le nom de Rabindranath Tagore. Ils ne connaissent pas non plus le contenu des manuels scolaires de l’époque. Grandhapura, l’une des plus grandes archives numériques gratuites en malayalam, qui détient une collection rare de plus de 2 000 documents relatifs au Kerala, dont des périodiques et des manuels scolaires des années 1800, a rendu cela possible au cours de la dernière décennie, grâce à ses archives de documents rares en constante expansion. Mais aujourd’hui, Grandhapura est confronté à un avenir incertain, car l’archiviste Shiju Alex, qui l’a fondé et l’entretient depuis 12 ans, a décidé de mettre fin à ses efforts en raison du manque de ressources et de temps, et de l’incapacité à se développer. Une poignée de ses amis, qui l’ont aidé dans cette initiative, se sont réunis pour étudier les différentes manières de la faire progresser, avec la participation d’autres passionnés d’histoire et d’archivage partageant les mêmes idées. (Source : en anglais)

Suisse – En Suisse, il n’est pas toujours aisé de convaincre les autorités quant au bien-fondé de l’acquisition d’archives privées. Que ce soit au niveau local, cantonal ou national, la mise en place de cinq outils est susceptible de les rassurer tout en facilitant l’action des archivistes : inscrire l’acquisition d’archives privées dans la mission de l’institution, se doter d’une politique d’acquisition, se doter de conventions de dons, préparer un plan d’acquisition des archives privées, formaliser la coordination et la coopération entre partenaires. Les archives privées constituent une partie fondamentale de la mémoire de la vie de la population et des institutions. Leur acquisition n’est ni un luxe, ni un caprice d’archivistes, mais bien un objectif. (Source : en français)

2 commentaires

le problème en Suisse il faut prouver la descendance directe et la demande coute très chère


Un grand bravo, et MERCI d’avoir pensé à sauvegarder ces travaux de recherche des généalogies ukrainiennes, du désastre de la guerre! Nous avons des ancêtres ukrainiens, décimés par la Révolution russe, et très dur pour nous de retrouver leur trace : ils vivaient dans le canton (oblast) de KHERSON, ils s’appelaient BRUKHOWETSKY. Merci à celui qui pourrait nous aider, éventuellement. Comment accéder au site du projet “SUCHO”? Merci à vous? Véronique MARTIN-MAILFERT.


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