Correction du test n°2

Le 21 déc. 2021 par Frédéric Thébault

Chaque mois, Béatrice Beaucourt, paléographe professionnelle, vous propose une courte leçon destinée à vous familiariser avec les écritures anciennes. Voici la correction du test n°2 publié le mois dernier.

 

Registre paroissial d’Orléans paroisse Saint-Maclou (1593-1604) :

Afin de faciliter vos lectures je vous proposais de répondre à de rapides interrogations préalables :

  • A quels types de graphies ai-je affaire ?
  • Suis-je capable de reconnaitre toutes les lettres du texte ? Si la réponse est non, demandez-vous pourquoi ?
  • Y a-t-il des abréviations ?

Répondre à ces questions vous permettra d’analyser sommairement la graphie d’un texte et objectiver sa lecture.

Ainsi le texte que je vous propose ci-dessus présente une écriture gothique encore raide mais dévoilant déjà quelques rondeurs transitoires et quelques abréviations. Le texte est peu cursif. La seule difficulté de lecture réside donc dans la reconnaissance de chacune des lettres qui composent ces deux paragraphes.

Le scribe utilise les lettres de la graphie gothique, aujourd’hui tombées en désuétude, associées à d’autres graphies plus rondes et plus récentes.

Apparaissent de fait des lettres appartenant à la graphie gothique :

  • Les lettres à jambages :   I M N U V
    Ces lettres, rappelons-le, sont constituées par un ou plusieurs jambages consécutifs, c’est-à-dire par un ou plusieurs petits traits verticaux ou légèrement inclinés dont voici deux exemples extraits du texte :

Ces lettres, rappelons-le, sont constituées par un ou plusieurs jambages consécutifs, c’est-à-dire par un ou plusieurs petits traits verticaux ou légèrement inclinés dont voici deux exemples extraits du texte :                  

« servante »  « délivré »

  • Les lettres à aigrettes :

Le « e »  présentant un jambage et une aigrette en exposant que l’on retrouve dans le

mot  « Beauce ».

Le « s » présentant un jambage et une double aigrette en exposant que l’on retrouve dans le mot  « bans »

  • Le r dit à rebroussement présent dans le prénom  « Françoyze »
  • Le « c » gothique visible dans le prénom  « Maclou »
  • Le « s » à crosse présent dans le mot  « sainct »
  • Le scribe utilise aussi quelques ligatures pouvant perturber l’œil du néophyte dont voici des exemples :

Ligature entre le « e » et le « r » ici dans le prénom « Perrette »

Ligature entre le « e » et le « l » dans le mot « délivré »

Ligature entre le « e » et le « u » dans le mot « jeune »

Ligature entre le « d » et le « e » dans le mot « de »

Ligature entre le « c » et le « l » dans le prénom « Maclou »

Ligature entre les lettres « e », « s » et « t » dans le patronyme « Estarcquiz »

Ligature entre le « e » et le « n final » dont le dernier jambage plonge sous la ligne d’écriture » dans le mot « en »

Ligature entre le « e » et le « t en trait de fuite » dans le patronyme « Hublet »

  • Il utilise enfin des abréviations :

Par suspension dans le mot « oudict »

Par contraction dans le mot « monsieur »

Une fois cette rapide analyse effectuée, il est temps de passer à la lecture du texte dont la transcription vous sera donnée le mois prochain !

13 commentaires

Merci. Les difficultés de lecture sont souvent très rudes.toute aide est bienvenue.


Merci pour la leçon.

Meilleurs Voeux.


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