Les racines de Jean-Paul Belmondo

Le 14 sept. 2021 par Frédéric Thébault

Décédé la semaine dernière, l’acteur Jean-Paul Belmondo aura bénéficié tout au long de sa carrière d’un amour inconditionnel de son public, dans une carrière à succès faite de comédies populaires mais aussi de cinéma d’auteur. Intéressons-nous à ses racines familiales et géographiques !

En 2021, on connaît la famille Belmondo notamment via Paul, pilote automobile et occasionnellement acteur, et par le fils de ce dernier, Victor, qui a déjà tourné huit longs-métrages. Acteurs donc, mais surtout artistes, et l’étude des ancêtres de Jean-Paul confirme quelques tendances familiales aux métiers du spectacle.

L’origine paternelle

Fanny Cerrito

Jean-Paul Belmondo a grandi à Neuilly-sur-Seine, où il était né en 1933. Son père Paul (1898-1982), était un sculpteur réputé, élève de Jean Boucher, qui reçut notamment le prix Blumenthal en 1926, puis le grand prix artistique de l’Algérie en 1932 et enfin le grand prix de la Ville de Paris en 1936. Paul Belmondo avait grandi en Algérie française, et il s’était installé en France métropolitaine pour y suivre ses études au terme de la Première Guerre mondiale.

Son père (également prénommé Paul, ou plutôt Paolo), forgeron de métier, avait quitté son pays d’origine, l’Italie (il était né à Borgo San Dalmazzo, un village proche de Coni -Cuneo-, au pied des Alpes, à seulement 60 kilomètres de la France, ce qui explique peut-être l’origine de son nom qui pourrait être un dérivé du français Bermond, assez fréquent dans les Alpes-Maritimes), pour l’Algérie dans les années 1880/1890. Il avait rencontré là une jeune italienne, Rosina CERRITO venue elle de la région de Palerme, en Sicile, qu’il épouse en 1897.

Côté nord de l’Italie, la recherche d’ancêtres s’arrête malheureusement avec la génération précédente et encore un Paul / Paolo BELMONDO, né vers 1830. Côté sud, on peut sans doute remonter un peu plus les CERRITO, grâce à une autre artiste, la danseuse Fanny CERRITO (née Francesca Teresa Giuseppa Raffaela, 1817-1909), venue de Naples pour trouver la célébrité à Paris. Fanny CERRITO était probablement la grand-tante de Rosine, bien que la preuve reste à trouver. Ses parents et grands-parents sont connus, son père était officier de l’Empire et avait participé à la Campagne de Russie aux côtés de Napoléon, il était également officier du Roi de Sicile. La jeune danseuse déchaînait les passions partout en Europe, elle fut même la première femme à être décorée par le Pape de la médaille de Sainte-Cécile.

Si cette ascendance napolitaine reste incertaine, la sicilienne est probablement avérée jusqu’aux LA NASA, LA SCOLA et MIRABELLA, tous du village de bord de mer de Cefalù, à 70 kilomètres de Palerme, que l’on trouve à la fin du XVIIIe siècle.

Cefalù, Sicile

L’origine maternelle

Paul Belmondo, le sculpteur, avait épousé une jeune fille artiste-peintre rencontrée lors de ses études d’art, Sarah RAINAUD-RICHARD. Celle-ci, bien qu’ayant grandi à Paris comme ses parents et grands-parents maternels, n’avait pas de racines parisiennes. Le phénomène est très fréquent pour tous les Parisiens, ville de migration de tout temps, tant pour les milieux populaires attirés par la perspective d’un travail que pour les milieux aisés, les activités financières, administratives, militaires étant toutes centralisées dans la capitale.

Ainsi, cinq origines françaises différentes sont à ajouter aux deux origines italiennes :

  • Une branche savoyarde à l’époque où la région n’était pas française mais partie intégrante du Grand Duché de Savoie, pays disparu en 1860 : les origines des RAYNAUD-RICHARD, TALLON, MIGUET, PETIT-LEVET, PETIT-BARAT ou TREPIER s’y croisent dans les villages d’Aillon-le Jeune et Aillon-le-Vieux situés dans le massif des Bauges, non loin d’Annecy et de Chambéry, en contrebas du mont Pelat entre 800 et 2000 mètres d’altitude. De l’autre côté de la montagne, une autre branche nous mène aux Déserts, une commune similaire en altitude et en taille (un millier d’habitants à la Révolution), où l’on rencontre les familles GAY, DUMAZ-GALLU, CHAPPERRON ou REGAIRAZ. On notera cette particularité régionale des double-noms, née du fait de la forte endogamie liée à des voies de circulation difficiles qui nécessitait des mariages au sein du même village.
    Le premier à quitter la région, Julien RAYNAUD-RICHARD, s’était installé comme bijoutier à Paris dans les années 1880 avec sa femme, Sophie DUMAZ-GALLU. Ce sont les arrière-grands-parents de Jean-Paul BELMONDO.
Le Chevalier Bayard
  • Une branche venue de l’Isère, non loin de la Savoie donc, avec les familles RAPHAËL, MARCOZ, CARLET, NEMOZ, EMERY, COUTURIER, FORGERET, BORDAZ, EMPTOZ LA COSTE ou PATTON, des villages de Rives, Le Grand Lemps, Renage, Gillonnay mais surtout La Côte-Saint-André. Des familles de bon niveau social, avec de nombreux marchands, d’un tailleur d’habits, d’un maître-chirurgien, d’un notaire royal… et d’une branche noble grâce à Soffrey de BOCSOZEL (1530-1595), Conseiller au Parlement de Dauphiné au milieu du XVIe siècle. Ce Soffrey, dont la descendance fut, comme tant d’autres familles, appauvrie par la guerre de Trente ans et obligée de conclure des alliances avec de “simples” bourgeois, n’était autre que le petit-fils d’un certain chevalier BAYARD, dit “sans peur et sans reproches”, Pierre du TERRAIL (1476-1524), même si un petit doute subsiste sur le lien avec les ancêtres de Bébel.
    Si cette branche est avérée, alors Jean-Paul BELMONDO descend non seulement de BAYARD mais aussi des rois de France, le premier figurant dans son ascendance étant Louis VII Le Jeune (1120-1180), seize générations plus haut… C’est Claude RAPHAËL (1815-1867), qui s’était établi à Paris entre 1830 et 1840.
  • L’épouse de Claude, Caroline COLLART (1815-1888) était née à Paris, mais elle avait pour parents un couple venu de Maissin, petite commune wallonne, en Belgique aujourd’hui mais commune du département de Sambre-et-Meuse sous Napoléon. La commune n’est située qu’à une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau de Charleville-Mézière, en France. On y trouve les familles COLLART, COULON, ADAM, FAY, MONIN, COLOT, DOURET, GRANDGERARD…

Simon VANIEUX (1817-1871), estampeur de son état, et Fanny (née Françoise) BAVARD (1824-1898), trisaïeuls de Jean-Paul BELMONDO, s’étaient mariés en 1850 à Paris, mais ils n’y étaient pas nés :

  • Pour lui, c’est à Beauvais et alentours (Le Gallet, Crèvecoeur-le-Grand), dans l’Oise, que l’on trouve ses racines, avec les familles VANIEUX, BOUFFET, CARPENTIER, BRETON, REUSSE, DELAMARE, DUPORT, COQUEL, FLECHE…
  • Pour elle, on trouve d’abord de nombreux laboureurs dans les villages de Quemigny-Poisot, Saint-Jean-de-Boeuf, Châteauneuf, La Bussière-sur-Ouche et Antheuil, villages situés au sud-ouest de Dijon, avant de rencontrer Pierre DAMBRUN (vers 1494-1570), écuyer à Mâlain, qui nous permet, de gentilhomme en serviteur du roi puis en seigneur, baron et autres, de remonter le temps vers une reine de Castille (Urraca 1ère, 1081-1126) et un roi de France (Louis VI le Gros, 1081-1137) à la même génération, donnant ainsi une double ascendance noble à l’acteur préféré des Français.

Cousinages

Comme dans toute généalogie relativement complète réalisée aujourd’hui, il n’est pas rare de rencontrer quelques cousinages célèbres ! Jean-Paul BELMONDO n’échappe pas à la règle :

  • Le chef étoilé Pierre TROISGROS (1928-2020), 9e à la 8e génération via le couple François MUTIN (vers 1662 – 1738), marchand, et Charlotte PERREAU (vers 1671-1737)
  • L’animateur et journaliste Philippe BOUVARD (1929), 10e génération via le couple Jean Claude ARMENJON (vers 1625 – 1688), cultivateur puis maître de forges, et Jacquemine de BENOIT
  • Le navigateur Adrien HARDY (1984), 10e à la 12e génération via le couple Jean CARLET dit BESSONNAT (vers 1609-1684), rentier des forges d’Allivet, et Etiennette CUZIN (morte en 1684)
  • Le footballeur Albert RUST (1953), 12e à la 11e génération via le couple Emonet PERRETON (vivant vers 1600), bourgeois de Gillonay, et Jeanne FOREST

Carte des origines


Mémoire des Lieux

Découvrez sur Mémoire des Lieux quelques lieux de tournage de films avec Jean-Paul Belmondo !


NB : cette généalogie a été reconstituée via les arbres de adriandiehl, chorny, christinelyon1, geneajimmy, gillesnicolle, jccappe, guignardseb, jmheer, mbussiere1, pgautreau, cnicoud, pierrevirely, rpf02, lesparre, orlov, qu’ils en soient remerciés ici.

86 commentaires

PAX .


leporatit
23/09/2021

pourquoi aller chercher des origines dans bermont ça b’a aucun sens BELMONDO signifie tout simplement beau monde

Réponse de Geneanet : lisez bien la définition fournie par Jean Tosti, il met en doute cette affirmation.


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