Sur les traces de quelques chocolatiers célèbres

Le 29 sept. 2020 par Aliénor

Chaque année, le 1er octobre, est célébrée la Journée mondiale du Cacao et du Chocolat. À cette occasion, partons à la rencontre de chocolatiers célèbres ayant laissé quelques gourmandises à la postérité.

Auparavant réservé aux classes les plus aisées, le chocolat ne se démocratise qu’à partir du XIXe siècle. La révolution industrielle fait passer sa production à une toute autre échelle, avec le développement de nouvelles machines et procédés de fabrication : broyeurs, torréfacteurs, raffinage du sucre…

En France, la première fabrique des Pyrénées-Orientales est créée en 1814 près de Perpignan par le chocolatier Jules Pares. Dans les années suivantes, des fabriques fleurissent un peu partout dans le pays. En 1816, Jean Antoine Brutus Menier fonde la Maison Menier, d’abord installée dans le Marais, à Paris, puis dans un ancien moulin de Noisiel, en Seine-et-Marne, à partir de 1825. Cette usine hydraulique, qui grandit ensuite avec le fils puis les petits-fils de Jean Antoine Brutus Menier, emploie à la fin du XIXe siècle plus de 2000 ouvriers. Citons encore la chocolaterie Marquis, fondée à Paris en 1818, la chocolaterie Ibled, fondée à Mondicourt, dans le Pas-de-Calais en 1824, ou la chocolaterie Devinck fondée par François Jules Devinck (1802-1878) en 1830.

En Suisse, la fabrique de chocolat Cailler est fondée en 1819 par François-Louis Cailler (1796-1852), et celle de Philippe Suchard (1797-1884) en 1826. En 1830, Charles-Amédée Kohler (1790-1874) fonde sa fabrique à Lausanne. Il aura pour apprenti, quelques années plus tard, Rodolphe Lindt (1855-1909), fondateur en 1879 de la célèbre marque à son nom.


Découvrez sur Geneastar les généalogies de quelques chocolatiers célèbres :

Jean Antoine Brutus MENIER (1795-1853)

Issu d’une famille de marchands, Jean Antoine Brutus MENIER naît le 17 mai 1795 à Bourgueil, en Indre-et-Loire, où ses parents se marient 4 ans avant sa naissance. La famille MENIER est fixée dans ce département depuis au moins le XVIIe siècle, et plus précisément à la lisière du Maine-et-Loire, dans les communes de Bourgueil, La Chapelle-sur-Loire et Gizeux. On retrouve dans son ascendance les patronymes (dans l’ordre alphabétique) BOULISSIERE, BOURDAIN, DERGOUGES, FAROUELLE, GUIONIS, PEIGNOU, SIROTEAU, VERNET, etc.


François Jules DEVINCK (1802-1878)

Né à Paris le 26 avril 1802, fils de Laurent François DEVINCK et de Julie Madeleine ARCHDEACON, François Jules DEVINCK est issu d’une famille de négociants originaire de Dunkerque, dans le Nord, dans laquelle on rencontre aussi des échevins comme Guillaume COPPENS (v.1611-1681), et un capitaine corsaire, Antoine DAVERY (†1644). En remontant au XVIIe siècle, il aurait des ancêtres belges et irlandais du côté de sa mère. Parmi les patronymes les plus portés par ses ascendants, outre DEVINCK et ARCHDEACON, citons, dans l’ordre alphabétique, COPPENS, DAVERY, FRANCHOIS, HEMERYCK, MARCADÉ, PEELAERT, THIERRY, TUGGHE, etc.


Victor-Auguste POULAIN (1825-1918)

Dernier d’une fratrie de 10 enfants, Victor-Auguste POULAIN naît le 11 février 1825 à Pontlevoy, dans le Loir-et-Cher, dans la ferme des Bordes dépendante du château du même nom. Sa famille est implantée dans ce département depuis au moins le début du XVIIe siècle. Il commence à travailler dès l’âge de 9 ans dans une épicerie de Bléré, puis à Blois, et gagne la capitale à 12 ans. De retour à Blois en 1847, Victor-Auguste POULAIN fonde sa propre épicerie, se marie, et crée dès 1848 sa marque de chocolat. On retrouve dans son ascendance les patronymes (dans l’ordre alphabétique) BERTHELIN, BOURDIER, COUETTE, GALLOUX, LEBERT, LENOIR, MAMOUR, ROULET, etc.


Maurice BERNACHON (1919-1999)

Fils de Jean Marie BERNACHON, employé de la SNCF, et de Françoise BENAS, couturière, le maître chocolatier Maurice BERNACHON naît dans le 2e arrondissement de Lyon, à l’Hôtel-Dieu, le 10 janvier 1919. Son père est néanmoins originaire de Saint-Pierre-le-Vieux, en Saône-et-Loire, et c’est dans ce département que l’on retrouve toute la branche BERNACHON jusqu’au XVIIIe siècle au moins. La généalogie de Maurice BERNACHON reste néanmoins attachée au Rhône par d’autres branches, du côté de Monsols notamment. Parmi les patronymes les plus portés par ses ascendants, on retrouve, dans l’ordre alphabétique, BARRAUD, BRAILLON, CHANUS, DESVARENNES, JONCHIER, SANGLARD, etc.


François PRALUS (1959-)

Né en 1959, François PRALUS est le fils de Noëlie VERNAY et d’Auguste PRALUS, inventeur de la Praluline, qui avait ouvert une pâtisserie à Roanne en 1948 et était devenu Meilleur ouvrier de France en 1955. Du côté maternel, ses ancêtres sont localisés en Saône-et-Loire (Chassigny-sous-Dun, Saint-Martin-de-Lixy, Saint-Maurice-lès-Châteauneuf, etc.) et dans la Loire (Maizilly), et portent notamment les patronymes (dans l’ordre alphabétique) BUCHET, CHENAL, DEVERCHERE, DUCRAY, GAILLARD, MERLIN, MONCHANIN, RAJAUD, VERNAY, etc. Fait étonnant : François PRALUS est un lointain cousin de Jean-Victor AUGAGNEUR, gouverneur de Madagascar de 1905 à 1909. Il fait d’ailleurs l’acquisition, en 2004, d’une plantation de cacaoyers pour produire ses propres fèves de cacao… sur l’île de Nosy Be, à Madagascar !


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43 commentaires

dtrebuc
10/11/2020

Bonjour. Quelqu’un aurait-il des infos sur la Société Chocolat des Gourmets ou Café des Gourmets qui existait à Paris dans les années 1900 et appartenait à la famille Trébucien? Merci


tritschf
02/11/2020

Il y a eu une grande chocolaterie à ROYAT (63), LA MARQUISE DE SEVIGNE, créée en 1898 par les parents de Clémentine Rouzaud (DCD en 1952) qui était mariée à Auguste Rouzaud, contrôleur des mines. Mon père a travaillé pendant 12 ans dans cette entreprise, qui comptait 400 salariés. Il y avait des salons de thé dans toutes les villes thermales et les stations balnéaires, dans les quartiers chics des grandes villes, où se vendaient ces délicieux chocolats, dont je n’ai jamais retrouvé le goût dans une autre marque. C’était le petit-fils de Clémentine, Claude-Auguste Rouzaud, qui avait repris la gestion de l’entreprise avec sa sœur Huguette Nobili. L’entreprise a arrêté son activité en plein essor, n’ayant pas d’héritiers pouvant reprendre les rênes, dans les années 1965. Les locaux de l’entreprise se trouvant au coeur de la ville de Royat (63), ils ont été démolis et ont laissé place à un parc arboré où passe un petit torrent, la Tiretaine, venant du Puy de Dôme. La marque existe toujours puisqu’il y a un magasin à Paris.


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