Plusieurs graphies pour une même lettre : la lettre V (suite)

Le 21 sept. 2020 par Frédéric Thébault

Chaque mois, Béatrice Beaucourt, paléographe professionnelle, vous propose une courte leçon destinée à vous familiariser avec les écritures anciennes.

Je vous propose de poursuivre avec la découverte des différentes graphies de la lettre « V ».

En début de mot la graphie de la lettre « V » relevait d’une convention d’écriture dédiée à la différenciation de certaines lettres à jambages.
L’une d’entre elles s’appliquait aux lettres « u » et « v » placées en début de mot.
Leur graphie habituelle, faite de jambages, cédait alors la place à une graphie particulière et commune aux deux lettres.

Cette graphie permettait de différencier ces dernières des autres lettres à jambages, mais entretenait la confusion entre elles.

En voici quelques exemples :

« ville » (1602)
« vend » (1602)
« venant » (1630)
« venant » « (1632)
« vingts » (1698)
« vrays » (1731)

Ce n’est que, progressivement, dans le courant du XVIIIe siècle que le « v » prendra la graphie que nous lui connaissons aujourd’hui.

En voici quelques exemples :
« avons enseveli » (1766)
« sçavoir » (1780)

Comme promis le mois dernier, voici la transcription du contrat de mariage :

(…) de France et de Navarre, compte de Provence, Folcalquier et terres
adjacentes, par longtemps soict avec heureuze félicité, comme
mariage ayt esté tracté par parolles de l’avenir entre Pierre (…)