Une petite histoire des métiers de l’enseignement

Le 31 août 2020 par Aliénor

Ce mardi 1er septembre, élèves et enseignants font leur rentrée scolaire. À cette occasion, retraçons l’histoire de quelques métiers phares de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur français. À vos cahiers !


Sous l’Ancien Régime, l’enseignement primaire est assuré par des régents et maîtres d’école, appelés plus tard instituteurs, et aujourd’hui professeurs des écoles. On retrouve également les termes d’abécédaire et d’escolier (et non pas écolier au sens d’aujourd’hui) pour désigner ces enseignants. La loi du 28 juin 1833, dite loi Guizot, organise l’enseignement primaire en France : chaque commune de plus de 300 habitants est tenue d’entretenir une école primaire et un instituteur, et chaque département doit posséder une école normale primaire pour former les instituteurs.

Melun – École Normale d’instituteurs – Grande Salle d’Études


La première école normale pour institutrices apparaît en 1838. La loi dite Paul Bert promulguée le 9 août 1879 par le président de la République Jules Grévy oblige à nouveau les départements à disposer d’une école normale primaire de garçons pour les élèves-instituteurs, mais également, pour la première fois, d’une école normale primaire de filles pour les élèves-institutrices. En 1990, les écoles normales sont remplacées par les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), eux-mêmes remplacés par les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) en 2013.

École Normale d’institutrices à Douai – École maternelle annexe


N’oublions pas non plus les précepteurs, en dehors du cadre institutionnel de l’enseignement primaire mais qui étaient chargés de l’éducation et de l’instruction des enfants issus des familles nobles ou aisées. Certains furent célèbres, comme Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), précepteur du dauphin Louis de France (fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche) ou Fénélon (1651-1715), précepteur de Louis de France, duc de Bourgogne (fils de Louis de France et de Marie-Anne de Bavière).

Du côté de l’enseignement secondaire et supérieur, on trouve aujourd’hui des professeurs certifiés et agrégés, les premiers ayant obtenu le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES), le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique (CAPET), le Certificat d’aptitude au professorat de lycée professionnel (CAPLP) ou le Certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive (CAPEPS), et les seconds l’agrégation. Apparu en 1766 au sein de l’université de Paris, le concours d’agrégation de la faculté des arts disparaît en 1793, avec la suppression du système universitaire d’Ancien Régime. Les concours d’agrégation réapparaissent avec le décret du 17 mars 1808 pour l’enseignement secondaire, avec trois spécialités, les lettres, la grammaire et les sciences. Les premières femmes agrégées furent reçues bien après, en 1883. Un répertoire des agrégés de l’enseignement secondaire de 1809 à 1960 est d’ailleurs disponible en ligne.

Dans l’enseignement supérieur et la recherche, on trouve aujourd’hui deux corps d’enseignants-chercheurs, les maîtres de conférences et les professeurs des universités, dont l’activité se partage entre enseignement et recherche scientifique.

Paris – La Faculté de Droit (Place du Panthéon)


Citons encore les conseillers principaux d’éducation (CPE) descendant des surveillants généraux, un corps de fonctionnaire créé en 1847 qui était chargé de missions liées à la discipline des élèves, ou les inspecteurs d’académies, travaillant dans les académies, ces circonscriptions administratives dirigées par des recteurs et créées par Napoléon Ier en 1808.

Pour en savoir plus sur la carrière de vos ancêtres enseignants, n’hésitez pas à vous procurer le guide Retracer la carrière d’un instituteur ou d’un professeur de Marie-Odile Mergnac, édité chez Archives et Culture et disponible dans notre boutique en ligne.

Vous pouvez également consulter cette note de blog de 2017 et parcourir notre fonds d’archives scolaires. Et pour en savoir plus sur les métiers de vos ancêtres, rendez-vous dans notre rubrique “Histoire des métiers” dans l’onglet “Ressources” de Geneanet, ou en cliquant directement sur le lien ci-dessous.


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3 commentaires

bonsoir,je recherche des informations concernant ma grande tante, Gailleul Marie-Claire, née en 1885 au Caire – En 1912, 1913 elle était institutrice à Boghar et Laghouat en Algérie – De 1918 à 1922,Directrice à Bouira -Elle est mutée en France en 1922- – De 1922 à 1936, je n’ai pas d’information- En 1936, elle est en poste à Trappes et en 1939 , elle est Directrice d’école à Trappes- Elle est officier d’Académie – Comment reconstituer son parcours entre 1922 et 1936-
merci pour votre coopération – Cordialement – J.MULA


Merci pour ces rappels. Petite précision, les ESPÉ créées en 2013 ont depuis été rebaptisées INSPÉ («institut national» à la place de «école»).


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