Plusieurs graphies pour une même lettre (suite) : la lettre U

Le 21 juil. 2020 par Frédéric Thébault

Chaque mois, Béatrice Beaucourt, paléographe professionnelle, vous propose une courte leçon destinée à vous familiariser avec les écritures anciennes.

Jevous propose de poursuivre, avec la découverte des différentesgraphies de la lettre « U ».

Cettedernière possédait, en effet, deux graphies sous l’Ancien-Régime.L’emploi de l’une ou de l’autre de ces graphies dépendaient dela position de la lettre dans le mot.

  • En milieu et fin de mot la graphie de la lettre « U » était constituée de deux jambages successifs. Rien ne permet, alors, de la différencier des lettres « V » et « N » comptant également deux jambages.

    En voici quelques exemples :

« contenu » (1602)

« receu » (1630)

« monsieur » (1662)

« huissier » (1674)

  • En début de mot la graphie de la lettre « U » relevait d’une convention d’écriture dédiée à la différenciation des lettres à jambages.

    L’une d’entre elles s’appliquait aux lettres « U » et « V » placées en début de mot. Leur graphie habituelle, faite de jambages, cédait alors la place à une graphie particulière et commune aux deux lettres.

    Cette graphie permettait de différencier ces dernières des autres lettres à jambages, mais entretenait la confusion entre elles. Ce n’est que, progressivement, à la fin du XVIIe siècle et dans le courant du XVIIIe siècle que le « U » prendra la graphie que nous lui connaissons aujourd’hui.

    En voici quelques exemples :

« une » (1581)

« ung » (1602)

  « une »(1605)

« une » (1605)

« ung » (1628)

« d’une » (1666)

« un » (1731)