Geneanet commémore la catastrophe du barrage de Malpasset

Le 7 oct. 2019 par Frédéric Thébault
 

Le 2 décembre 1959 à Fréjus, dans le Var, s'est déroulée l'une des plus grandes catastrophes civiles françaises du XXe siècle : la rupture du barrage de Malpasset, qui déverse dans le cours de la rivière du Reyran, jusqu'au centre ville de Fréjus, à une douzaine de kilomètres de là, cinquante millions de mètres cubes d'eau. 423 personnes y laisseront la vie, sans parler des dégâts considérables engendrés.

Pour les soixante ans de la commémoration de ce triste événement, Geneanet souhaite rendre un hommage à toutes les victimes de cette terrible catastrophe.

Nous souhaitons tout d’abord relayer l’appel de l’association de M. Roger Phelut et de l’association des Amis de Malpasset, qui recherche les sauveteurs appelés sur les lieux après la catastrophe pour retrouver les victimes et nettoyer la ville.

M. Phelut, qui en faisait partie, souhaiterait avoir le bonheur de retrouver quelques compagnons, c’est pourquoi nous mobilisons aujourd’hui toute la communauté des généanautes : si vous avez des informations sur des personnes mentionnées dans la liste ci-dessous, n’hésitez pas à contacter monsieur Phelut (phelut.roger@hotmail.fr) ou madame Mercier (accmalpasset59@gmail.fr).

– P. Berthier (dit “L’As du Kart“), ville d’origine -> Colombes (Hauts-de-Seine)
– A. Dalbourg (dit “Le Taciturne“), ville d’origine -> Glorieux-Verdun (Meuse)
– J.-P. Dalliat (dit “Le Rugbyman“), ville d’origine -> Pomport (Dordogne)
– J. Duval (dit “Le Capitaine“), ville d’origine -> Angoulême (Charente)
– A. Ducth (dit “Tartarin“), ville d’origine -> Orain-l’Abbaye (Loire-Atlantique)
– A. Gallot (dit “Le Solitaire“), ville d’origine -> Brigue (Orne)
– M. Guichard (dit “Le Blagueur“), ville d’origine -> Montélimar (Drôme)
– A. Marc (dit “Le Contrariant“), ville d’origine -> Viroflay (Yvelines)
– G. Morat (dit “L’Albinos“), ville d’origine -> Baixas (Pyrénées-Orientales)
– D. Mordacq (dit “Le Rescapé“), ville d’origine -> Hazebrouck (Nord)
– J. Morvan (dit “Walt Disney“), ville d’origine -> Rennes (Ille-et-Vilaine)
– H. Navelier (dit “Le Ch’ti“), ville d’origine -> Vieux-Reng (Nord)
– R. Paillas (dit “Le Studieux“), ville d’origine -> Grenoble (Isère)
– R. Phelut (dit “Le Mécontent“), ville d’origine -> Lyon (Rhône)
– G. Pouillès (dit “Le Tranquille“), ville d’origine -> Alzonne (Aude)
– J. Ramires (dit “Le Picasso“), dernière ville d’origine -> Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine)
– P. Reville (dit “Le Chasseur“), ville d’origine -> Nieul-les-Saintes (Charente-Maritime)
– B. Richeux (dit “Le Comique“), ville d’origine -> Saint-Père-Marc-en-Poulet (Ille-et-Vilaine)
– B. Rivaloro (dit “Le Grincheux“), ville d’origine -> Tourves (Var)
– G. Sarda (dit “Le Long“), ville d’origine -> Lyon (Rhône)
– P. Sebert (dit “Le Viking“), ville d’origine -> Saonnet-Litry (Calvados)
– J. Staat (dit “M. Kronenbourg“), ville d’origine -> Mulhouse (Haut-Rhin)
– C. Tilhos (dit “Le Chasseur“), dernière ville d’origine -> Luxey (Landes)
– . J. Le Rumigo (dit “L’Acrobate“), dernière ville d’origine -> Kerlevenez-Languidic (Morbihan)
– “L’Athlète“…

Concernant le devoir de mémoire et notre désir de commémoration, Geneanet souhaite de son côté publier une liste des victimes complète et détaillée (nom, prénom, date et lieu de naissance des personnes et les liens familiaux entre elles – parents, enfants, etc) via une page dédiée qui sera créée pour l’occasion dans la rubrique “Les grands moments de l’Histoire”.
Une liste partielle et incomplète est déjà accessible sur la page Geneawiki consacrée à Malpasset, il s’agit simplement de la compléter.

Pour cela, l’association de généalogie cgenea83 (Cercle Généalogique 83), basée à Saint-Raphaël et que nous remercions vivement pour son accueil, est prête à effectuer des recherches aux archives départementales pour établir cette liste, et à photographier les sépultures et le monument consacré aux victimes. Toute aide sera évidemment très appréciée. N’hésitez pas à vous rapprocher d’eux en écrivant à cgenea83@free.fr

> Des questions, besoin d’aide ? Voyez notre fil de discussion dans notre forum dédié

47 commentaires

1959 j’avais 14ans et je me rappelle. Nous l’avions appris par la radio (pas de télé ou autre à cette époque) A ce moment je n’ai surement pas mesuré l’ampleur de la catastrophe. Mais chaque fois qu’au cours de mes voyages je suis passé dans la région j’y ai repensé. Rien que de lire le message ci dessus j’en ai la chair de poule! Bravo à ce que vous voulez faire pour ne pas oublier!


J’étais soldat depuis un mois au camp Gallieni.
Ce soir-là je me rendis au foyer pour une séance de cinéma. A mon retour, au moment de rejoindre mon baraquement, plus de lumière. Nous sommes restés dehors, nous entendions un grondement, un mini tremblement de terre…Nous apprîmes la rupture du barrage, les eaux furieuses avaient atteint la ville de Fréjus. Au loin nous entendions des cris, des appels au secours, c’était effrayant ! Une compagnie rentrait d’une manœuvre de nuit dans la vallée du Reyran, il en a fallu de peu qu’elle soit emportée par les eaux boueuses déferlant vers la mer.Les hommes étant équipés, ils partirent immédiatement sur Fréjus. Je fus surpris d’apprendre qu’il n’y avait plus de gens à sauver mais que leur mission, la nuit avait été de surveiller les abords de la ville empêchant tout pillage et que dès les premières lueurs du jour ils ramassaient les cadavres.
A la première heure le lendemain matin nous sommes descendus à pied, apporter notre aide. Notre section fut affectée à un pâté de maisons complètement désertées. Il nous fallait évacuer la boue des sous-sols, protéger ce qui pouvait être sauvé comme biens matériels… C’est ainsi aux abords sous un arbre couché nous avons découvert dans les branches enfoui dans la boue le corps d’un bébé… l’évoquer me fait toujours le même effroi.
Fréjus était une place militaire importante, il y avait des soldats partout, de nombreuses victimes ont été repérées par eux, amenées à l’hôpital au haut de la ville, nettoyées au jet d’eau des pompiers, la ronde d’hélicoptères était incessante. Des religieuses dévouées préparaient les corps pour l’identification, aidées de bénévoles et des militaires.
Quant à ma première journée dans cette rue dont les murs étaient marqués par le niveau d’eau atteint la veille au soir, nous avons surtout fait du nettoyage. Pour l’anecdote, nous avions un café et toutes les bouteilles se trouvant dans la cave inondée ont été rangées au sec, mais pas toutes, nos poches de treillis étaient pleines… Rentrer au camp à pied avec nos bouteilles de bières, de soda… s’entrechoquant entre elles, avait un coté spectaculaire et sinistre… Il nous avait été précisé, du fait de l’immersion, ces bouteilles étaient impropres à la consommation.
Notre compagnie la journée suivante a été affectée au cimetière. Il nous fallait aplanir le fond de la fosse commune au fur et à mesure qu’elle était creusée. Puis décharger les camions de cercueils, les porter, les descendre au fond,
attendre le passage de la famille et reboucher à la pelle… Dans ce cadre j’ai assisté à une scène très dure, un sergent-chef et sa femme accompagnaient leur cinq ou six autres enfants décédés dans la catastrophe, ils avaient emporté avec eux leurs jouets et les jetaient sur leurs cercueils rangés au fond. Très pénible, beaucoup d’entre nous pleuraient. Je cite de mémoire, il s’agit du sergent ROBERT, sa femme aurait tenu son dernier dans ses bras au dessus de sa tête le sauvant de la mort.
La troupe mise à disposition des autorités civiles a apporté un coup de main pendant tout le mois de décembre. Nous avons participé à la remise du réseau eau, gaz… à creuser des tranchées là où la situation réclamait des bras, nous étions là.
Plus tard quand nous promenant en ville, passer dans un bistrot ou au restaurant, souvent il nous était offert à boire, une tournée. Les gens de Fréjus se sont montrés reconnaissants envers la troupe si présente et si active lors de ces journées dramatiques.
Le général de Gaulle est venu à Fréjus, les soldats qui lui présentèrent les armes étaient de ma compagnie. Le Président, informé du peu de temps d’instructions reçues leur adressa un vigoureux FÉLICITATIONS !
Il signa le livre d’Or de la ville de Fréjus, a ses cotés André Léotard, maire de la ville.
« Que Fréjus Renaisse ! »
Daniel


Voir la suite

Vous devez être connecté pour déposer un commentaire. Connexion / Inscription