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Les registres d’écrou des Hautes-Alpes sont indexés sur Geneanet !

Le 9 sept. 2019 par Aliénor SAMUEL-HERVE
 

Les registres d’écrou des Hautes-Alpes de 1832 à 1917 sont maintenant intégralement en ligne et indexés sur Geneanet. Conservés dans les fonds des établissements pénitentiaires aux archives départementales, ils contiennent des indications précises sur l’identité des détenus, mais aussi sur leur origine sociale, le motif de l’incarcération et la durée de leur peine. Une mine d’or pour les généalogistes !

Sur cette période, ce sont ainsi plus de 23 000 écroués qui sont inscrits dans les registres des maisons d’arrêt et de correction de Briançon, Embrun et Gap. Au total, plus de 64 000 individus (écroués et leur famille) ont été indexés par 852 utilisateurs. Bravo à tous ! Un grand merci également aux archives départementales des Hautes-Alpes pour la mise à disposition en open data des images qui ont permis de réaliser cette indexation.

 

Le système pénitentiaire

À Briançon, Embrun et Gap, on trouvait une maison d’arrêt, où étaient écroués les prévenus en attente de passer en correctionnelle ; une maison de correction, pour les condamnés à des peines de moins d’un an d’emprisonnement ; et une maison de police municipale, pour la détention provisoire des personnes arrêtées en flagrant délit, et en attente de transfert vers une prison. Pour les peines supérieures à un an, il existait également une prison centrale à Embrun.

On distingue plusieurs catégories d’écroués :

  • les prévenus, qui étaient écroués en maison d’arrêt,
  • les condamnés en correctionnelle,
  • les condamnés en police simple, en détention provisoire,
  • les passagers, en attente de transfert, d’extradition ou d’expulsion,
  • les dettiers, qui ne pouvaient ou ne voulaient pas payer leurs dettes.

 

Quelques statistiques

Parmi les 23 000 écroués des Hautes-Alpes, on rencontre surtout des hommes, mais tout de même 10 % de femmes. Les professions les plus représentées sont celles de cultivateur, soldat, cordonnier, berger et boulanger.

Les écroués sont majoritairement français (86 %) et italiens (12 %), ce qui n’est pas étonnant vu la proximité des Hautes-Alpes avec ce pays. Viennent ensuite des personnes originaires de Suisse, Espagne, Allemagne, Autriche, Belgique, Algérie et Pologne. Leur moyenne d’âge est de 34 ans et demi (33,8 pour les hommes et 35,1 pour les femmes), avec des extrêmes étonnants : le plus jeune n’a que 9 ans et est écroué pour vols ; le plus vieux, âgé de 86 ans, pour atteintes aux mœurs !

 

Poursuivre ses recherches

Les registres matricules des Hautes-Alpes étant également indexés sur Geneanet, nous retrouvons rapidement la trace de cet enfant de 9 ans quelques années plus tard, grâce à la fiche matricule établie à ses 20 ans en 1900. Amnistié par la loi du 29 avril 1921, les faits pour lesquels il avait été condamné y sont inscrits mais barrés :

“Condamné le 12 juin 1890 par le Tribunal de Barcelonnette à être enfermé dans une maison de correction pendant un an, ayant été acquitté ledit jour par le même tribunal pour délit de vol avec escalade dans une maison habitée. Condamné le 16 juillet 1897 par le Tribunal de Barcelonnette à 15 jours de prison pour vol. Condamné le 18 octobre 1899 par le Tribunal de Barcelonnette à 15 jours de prison pour vol.”

La suite de notre lecture nous apprend que cette amnistie ne sera que posthume : Antoine Marius meurt tué à l’ennemi au début de la Première Guerre mondiale, le 28 août 1914, à Ménil, dans les Vosges. Il est mort pour la France à l’âge de 33 ans, deux semaines après le début de la guerre, aux côtés de 400 autres combattants.

Une recherche dans la Bibliothèque de Geneanet nous permet de retrouver sa citation dans le Journal Officiel du 3 janvier 1924 :

Enfin, dans notre rubrique “Cimetières”, nous découvrons sa sépulture située dans la nécropole militaire de Ménil-sur-Belvitte, aux côtés de plus d’un millier d’autres.

À partir d’une recherche dans les registres d’écrou complétée par d’autres sources, c’est ainsi toute une vie qui se révèle à nous, avec ses imperfections, ses erreurs de parcours, ses épreuves, mais aussi ses actes de bravoure et d’abnégation. Des documents émouvants, qui nous apprennent aussi à ne pas juger nos ancêtres. Et comme l’écrivait le philosophe et académicien Étienne Bonnot de Condillac (1714-1780), “le caractère de l’esprit juste, c’est d’éviter l’erreur en évitant de porter des jugements.


Rechercher un individu dans les registres d’écrou

Les registres d’écrou d’autres départements sont en cours d’indexation sur Geneanet, dont ceux des Bouches-du-Rhône, de l’Ille-et-Vilaine, des Yvelines et des Deux-Sèvres. N’hésitez pas à participer à leur indexation ! Pour cela c’est très simple, rendez-vous dans le menu “Projets” puis “indexation collaborative”. Choisissez ensuite le temps que vous souhaitez consacrer à l’indexation et le fonds “registres d’écrou”. Cliquez enfin sur “Démarrer le lot” et commencez l’indexation. Merci pour votre participation !

8 commentaires Voir les commentaires précédents

Michel MAZILLE
14/09/2019

Effectivement une mine d’or, entre autres pour le passé des condamnés, leur description physique (même les tatouages …) ! Après des recherches, fructueuses d’un ancêtre condamné en 1853 pour attentat contre Napoléon III, j’ai pu parcourir les registres (non indexés) 71, Paris, 56, … jusqu’à Angoulême … Libéré à Angoulême en nov 1859 (amnistie), j’ai perdu sa trace. Existe-t’il un suivi des anciens condamnés, pointage en gendarmerie ???


On ne peut que féliciter les AD qui innovent dans les mises en ligne, et les volontaires de l’indexation . La lecture des statistiques reflète le panel des professions de l’époque , avec les cultivateurs en première position, quant aux contrebandiers ils ferment la marche, peut être étaient ils plus malin que les autres? Les coiffeurs étaient ils condamnés pour avoir couper les cheveux en quatre ?


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