Débuter en généalogie : Les registres matricules

Le 12 août 2019 par Frédéric Thébault
 

Parmi la masse des documents exploitables par les généalogistes, le registre matricule, qui récapitule la carrière des soldats depuis 1867, est un élément précieux dans la reconstitution d'une vie.

Depuis le Centenaire de la Grande Guerre, la quasi-totalité des registres matricules de toute la France est en ligne sur Internet. Un site comme le Grand Mémorial (attention, il n’est pas complet) permet même d’accéder directement aux fiches sans avoir besoin de les chercher. Revenons sur ce document très utile au généalogiste grâce à la foule d’informations qu’il renferme.

Etablies à la suite du recensement militaire, donc selon le domicile du soldat et non selon son lieu de naissance, ces tables permettent de retrouver le numéro matricule du conscrit, afin, ensuite de pouvoir aisément consulter sa fiche individuelle. Les registres matricules ont été créés en 1867 : auparavant, il n’existait rien de similaire. Chaque fiche contient des informations sur la totalité du parcours du soldat, ses affectations, grades, unités, ses blessures éventuelles, ses décorations, en y incluant ses différents domiciles et même une description physique, très utile pour pallier le manque de photo.

Dans un premier, temps, on recherchera dans les tables alphabétiques par années, vingt ans après la naissance du soldat. La plus grosse difficulté reste de savoir où vivait le conscrit lorsqu’il avait vingt ans : de quel bureau de recrutement dépendait-il, et bien sûr dans quel département. Dans la plupart des cas, le jeune homme vit encore dans le département où il est né. Si ce n’est pas dans sa commune de naissance, on pourra malgré tout chercher sa trace dans les deux ou trois registres correspondant aux bureaux militaires, éventuellement quatre pour les départements très peuplés. Des tables alphabétiques toujours très bien classées permettent de faire une recherche très rapidement.

a) Répertoire alphabétique (par années)

Même si on ne connaît pas l’année de naissance, on a vite fait sa recherche. On repère le nom de la personne, et on note simplement le numéro figurant en regard (et éventuellement, le numéro de bureau). Il suffit ensuite de chercher le registre matricule englobant ce numéro. Les répertoires alphabétiques sont parfois au début ou à la fin des registres matricules, souvent dans un registre à part.

Exemple de répertoire alphabétique pour l’année 1919 (Vosges). Ici, la date de naissance a été notée à la place du numéro du volume.

 

b) Fiche matricule complète

Les fiches sont simplement classées par numéros, il suffit donc de repérer le numéro que l’on a noté au préalable : cela ne prend que quelques secondes.

Exemple de fiche matricule pour l’année 1919 (Saône-et-Loire)

Le contenu de la fiche matricule fournit des informations précieuses :

  1. Etat civil et profession, avec le nom des parents
  2. Signalement et degré d’instruction : sans photo de votre ancêtre, ces renseignements feront fonctionner votre imagination à plein !
  3. Détail des services : il s’agit du parcours militaire. Toutes les unités dont il a fait partie y figurent (cela change souvent pour la période 1914-1918), ainsi que la mention de sa mort. On trouve également les différents grades occupés, les blessures même hors période de guerre (par exemple bras cassé lors d’une chute de cheval), les décorations éventuelles (Croix de Guerre, Légion d’Honneur, Certificat de bonne conduite)
  4. Les antécédents judiciaires, à savoir les condamnations éventuelles qui pourront vous mener ensuite vers d’autres archives
  5. Les localités successives habitées, avec l’adresse précise, notées lors des périodes régulières de rappel sous les drapeaux, ou lorsque le soldat était engagé volontaire : des informations précieuses quand on a perdu la trace de son ancêtre !

En savoir plus :

 

63 commentaires Voir les commentaires précédents

je confirme tout l’intérêt des fiches matricules.


Suzanne BEYLOT
01/09/2019

Qu’a-t’on de la 2nde Guerre Mondiale ?
Je cherche des éléments sur les parcours militaires des Armées, mon père n’ayant été fait prisonnier qu’en 1941.


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