Débuter en généalogie : les registres d’état civil et les registres paroissiaux

Le 5 août 2019 par Frédéric Thébault
 

Vous avez trouvé les actes qui vous intéressent dans les tables décennales, vous allez maintenant vous reporter aux actes complets en consultant les registres adéquats. Qu'il s'agisse de registres d'état civil (créés après la Révolution) ou de registres paroissiaux, ceux-ci sont construits sur le même modèle. Etudions-les de plus près.

Les actes d’état civil ou religieux sont au nombre de trois : naissance ou baptême, mariage, décès ou sépulture. Etablis en double exemplaire à partir de 1737 (un exemplaire conservé par le curé, un autre transmis au greffe), ils sont relativement bien conservés partout en France (à l’étranger, c’est une autre histoire), mais en cas de lacune de l’exemplaire unique (incendies, dégâts des eaux, disparitions…) avant 1737, il vous faudra vous avouer vaincu… ou vous tourner vers d’autres sources que l’état civil !

S’il n’est pas indispensable de retrouver ces trois actes marquant la vie d’une personne pour remonter de génération en génération, cela reste tout de même fortement conseillé, afin d’avoir la vision la plus complète de votre ancêtre, sans compter que chaque acte peut revêtir une mention inattendue et compléter des informations que l’on croyait déjà connaître. Le principe est très simple : il faut trouver les noms des parents d’un individu pour remonter une génération, puis pour chacun d’entre eux faire de même en retrouvant leurs actes de naissance, mariage, décès et leurs parents, etc.

On peut y trouver (selon les actes et les époques) :

  • le(s) prénom(s) et le nom de famille de la personne ;
  • les noms des parents ;
  • la date et le lieu de l’événement ;
  • la date et le lieu de naissance de la personne, mais plus souvent son âge ;
  • d’autres informations selon les actes (profession, domicile, témoins…).

L’acte le plus complet est l’acte de mariage, lui seul suffit pour faire votre généalogie, car il contient des informations à propos des deux époux (donc des deux parents d’un de vos ancêtres).

Bien évidemment, plus vous remonterez dans le temps, moins les informations seront précises. Si l’on peut pleinement se fier à un acte rédigé au XXe siècle (quoique l’exemple de l’acte de décès ci-dessous prouve le contraire), il faut rester prudent avec un acte du XIXe (prénoms confondus ou différents, orthographe incertaine, erreur sur un lieu ou un témoin) et utiliser son flair et son sens de la déduction pour ceux d’ancien régime (manque d’informations, par exemple pas de parents sur un acte de mariage, erreurs fréquentes sur les prénoms et les noms, âges approximatifs). Le véritable travail de généalogie se situe là : dans votre faculté à interpréter un acte, à le recouper avec d’autres, à le comparer avec d’autres actes rédigés dans la commune ou dans les communes alentours, parfois même sur d’autres familles, à votre esprit de déduction, à votre capacité à penser comme on pensait alors, quand les moeurs étaient différentes, que les impératifs religieux était omniprésents et que les mentalités différaient des nôtres ; mais aussi à vos connaissances historiques, régionales ou nationales.

Chaque région, voire chaque commune, étant différente, il serait impossible de passer en revue tous les cas possibles permettant de trouver un ancêtre manquant, seule l’habitude et la pratique peuvent permettre de le faire. N’oubliez jamais qu’une information trouvée (sur un arbre sur Geneanet par exemple) doit être vérifiée par vos soins en consultant la source, c’est-à-dire l’acte original : la personne qui l’a publiée est certainement de bonne foi, mais elle a pu se tromper !

 

Exemple d’acte de décès moderne (1958) : acte dactylographié, transcris de la commune où est décédée la personne, mais prénom erroné en marge (Léon au lieu de Bertrand)

 

Exemple d’acte de naissance (1823) : relativement lisible malgré quelques pattes de mouche et des formes de lettres désuètes, sans l’âge des parents mais avec la profession

 

Exemple d’acte de bénédiction nuptiale (c’est le nom exact, mais on peut parler d’acte de mariage ! – 1720) : acte très partiel sans indication des parents, rédigé en latin, très lisible et bien écrit

Avant la Révolution, nous l’avons vu, il n’y a pas de tables décennales et les actes sont souvent difficilement lisibles, soit parce que l’écriture ne correspond pas aux standards actuels, soit parce que le registre lui-même est abîmé (encre baveuse, tâches, encre effacée…), soit parce qu’ils sont rédigés en latin comme ci-dessus.

En savoir plus :

Avec les seuls actes d’état civil, vous êtes assurés de remonter loin dans le temps, sauf impondérables. D’autres sources, fréquemment numérisées, sont à votre disposition sur les sites des archives départementales, nous les étudierons dès la semaine prochaine.

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Merci de tous ces éléments d’information. Nous pouvons constater, en effet, des disparités non négligeables quant à la rigueur apportée à la rédaction des actes au 19ème siècle, selon les régions.
En Lorraine par exemple, , le grand soin apporté tant sur le fond (renseignements complets) que sur la forme (graphisme) est remarquable. Cela facilite l’avancée des recherches et minore le risque d’erreurs, toujours possibles, en effet. Merci encore.


Remarques :
1° Il y a, bien évidemment, des erreurs mais elles sont assez rares. De toute façon, il faut toujours recouper. Exemples : L’acte de mariage civil indique la date de naissance des époux ; il faut vérifier l’acte de naissance. Idem pour un renseignement très important : les actes de mariage indiquent souvent la date et le lieu du décès des parents des époux : il faut vérifier.
2° Compléments. D’une part, certains actes de naissance indiquent la date et le lieu de naissance et de mariage des parents ce qui est très important. D’autre part, il ne faut pas négliger les “mentions marginales” dont ne parle pas l’article sauf en lien. Il peut y avoir des erreurs (mention du décès de X placée en regard de Y). Surtout, elles sont lacunaires. par contre, on en trouve avant 1850 dans quelques rares cas. Enfin : étudier avec précision les informations fournies sur les témoins des mariages car ce sont souvent des membres de la famille.
3° Astuce pour éviter de se déplacer. Sachant que les époux se marient presque toujours là où est né ou habite l’épouse, si la mention marginale indique que l’époux s’est marié en 1924 dans telle commune, on cherche l’acte de naissance éventuel de l’épouse, dans cette commune de 15 à 30 ans avant. Si on trouve le même nom et la mention marginale du mariage et que tout correspond, c’est gagné. J’ai beaucoup procédé ainsi en Ille et Vilaine pour des époux nés entre 1880 et 1917.
4° Tous les départements ne sont pas au même niveau. En Sarthe et Maine et Loire, il faut aller chercher les actes dans les communes à partir du début du XXème !!! Inversement, en Ille et Vilaine, on les trouve désormais jusqu’en 1917 sauf cas particuliers. Et je ne parle pas de Paris qui a fait des bonds en avant considérables pour les mariages et décès.


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