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Il y a 100 ans, le 12 avril 1919 : l’arrestation de Landru

Le 8 avr. 2019 par Frédéric Thébault
 

Il y a tout juste cent ans débutait l'une des affaires judiciaires les plus retentissantes du XXe siècle : l'arrestation de Landru, ce 12 avril 1919. Son nom allait horrifier la France entière et marquer les esprits à un tel point qu'un siècle plus tard, on se penche encore, via le cinéma ou les livres, sur l'histoire de cet assassin sans scrupules, que l'on ne dénommait alors pas encore "tueur en série" ou "serial killer". Internet et Geneanet foisonnent d'archives qui lui sont consacrées.

L’affaire Landru

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Henri Désiré Landru, voici un petit résumé de l’affaire.

Henri Désiré Landru grandit à Paris dans une famille modeste et il vit une scolarité normale. Il se marie sitôt son service militaire effectué, avec une jeune fille qu’il a séduit en lui faisant croire qu’il avait une bonne situation. En réalité, il enchaîne les petits boulots mal payés, qui suffisent à peine à nourrir sa famille. Les années passent, les enfants naissent (quatre) et les difficultés s’accroissent. Pendant la première moitié de la décennie 1900-1910, Landru monte de petites escroqueries, comme la vente de bicyclettes à pétrole, via petites annonces, qui n’existent pas. Celle-ci et d’autres lui vaudront deux peines de prison, l’une de trois mois et l’autre de deux ans.

En 1909, il franchit un cap en passant des petites annonces matrimoniales ; il va même jusqu’à se fiancer avec des jeunes femmes pour mieux leur soutirer leur argent. Il est condamné à trois ans de prison, mais dès sa sortie, il reprend ses activités : Landru achète un garage qu’il revend immédiatement sans avoir payé son vendeur. Cette fois-ci, la justice le condamne au bagne. L’escroc raté est sauvé par le début de la Première Guerre mondiale : insoumis, il profite du chaos administratif qui règne pour changer sans arrêt d’identité, vivant de ci-de là dans des chambres qu’il loue. Sa famille ne se doute de rien, le croyant voyageur de commerce, ce qui lui permet à la fois de s’absenter longtemps et d’obtenir des rentrées financières.

Car Landru a trouvé son créneau : il passe des petites annonces pour rencontrer de riches veuves esseulées (et elles sont nombreuses en cette période), qu’il invite à venir passer quelques jours chez lui, dans sa maison de campagne : d’abord à Vernouillet, puis à Gambais, dans les Yvelines. Celles qui ont le malheur de le croire, éperdûment amoureuses, signent leur arrêt de mort : sitôt leur argent confié, après signature, à Landru, celui-ci les assassine puis il fait disparaître les corps, découpés au préalable, dans sa chaudière.

Nous avons réussi à retrouver deux petites annonces publiées par Landru pendant la guerre, grâce à Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale de France.

L’Echo de Paris, 16 mars 1915 :

Le Journal, 1er mai 1915 :

Pendant toute la période de la guerre, Landru aura utilisé plus de 90 noms d’emprunt, rencontré 283 femmes de 18 à 60 ans… et tué onze d’entre elles, plus le fils de sa première victime, Jeanne Cuchet.

Il est démasqué après que deux proches de disparues ont écrit au maire de Gambais pour leur signaler la disparition de leur amie, ce dernier ayant mis en relation les deux femmes qui vont porter plainte à la police. L’enquête ne donne rien pendant des mois, mais Landru est reconnu par hasard dans un magasin parisien, la police prévenue et l’homme rapidement interpellé à son domicile où l’on retrouve notamment un petit carnet ayant servi à noter toutes ses identités, ainsi que les noms de ses victimes et l’énumération de leurs biens..

La première mention dans la presse de Landru, arrêté la veille, date du 13 avril 1919. C’est Le Petit Journal qui est le premier à en parler, sur une colonne en troisième page. Le journaliste a d’ailleurs mal compris le nom de l’assassin, qu’il orthographie “Nandru” :

Le lendemain, 14 avril; Nandru est devenu “Laudru”, mais cette fois-ci il est en Une. A ce moment-là, Le Petit Journal est le seul quotidien à avoir évoqué cette affaire :

suite :

 

A partir du 15 avril, tous les journaux vont évoquer Landru (même si au Petit Parisien on parle encore de Laudru). Quant au Petit Journal, il lui attribue le surnom de “Barbe-Bleue de Gambais” qui va lui rester.

suite :

Jusqu’à son exécution à la guillotine, trois ans plus tard, Landru et ses victimes vont occuper régulièrement la Une des journaux, déclenchant une véritable fascination publique, sans oublier les centaines de demandes en mariage que le tueur, devenu iconique, recevra en prison (sa dernière maîtresse, Fernande Segret, se suicidera en 1968 à la date anniversaire de la demande en mariage que lui avait faite Landru).

Nous avons trouvé sur un site de vente aux enchères un extrait du petit carnet d’Anatole Deibler, exécuteur des hautes oeuvres (il a exécuté plus de 300 condamnés à mort), qui consignait pour chacun de ses “clients” un petit résumé sur sa personne :

Les ancêtres de Landru

C’est dans la région de Beauvais, à Noailles, Oise, que vivent d’abord les parents de Henri Désiré, où naît en 1854 leur fille Florentine, avant de se marier et de partir s’installer à Paris où va naître Henri Désiré, quinze ans après sa soeur.

Les LANDRU sont originaires de Montdidier, dans la Somme, de l’autre côté de la frontière avec l’Oise, à une quarantaine de kilomètres au nord de Noailles. C’est dans le centre de ce triangle Beauvais / Amiens / Saint-Quentin que l’on trouve la majeure partie de la branche paternelle : les LANDRU, DOUVRY, SELLIER, PAVIN, SOYER, LOUVAIN, MAILLARD à Montdidier, les ROBILLARD (deux branches distinctes), de SAINT JEAN, GERARD, RENARD à Ferrières, les FLERS à Ayencourt, les CARON, VINCENT, GODEFROY à Welles-Pérennes.

Plus au sud de l’Oise, dans la zone entre Beauvais et Creil, les branches paternelles et maternelles se mêlent à Clermont (RICHON, DELETRÉES, DUPAIN, DEBRYE), Berthecourt (ISORE, CARON, LEFEVRE), Hermes (MAGOT, FALLUEL, de SAINT OMER, VUALLE, LEROUX, GODET…), Bailleul-sur-Therain (DESCOURTILS, LEBAS).

Les métiers sont variés, avec plusieurs perruquiers chez les LANDRU, des cordonniers, des menuisiers, un marchand-corroyeur, deux faiseurs de bas, un vitrier peintre, un aubergiste-cabaretier, un huissier, plusieurs maréchaux, plusieurs vignerons, des coquetiers, manouvriers, charpentiers, laboureurs et fermiers.

Le grand-père maternel de Henri Désiré, Maurice HENRIQUEL (1808-1888), jardinier de profession, était venu de Frouard, un gros bourg à 10 kilomètres de Nancy. La majorité de ses ancêtres se répartissent autour de cette ville (Pompey, Champigneulles, Laneuveville-devant-Nancy, Vandœuvre-lès-Nancy) avec les familles HENRIQUEL, SALMON, une autre famille MAGOT (qui ne vient donc pas de la même région, ce qui est assez rare), VILCOT, VOGIEN, FOURCAULT, BRENON, ROLIN, MICHE, CONTAL, FAULCONNIER…

Les métiers exercés dans la région nancéienne sont relativement similaires à ceux de l’Oise : un coquetier, des manoeuvres, deux servantes (Marguerite CIOT servait dans les cuisines de Monseigneur l’Evêque de Toul au début du XVIIIème siècle et Claudette DUPREY chez Monseigneur de Puydebard à la même époque), un maire (de Frouard), Georges ROUYER, au début du XVIIIe siècle, des manoeuvres, un fermier et un vigneron…

 

Aller plus loin

Sur Geneanet, vous trouverez dans les rubriques suivantes de nombreuses références à Landru :

  • Cimetières : photo ancienne de la tombe de Landru, détruite par la suite
  • Bibliothèque de Geneanet : on trouve 24 références pour la période 1910-1919 (époque de son arrestation), et… 251 pour la période 1920-1929 (période du procès et de l’exécution – utilisez le filtre sur la colonne de gauche) !
  • Arbre personnel contenant les noms de toutes les malheureuses qu’il a assassinées…
  • Cartes postales consacrées à la villa de Gambais, où Landru assassina ses victimes
  • L’actualité au jour le jour, avec un siècle d’écart : à partir de son arrestation en avril 1919, Landru est présent sur la quasi-totalité des Unes du Petit Journal

Et aussi :

  • Vue Street View de la maison de Gambais aujourd’hui (en 2011 – elle a été remise en vente l’année dernière)
  • Numéro spécial de Crimes et Châtiments de 1931, par Arthur Bernède, récapitulant l’intégralité de l’affaire
  • Journal L’Excelsior des 25 février 1922, et 26 février 1922, avec de nombreuses photos relatant l’exécution
  • Site RetroNews : une vidéo récente évoquant l’affaire Landru via la presse en ligne
  • L’arbre généalogique de sa première victime, Jeanne Jamast veuve Cuchet, et son fils André, sur Geneastar

 

Landru sur Geneastar

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9 commentaires Voir les commentaires précédents

witchchina
19/04/2019

Article très intéressant, articles à l’appui très passionnant à lire ! Ce serait un bon support pour qui voudrais s’en servir pour ses études !
Bravo à qui à effectuer ces recherches !


Odile PASQUES
24/04/2019

Superbe … Je ne connaissais pas toute l’histoire.
C’est très intéressant


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