Enfants trouvés : un projet émouvant

Le 15 oct. 2018 par Frédéric Thébault
 

Parmi la multitude de projets de numérisation soutenus par Geneanet, connaissiez-vous celui des "enfants trouvés" de Paris ?

Remercions d’abord Monique Drouhin, qui abat au quotidien un formidable travail de photographie d’archives, et sans qui vous ne pourriez pas consulter ce genre de documents sur Geneanet.

Vous allez trouver sur Geneanet des liasses chronologiques de procès-verbaux d’admission des enfants trouvés, pour les années 1750, 1751, 1752, 1767, 1784 et 1811, chacun contenant plusieurs centaines de fiches, ainsi que des dossiers individuels (voir le contenu détaillé ici.)

 

Un peu d’histoire

L’assistance aux enfants trouvés a été créée en 1638 sous l’impulsion de saint Vincent de Paul qui “institutionnalise la protection des enfants trouvés, c’est à dire des enfants exposés dans la rue, dans un passage, sous une porte cochère ou encore sur les marches d’une église”. On rédige alors un “procès-verbal d’exposition établi par un commissaire enquêteur et examinateur du Châtelet de Paris qui se transporte sur les lieux de l’abandon de l’enfant.”

La “Maison de la Couche” les accueille à partir de 1640 avant de se transformer en Hôpital des enfants trouvés en 1670. En 1674, les Dames de la Charité qui gèrent cet  établissement fondent au faubourg Saint-Antoine un établissement pour les orphelins.
En parallèle est créée en 1795 à Port-Royal la « section d’allaitement de l’hospice de la Maternité » , qui déménage en 1814 rue d’Enfer pour devenir « l’Hospice des enfants trouvés ». En 1838, les deux établissements fusionnent sous le nom « d’Hospice des enfants trouvés et orphelins ».

Au XVIIIe siècle, on le constatera d’ailleurs dans les photos prises par Monique Drouhin, on trouve souvent avec les langes de l’enfant un extrait de baptême et/ou un billet mentionnant le nom du bébé et de ses parents. Point d’anonymat systématique donc, bien que celui existe malgré tout, c’est ce qui fait la différence entre les “enfants trouvés” aux parents inconnus et les “enfants abandonnés” dont on connaît l’origine.

 

Consulter les fiches

 

Exemple de fiche :

Fleuron est né le 19 juiliet 1751
bastissé a st sulpice le pere s’apel
dumeny la mere madelainne
lefebvre et est marque au
deux bras dun’e crouest de la
par du pere + voila la meme
crouest qui la au deux brasle vingt juillet 1751 a été baptisé a st
sulpice florent né le meme jour de jean
Dumeny et magdelaine lefebvre
a paris le 22 juillet 1751
                               Duboullay
                               vicaire

 

Participez à l’indexation !

Sans indexation des noms, difficile, pour ne pas dire impossible, de retrouver votre ancêtre. Chacun peut participer à sa mesure, même un petit quart d’heure, alors pourquoi pas vous ? Cela sera utile à toute la communauté, les petits ruisseaux font les grandes rivières !
Choisissez sur le menu “Projets > Indexation collaborative” :

Vous pouvez ensuite sélectionner votre niveau (débutant ou confirmé) et le temps dont vous disposez. Pour les enfants trouvés, choisissez simplement l’intitulé correspondant dans le menu déroulant :

Merci pour votre participation !

27 commentaires

jmdb50
30/11/2018

Dans le cadre du musée des nourrices et des enfants de l’Assistance Publique de Paris ouvert à Alligny-en-Morvan depuis 2016, nous essayons de retrouver tous les enfants placés dans le Morvan par les différents organismes sociaux parisiens entre le 17ème siècle et le début du 19ème siècle. Nous en avons déjà identifié plus de 20 000.
Si notre étude vous intéresse, vous pouvez nous contacter sur le site de notre Association à l’adresse suivante :
asso-map@museedesnourrices.fr
Si nous pouvons vous aider, nous le ferons avec le plus grand plaisir.


je suis également très proche de ces documents et toujours avec ce brin d’émotion qui nait lorsque je fait des recherches sur mon arrière-grand mère paternelle, abandonnée avec son petit frère dont la maman venait de mourir en couches à St Antoine (Paris) en 1861,et avec sa soeur de 3 ans-
le père ayant déposé ses 3 enfants aux hospices de la Seine une semaine après la naissance de l’enfant et le décès de son épouse- de ce jour je ne retrouve aucune trace du père qui habitait rue du Boulevard St Antoine à Paris- cette famille arrivait de la Mayenne et le père travaillait comme tailleur de pierre ou carrier ! je suis toujours très touché moi aussi en songeant à leurs vies-
comme on regrette de n’avoir pas connu de nos parents la vie de leurs grands-parents !!!


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