“Combien ça coûte ?” : les monnaies anciennes et leur valeur

Le 9 juil. 2018 par Frédéric Thébault
 

Lorsque nos recherches généalogiques nous mènent au sein des archives notariées, il est fréquent d'être confronté à des mentions de sommes d'argent. Il est alors difficile d'interpréter ces sommes : sont-elles importantes, à quelle valeur peuvent-elles bien correspondre ? Voici deux bonnes adresses à conserver pour mieux appréhender le niveau de vie de vos ancêtres.

La meilleure façons d’aborder le problème de la conversion et de l’interprétation des monnaies anciennes est encore de prendre des exemples.

a) Monnaies d’ancien régime

Ce premier exemple concerne un contrat de mariage d’une fille de “travailleur”, dans l’Aveyron en 1732. On y lit que le père transmet à “ses filles la sommes de cent livres pour chacune que lad(ite) future épouze sera tenue de leur payer la moitié lorsquelles auront accomplu leur vingt cinqui(eme) année ou plutot sy elles vienent a se marier, et lautre moitié deux ans après sans interet”

Le premier site que nous vous conseillons d’utiliser vous propose un convertisseur de monnaies anciennes très simple et très efficace. Nous le devons à Thomas Fressin, doctorant en histoire moderne & humanités numériques de l’université de Côte d’Azur.
Un calculateur très performant vous donnera immédiatement un équivalent en euros d’aujourd’hui de toute somme que vous dénicherez au détour d’un acte ancien.

La somme de 100 livres correspond à près de 1130 €, pour les trois filles cela donne donc 3390 € que le père sort de sa poche le jour du mariage et qu’il confie à la jeune épouse pour qu’elle les donne plus tard à ses soeurs.

 

b) Francs, depuis la Révolution

Dans l’inventaire après décès de ce riche notaire, daté 1838, on trouve parmi la multitudes d’objets répertoriés par le notaire la mention de “cinq duvets” pour 90 francs, “deux vieilles housses en Damas” pour 10 francs, “cinq paillasses” pour 25 francs et “une idem” pour 2 francs.

Grâce à une note publiée sur le site de notre partenaire Histoire-Généalogie, “De la valeur des choses dans le temps”, nous savons qu’un franc de 1830 valait environ 2,20 € en 2006, et qu’un franc de 1850 en valait environ 2,53 €.
Si l’on estime qu’en 1838, la valeur du franc devait être entre ces deux sommes, par exemple 2,30 €, on obtient un équivalent de 292 €.

Reste à réajuster ce montant en euros actuels grâce à un convertisseur comme celui du site de l’INSEE et l’on obtient 331 €.

Mais transformer une somme en euros de notre époque n’est pas suffisant. La chose la plus importante à considérer est la valeur d’un objet à l’époque où il existait : si un magnétoscope coûtait une petite fortune au début des années 80, il ne vaut presque plus rien aujourd’hui, c’est quelque chose que tout le monde sait, mais qu’en était-il des objets du quotidien dans les temps anciens ? Pour mieux se projeter dans le temps, il est important de connaître le coût des choses dans leur contexte, par rapport aux revenus d’un individu ou d’une classe sociale. La note de Thierry Sabot évoquée précédemment l’explique bien, vous pourrez aussi vous procurer sa publication “La valeur des biens, niveaux de vie et fortune”, très bien faite, à ce sujet.

35 commentaires Voir les commentaires précédents

Je suis d’accord avec vous. Il suffit de regarder aujourdhui le prix des loyers à Paris en en Creuse par exemple. Il faut tenir compte de la région, et voir autour de notre ancetre comment vivaient ses voisins.


Il est très difficile d’estimer la valeur réelle des monnaies anciennes. Nos ancêtres n’avaient pas les mêmes besoins que nous. Pour revenir à l’exemple donné, il me semble que 100 livres devaient représenter bien plus de 3390 euros. En fait, il faudrait déterminer quels étaient les revenus annuels de ce “travailleur” pour avoir une idée de ce que représentait pour lui cette somme de 100 livres: une lourde ponction ou une somme relativement modeste ?


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