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Fusillés de la Grande Guerre : le projet est terminé !

Le 14 mai 2018 par Frédéric Thébault
 

Nous sommes heureux de vous annoncer la mise en ligne du premier projet organisé par Geneanet à être terminé : les "Fusillés de la Grande Guerre". Certes, ce projet était plus modeste que les autres, mais il y a de quoi se réjouir ! Présentation.

Le projet Fusillés de la Grande Guerre est parti d’une idée toute simple : recenser, grâce au site Mémoire des Hommes que l’on ne présente plus, tous les noms des individus mentionnés dans les dossiers des quelques 1000 fusillés de la Grande Guerre. A savoir les témoins, les juges, les avocats, les civils ou les militaires, tous ceux qui ont de près ou de loin été impliqués dans ces procès pour la plupart expéditifs et à l’issue connue d’avance.

La plupart des soldats cités sont souvent mentionnés sans leur prénom, mais on les reconnaîtra facilement grâce à leur appartenance à un régiment donné.

Dans tous les cas, reportez-vous aux images originales numérisées disponibles sur le site Mémoire des Hommes pour y lire le compte-rendu complet du procès. Les dossiers disponibles sont très variés, de très lacunaires à très importants (d’une seul page à plusieurs centaines). Ensuite, un peu de lecture vous permettra de revivre les malheureux événements où votre ancêtre a pu être impliqué.

Tous les bénévoles qui ont participé au projet sont mentionnés en regard des relevés effectués, nous tenons à les remercier chaleureusement pour leur participation : alamort, b010780, bribri95, brugeat93, caroandreani, ceve35, cfournely, dnicolas12, erouane, fpierron, gpouradier, gquene, gwen, jblain2, jeanrial, jggaillard, jggaillard, lenoelh, luna3412, marinier, matohuco, minos9, ncambier, ofavier, pledru, rgaragnani, titimary, viovio

Voici un exemple de fiche :

Les noms des soldats sont indexés dans nos moteurs de recherche, vous les trouverez donc via une recherche normale dans Geneanet. Toutefois, si vous souhaitez chercher exclusivement dans le relevé des fusillés, utililsez le menu “Rechercher > Fonds documentaires” puis filtrez sur le mot-clé “Fusillés” et cochez “Archives militaires” dans la section “Archives”.

Bonnes recherches à tous !

Comme toutes les bases collaboratives sur Geneanet, l’accès aux Fusillés de la Grande Guerre est totalement libre et gratuit.

Les Fusillés de la Grande Guerre

NB : Pour des questions pratiques, les numéros de page où figurent les noms n’ont pas été relevés : parce qu’un nom peut apparaître à de multiples reprises sans que l’information soit utile, et surtout parce que seule la lecture complète du procès pourra apporter un intérêt au lecteur.
Si vous trouvez un nom qui n’a pas été relevé, signalez-le nous !

66 commentaires Voir les commentaires précédents

Annie CROCHU
10/01/2019

Merci à tous les bénévoles qui ont participé à ce projet et merci à Généanet d’héberger les données. Il est important de ne pas oublier ces malheureux soldats victimes de l’imbécilité de leurs supérieurs, Une horreur supplémentaire dans l’horreur de la guerre.


Michel HOURMAN
10/01/2019

Au cours de la première guerre mondiale, 675 soldats ont été fusillés sous l’uniforme français, pour désertion, mutinerie, refus d’obéissance ou crimes de droit commun.
Ce sont 306 Britanniques dont 3 officiers, 75 Italiens, 15 Belges et 48 Allemands qui subiront le même sort. Le nombre de Russes est inconnu. Seules les autorités australiennes refusèrent l’exécution de leurs soldats. Dans toutes les armées ce sont les désertions et abandons de poste qui entraînèrent le plus de sentences de mort appliquées. Les soldats français étaient principalement exécutés pour abandon de poste en présence de l’ennemi (ce terme s’appliquait aussi aux soldats qui se mutilaient volontairement pour échapper au front), désertion, refus d’obéissance, outrages et voies de fait sur un supérieur (parfois même le meurtre). Il convient d’ajouter à ces chiffres les exécutions sans jugement, qui laissent souvent peu de traces. Elles sont là aussi attestées pour l’ensemble des belligérants, sous une forme ou une autre. Dans certaines circonstances, elles sont autorisées voire demandées par le commandement. Le général Boutegourd, sans mener d’enquête véritable, fit ainsi fusiller sept soldats du 327ième régiment d’infanterie qui se repliaient, pendant la bataille de la Marne, le 7 septembre 1914.
Fusillés à la suite d’une sentence d’un conseil de guerre, fusillés sans jugement par un peloton d’exécution, exécutés par un officier ou sous toute autre forme… Doit-on voir dans tous ces cas des “fusillés pour l’exemple” ? L’expression est souvent utilisée de manière trop générale. Son emploi tend à faire croire que les exécutions n’avaient pas d’autre justification que d’impressionner la troupe pour renforcer la discipline. Le colonel Campagne distingue bien deux sens de l’expression en dénonçant les campagnes d’après-guerre : “Qu’est-ce qu’une “condamnation pour l’exemple” ? Si on entend par là qu’une peine doit servir d’exemple, c’est exactement le but que se propose la répression : punir le criminel et dégoûter les candidats au titre par la crainte salutaire d’un pareil châtiment.” Je ne poursuivrai pas cet embryon de cours de droit pénal, car ce n’est pas de cela qu’il s’agit. On insinue tout bonnement que les chefs militaires ont pratiqué la “condamnation pour l’exemple” comme une sorte de retour à l’usage barbare de la décimation, les victimes d’une discipline inexorable étant en quelque manière désignées à l’aveuglette et fusillées au hasard. “L’exemple” aboutit aussi à des condamnations à mort tout à fait arbitraires. Il conduit encore, surtout au début de la guerre, à des procès hâtifs, où les droits de la défense sont bien limités.
Quelques-uns parmi eux l’ont mérité, mais la grande majorité était innocente de lâcheté et fut désignée par le hasard.


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