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Les archives privées des châteaux, une “plongée dans l’irréel” : Entretien avec Claude Franckart

Le 12 mars 2018 par Aliénor SAMUEL-HERVE
 

Fidèles aux valeurs de partage et d’entraide de Geneanet, vous êtes des milliers à contribuer à enrichir le site en images d’archives numérisées ou indexations. Aujourd’hui nous avons rendez-vous avec Claude Franckart, numérisateur infatigable des archives privées des châteaux de Saône-et-Loire, qui a rendu accessible à tous les archives des châteaux de Drée, Rambuteau et Lugny !

Né en 1951, Claude Franckart est sous-officier de transmission morse pendant sa jeunesse, puis travaille pendant 30 ans dans le secteur bancaire. Après son licenciement en 2000 et 10 années de chômage, il est aujourd’hui retraité, “bien content de s’en être sorti et de se retrouver”. Claude vit avec son épouse à Coublanc (Saône-et-Loire) depuis 2002, dans le calme et la sérénité de la campagne, “le plus loin possible des turbulences de la civilisation”. Ils y mènent une vie un peu hors du temps, font leur bois de chauffage pour l’hiver, du pain à l’ancienne pétri à la main et cuit 2 fois par semaine dans un four à bois, où ils fument aussi “lard, saucisses et autres joyeusetés qui font le bonheur des gens simples”.

Vue aérienne de Coublanc

Pour autant, les journées sont bien chargées : levé à 5h du matin, couché à 9h du soir, Claude passe une bonne partie de son temps à numériser les archives que les châtelains de la région veulent bien lui prêter, afin de les mettre à la disposition des chercheurs. Il a encore les doigts noircis de sa dernière campagne de numérisation des archives du château de Rambuteau. “Ce sont les risques du métier !”.

Sa passion pour la généalogie, Claude la doit à Christian, un internaute qui le contacte en 2006 après avoir visité son site dédié à la commune de Coublanc, et malheureusement décédé depuis. “Avant de partir, il m’a contaminé et transmis le virus de la généalogie et des vieux papiers”. Aujourd’hui, Claude et sa femme confient régulièrement leur maison pour les vacances à la veuve de Christian, devenue une amie.

La numérisation des archives, Claude ne la débute qu’en janvier 2015. Pendant 9 mois, 7 jours sur 7 et de 8 à 10h par jour, il numérise les archives du château de Drée à l’aide d’un scanner A3. Le résultat : 70 000 images numérisées ! En 2016, le régisseur du château lui confie de nouvelles archives oubliées et Claude poursuit patiemment son travail. En mai 2017, il se procure du matériel plus rapide, un clic-archives, qui le fait passer à 250 000 images numérisées ! La numérisation des archives de Drée terminée, il s’attaque à celles du château de Lugny-lès-Charolles, puis au château de Rambuteau, qu’il vient d’achever. Les archives, en vrac au départ, ressortent de chez Claude rangées en boîtes d’archives (225 pour Rambuteau !), seul investissement à faire de la part des châtelains qui voient leurs archives numérisées gracieusement.

Si Claude se consacre à la numérisation de ces archives, c’est parce qu’il y a une “énorme mine à exploiter dans les châteaux. Tout le reste, c’est du classique (BMS, notaires, etc.), beaucoup s’en occupent. C’est un complément indispensable”. Il découvre aussi un autre univers, “des ‘gens’ d’une autre classe sociale”, comme l’industriel Ghislain Prouvost, le marquis Bernard de Gramont ou encore le comte de Rambuteau, une “rencontre magique” pour Claude. A travers les archives, il côtoie le préfet Rambuteau, le président Mac Mahon, et des dizaines de familles royales : “pour un « commun des mortels » comme moi, ce fut une plongée dans l’irréel, toucher du doigt, réellement à travers les papiers, ce que l’on nous apprenait sur les bancs de la communale”. Il fait aussi des découvertes ignorées par les châtelains eux-mêmes, comme ce récit de la Première guerre mondiale fait par le lieutenant de Rambuteau ou encore ce procès-verbal d’audition de témoin réalisé dans le cadre du procès de Klaus Barbie. Des moments forts !

Après la numérisation des archives de ces trois châteaux, Claude ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et souhaite poursuivre son travail de pérennisation et de mise à disposition de tous des documents à ce jour enfouis sous la poussière : “Une chose me rassure ! suis pas prêt de prendre ma retraite de retraité… si les « commandes » suivent !!!!!

Vous êtes châtelain, ou connaissez un châtelain de Saône-et-Loire possédant des archives privées ? N’hésitez pas à nous contacter !

Les archives numérisées :

80 commentaires Voir les commentaires précédents

Roland LANG
30/10/2018

Superbe travail qui a pris un temps fou à un vrai passionné, félicitations. Je viens de lire qu’il y a environ 2000 châteaux en France. Combien y en a t-il qui ont été numérisé ? Ne pourrai t-on pas les lister comme les cimetières ?

Réponse de Geneanet : il s’agit d’une initiative individuelle (que nous saluons !), mais aucun travail similaire, à notre connaissance, n’est en cours pour d’autres châteaux… volontaires bienvenus !


Natif de Montreux, petit village situé entre Badonviller et Blâmont en Meurthe et Moselle, il me plait à dire que Sainte Richarde, femme de Charles Le Gros, en fait note dans son Diplôme, avec le village voisin Nonhigny.
Il était un château à Montreux, ou ferme fortifiée, ayant eu des jardins à la française, je ne citerais que la famille De MIRBECK, quand la Lotharingie s’étalait de l’Alsace à la Belgique incluse.
Un plan de 1715 ne montre que son contour et le tracé de ce jardin.

Ah, l’odeur des parchemins que l’on aime tant feuilletés avec les gants de soie !
D’archives en archives, le défilé des lignées … mais aussi les fausses routes, parce que le prénom, parce que le nom changent, si ce n’est pas une grossière tache sur les actes … et les surprises, ça et là, c’est captivant et prenant.
Tellement captivant que mon âme de poète en a fait une rime :

Je suis nais sur cette Terre
Que l’on appelait naguère
Lotharingie Ducale …

J’ai recherché les armoiries de ces régnants, ce fut toute une aventure et depuis, j’ai lié amitié avec des Belges.
Nous partageons certaines affinité comme, et surtout, la reconstitution historique de la période médiévale.
Ainsi, vous pouvez visiter nos blogs :
Cerninos et Arbalette1966 sur Skyrock

Une question pour clore ce commentaire :
Sainte Richarde et Charles Le Gros avaient-ils des armoiries ?

Avec nos remerciements au sujet de nos Ancêtres EPP-LAMOUCHE, le lien vient d’être trouvé, une nouvelle aventure généalogie commence … et de “partage” (mot trop souvent omis dans le vocabulaire de nos jours).

Cordialement Jean Marie DENIS


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