Retrouver une condamnation au bagne

Le 12 févr. 2018 par Frédéric Thébault
 

Les généalogistes professionnels du SYGENE répondent à vos questions. Cette semaine, une question de Marie Delery


 

J’aimerais trouver pourquoi un de mes ancêtres a été condamné et est décédé à l’ile Ducos, Nouvelle Calédonie. Il s’appelle Sicaire BOUTINAUD, né le 8 mars 1813 à Siorac de Riberac, Dordogne. Sur l’acte de mariage de son fils Pierre en mai 1869, il est mentionné comme “Interdit de ses droits civils”. Son acte de décès : 14 mai 1885 à l’hôpital de l’Ile Ducos , Nouvelle Calédonie. Mes questions : en 1860/1870 pourquoi pouvait on être “interdit de ses droits civils” ? Où chercher quand et pourquoi est il parti en Nouvelle Calédonie ?


Le bagne de Nouvelle-Calédonie fut en activité de 1864 à 1924 (décret du 2 septembre 1863). 21.000 prisonniers environ y furent déportés. Ils étaient répartis en classes selon leur condamnation. Avant 1869, la classe des “transportés”, appelés aussi “forçats” car condamnés à des peines de travaux forcés – de 8 ans à perpétuité – pour des crimes de droit commun allant de la simple voie de fait ou attentat à la pudeur au meurtre (bagne de l’île Nou).
Suivirent à partir de 1872, les “déportés”, condamnés politiques, principalement des Communards (1871), puis les “relégués” à partir de 1885.

Pour en savoir plus, voir la sous-série colonies H aux archives nationales, section des Archives d’Outre-Mer à Aix-en-Provence : dossiers classés par ordre alphabétique des noms / H105 à 759, H1260 à 1566.

Pour connaître les jugements il faut utiliser les registres matricules H* 2097 à 2663. En ligne, on trouve dans la base de données des dossiers individuels de condamnés au bagne la référence suivante : BOUTINAUD Sicaire, condamné en 1866, envoyé à la colonie pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie, matricule 1099/431, décédé le 14 mai 1885 dont le dossier référencé FR ANOM COL H 432, est dit “communicable”. Le dossier est à consulter en salle de lecture, certainement sur microfilm.

Le dossier comprend en général l’extrait du jugement et les pièces annexes à la détention.

 

Myriam Provence, généalogiste à Paris,
Vice-présidente
pour le Sygene,


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