A la mémoire de Louise Pikovsky, une Anne Frank méconnue

Le 3 avr. 2017 par Frédéric (Geneanet)
 

Tout le monde connaît Anne Frank, dont les mémoires témoignent encore aujourd'hui de l'horreur de la guerre.  Un témoignage similaire exceptionnel a été découvert récemment : les lettres de la jeune parisienne Louise Pikovsky, 15 ans, assassinée à Auschwitz en 1944.

L’histoire est hélas classique : pendant la Deuxième Guerre mondiale, une famille israëlite française, installée à Boulogne-Billancourt, va être victime de la persécution nazie. Déportée à Auschwitz, toute la famille va disparaître. Mais l’histoire des Pikovsky (ou Pikovski), et notamment celle de la fille aînée, Louise, 15 ans, va surgir de l’oubli au bout de 70 ans. C’est grâce à la correspondance qu’elle entretint pendant quelques semaines, qui a été retrouvée et analysée, que ce pan de la mémoire a surgi du passé. Un superbe web-documentaire (vidéos, texte et photos disponible uniquement sur Internet) a été créé à partir des lettres de Louise, qui permet aujourd’hui à chacun de la voir revivre, ainsi que sa famille.

webdoc-louise-pikovskySi le documentaire “SI je reviens un jour” a pu être réalisé, c’est d’abord grâce à la ténacité et au souci de transmission de la mémoire de plusieurs femmes. C’est en premier lieu Anne-Marie Malingrey, professeur de lettres au lycée Jean-de-la-Fontaine à Paris, qui fut la confidente et la destinataire des lettres de son élève. Louise Pikovsky était une jeune Juive âgée de 15 ans qui vivait à Boulogne-Billancourt pendant l’Occupation allemande, et était scolarisée au lycée Jean-de-la-Fontaine.
C’est ensuite Christine Lerch, enseignante dans le même lycée, qui découvre en 2010, en rangeant une armoire du lycée, les lettres de Louise Pikovsky, ainsi que des livrets, une photo de classe et une bible. Ceux-ci étaient là depuis 1988, déposés par Anne-Marie Malingrey (décédée en 2004 à l’âge de 98 ans).
Puis Christine Lerch va chercher pendant six ans à reconstituer l’histoire de ces lettres, sans succès, avant de les confier à la documentaliste du lycée, Khalida Hatchy. Partant à la retraite, elle désire en effet que ces documents restent en de bonnes mains.
Khalida Hatchy, très touchée par l’histoire de Louise, va enfin contacter la journaliste Stéphanie Trouillard afin qu’elle l’aide à reconstituer le puzzle.

Aujourd’hui, le résultat est là, les deux femmes ont effectué d’innombrables recherches et retrouvé des professeurs et des élèves du collège à l’époque, mais aussi les membres de la famille de Louise survivants. Un travail d’investigation formidable a été réalisé, et la mémoire de Louise Pikovsky est désormais sauvegardée grâce à ce web-documentaire magnifique et très émouvant, accessible librement bien entendu.

Louise Pikovsky n’a rédigé que quelques lettres, mais elles sont riches en émotion. Plus encore qu’un témoignage sur l’horreur de la guerre, de la déportation et de la persécution des Juifs, ce travail est également un formidable exemple du devoir de mémoire que tous les généalogistes connaissent bien.

Si cette histoire vous a émus, vous pouvez aller plus loin en participant le 30 avril prochain, dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, à une rencontre avec les principaux protagonistes à l’origine du webdocumentaire. S’inscrire ici.

> la généalogie de Louise Pikovsky sur Geneanet :
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33 commentaires Voir les commentaires précédents

Colette REMY
08/04/2017

Un témoignage fort et émouvant. Grand merci pour ce travail de reconstitution et surtout pour l’avoir partagé.


francis63
13/04/2017

Merci Geneanet de faire remonter ces histoires bouleversantes Louise tu étais autant française que moi


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