Les ancêtres d’Emmanuel Macron

Le 27 mars 2017 par Frédéric Thébault
 

Faute de disposer de toutes les généalogies des onze candidats de ces élections présidentielles, nous nous sommes limités aux cinq candidats les plus importants. Le dernier que nous évoquerons est donc Emmanuel Macron.

Dernier venu en politique parmi les autres représentants, Emmanuel Macron tient ses origines de trois régions françaises : l’Amiennois (région d’Amiens), la Bigorre et le Béarn (sud de Pau et Tarbes, est et ouest de Lourdes), le Saint-Affriquain et le Lacaunais (frontière sud entre le Tarn et l’Aveyron).

professions-ancetres-macronBranche paternelle, nord de la France

Emmanuel Macron est né à Amiens en 1977, ville où ses parents exercent leur profession, et où ses grands-parents sont décédés, mais seul son grand-père André Henri Gaston Macron était originaire de la région : il était né non loin d’Amiens à Corbie (Somme) en 1920, et ses ancêtres vivaient pour la plupart à une trentaine de kilomètres au nord dans le petit village d’Authie. C’est là que l’on trouve tous ses ancêtres Macron jusqu’à la dixième génération retrouvée et un certain François Macron qui y vivait en 1624. Authie reste le lieu de vie principal de toute cette branche paternelle, et l’on y trouve toutes les familles que les généalogistes originaires de ce village auront également croisées : MACRON, DENEL, PERIN, FROIDEVAL, VASSEUR, ACCART, FAUBRY, HUIEZ… et à quelques kilomètres alentours (Hérissart, Pierregot, Rainneville…) les NIBART, PETIT, DHEILLY, DEBEAUVAIS, HOULIER, SAGUIER, DOUCHET… Les métiers exercés par ses ancêtres s’éloignent quelque peu de la paysannerie attendue car on trouve de nombreux cloutiers, ainsi que des charpentiers et des tisseurs ou fileuses. L’explication en est simple : en 1803, la quasi-totalité d’Authie fut détruite par un incendie qui permit, lors de sa reconstruction, l’installation d’industries cotonnières et linières qui recrutèrent évidemment parmi les habitants.

Notons que le grand-père de son grand-père, Alphonse Jules BOSSEUR, avait quitté son petit village de Villers-Hélon à 130 km de là, au sud de Soissons et à l’est de Villers-Côtterets, dans l’Aisne, pour s’installer à Authie où il épouse une jeune fille du village. Par ces BOSSEUR, Emmanuel Macron descend donc d’une forte proportion de Champenois du Soissonnais, répartis sur des villages qui eurent à souffrir d’être situés juste sur la ligne de front en juillet 1918 : Villers-Hélon, Arcy-Sainte-Restitute, Grand Rozoy, Muret-et-Crouttes… Il s’agit des familles BOSSEUR, DEVILLE, TOURIGNIER, PATOUX, DUGLAND. Une petite branche s’en écarte avec une origine à l’est de Soissons, à Fontenoy : MIEL et CHARPENTIER. Moins de paysans que la moyenne là aussi, on trouve ainsi un “garde-moulin”, des couturières et un tailleur d’habits, plusieurs charrons et manouvriers.

Branche maternelle, sud de la France

La branche maternelle d’Emmanuel MACRON reste malheureusement inexplorée en partie, car le candidat aux Présidentielles a une grand-mère anglaise, originaire de Bristol, pour laquelle nous n’avons pas de généalogie disponible. Une arrière-grand-mère, Marie Madeleine MILLET, n’a également pu être retrouvée faute d’informations sur son état-civil.

Pour les autres branches, on s’écarte d’Amiens et des Hauts de France pour rester dans le sud de la France. Emmanuel Macron aime à citer sa grand-mère Germaine Arribet, institutrice et directrice de collège, décédée en 2013, et née à Tarbes. Celle-ci, hormis sa mère Marie Madeleine MILLET dont nous avons parlé plus haut, tenait toutes ses racines d’une poignée de villages située à une vingtaine kilomètres au sud de Pau et Tarbes : Bruges-Cabis-Mifaget (commune formée par le regroupement de trois villages, Mifaget étant celui qui nous intéresse), Louvie-Juzon, Sainte-Colome, Arbéost… dans les Pyrénées-Atlantiques. Ces villages, on devrait presque dire des hameaux, sont situés au pied des Pyrénées dans des paysages de forêts et de bocages.

L’histoire de Mifaget est assez particulière et mérite que l’on s’y arrête. Voici ce qu’on peut lire sur le site d’un passionné : “En 1385, on dénombre trois feux, c’est à dire trois familles vivant dans trois maisons différentes. (…) De 1560 à 1599, la Réforme réduit la commanderie à un domaine agricole vendu à une famille noble, les barons de Coarraze. De 1752 à 1761, les terres de la commanderie de Mifaget sont achetées par les habitants composant alors une trentaine de familles. Un acte passé le 15 mars 1752 avec les religieux Barnabites de Lescar leur donne une autonomie et un régime administratif. Ils forment désormais un corps communautaire régis par des députés ou des prud’hommes élus parmi eux, sans toutefois posséder une totale indépendance vis à vis des Barnabites.  (…) A partir de 1792, Mifaget est érigé en paroisse avec le rattachement des deux hameaux de Louvie-Juzon (Pédéhourat et Pédestarès) et du hameau de Sainte-Colome dont les habitants, en fait, avaient choisi depuis longtemps Mifaget pour leur pratique religieuse.”
S’y croisaient les ARRIBET, BOUHOT, TRIEP, QUINTALOUGUERE, LOT, GEIRÉ, LUQUET, GARROCQ, BRAU… cultivateurs ou bergers.

Du côté du grand-père Jean NOGUÈS, on part quelques kilomètres plus à l’est, à Bagnères de Bigorre, ville de thermes bien connue qui, si elle compte le pic du Midi sur son territoire, n’en reste pas moins en plaine à l’orée de la montagne, ainsi qu’à des communes toutes proches comme Argelès-Bagnères et Castillon où vivaient les NOGUÈS, MAZOUA, IZAAC, TARISSAN, PUJO, ESPOUEY…

Par sa mère,  Jean NOGUÈS possédait 50% de sang héraultais, tarnais et aveyronnais. Esther Rosalie Emma MAS était née à Pouzolles, petite commune proche de Pézenas et de Béziers, et c’est surtout à Alignan-du-Vent, toute proche, qu’on lui trouve des ancêtres “travailleurs” ou cultivateurs : les MAS, BOUSQUET, SICARD, LIBÈS.

Enfin, c’est plus au nord, dans les contreforts du Larzac, que l’on trouve les dernières racines d’Emmanuel Macron. A Brusque, Camarès, Peux-et-Couffouleux d’un côté, à Nages et Murat-sur-Vèbre de l’autre, les premières dans l’Aveyron et les secondes de l’autre côté de la limite départementale, dans le Tarn. Ces branches se situent dans les Monts de Lacaune, une région très accidentée tout au sud du Massif Central, constituée pour l’essentiel de hameaux regroupés en communes. Ainsi, en 1868, Brusque comptait sept « villages » (plus de 25 habitants), six « hameaux » (moins de 25) et vingt-trois lieux-dits (maisons isolées). Le Merdelou, l’un des plus haut points de la région, est tout proche : du haut de ses 1110 mètres, on peut parfois voir la plaine de Béziers et la mer Méditerranée par temps clair. Dans cette région où l’on se déplace à dos de mule par des sentiers escarpés, vivaient au XVIIIe siècle ses ancêtres parmi lesquels on trouve des métayers, des cultivateurs mais aussi des tisserands, des maçons, un forgeron, un cardeur et même un maître d’école : ROUQUETTE, SÈBE, BLAYAC, ROQUE, CALAS, SÉNÉGAS, GOUZES, BARRIÉ, ABBAIL, GAYRAUD, CHABBERT, SENAUX, etc.

origines-emmanuel-macron

Emmanuel MACRON, cousin avec François HOLLLANDE ?

Nous avons bien failli y croire ! En effet, plusieurs généalogies présentes sur Geneanet donnent pour ancêtres des deux hommes un couple Andrieu DELABRE 1(554-1613) et Claire LESCOURCHEULT (1560-1624),mariés à Béthencourt, dans le Nord, en 1584. Ce Andrieu DELABRE était un personnage important et occupait les fonctions de censier des religieux d’Anchin et de lieutenant de Noyelles-sous-Lens. Ses ancêtres le rattacheraient d’ailleurs aux seigneurs de Noyelle et par là-même aux grandes familles nobles françaises et bien évidemment aux rois de France.

De nombreuses généalogies indiquant ce couple mentionnent deux fils. Le premier Etienne, né vers 1600, est l’ancêtre direct de François Hollande. Le second, Jean, qui a bien existé, est souvent indiqué sans date ni lieu ni mention d’épouse, bien que l’on trouve une généalogie mentionnant sa naissance (vers 1587), son mariage avec Marie Mathon en 1615, parfois ses fonctions, bailli de Haisnes et lieutenant de Frévent. Or, sur les généalogies les moins complètes, on voit que Jean aurait eu deux fils, Antoine et Luc, tous deux ancêtres directs d’Emmanuel Macron, et une fille, Marie Anne, décédée à Authie (notons qu’entre Noyelle-sous-Lens, ville où est né Etienne, et Authie, ville où est née la fille de son supposé frère Jean, il y a tout de même plus de 50 km de distance, ce qui est conséquent à l’époque).
En consultant l’acte de décès de Marie Anne, survenu le 2 novembre, on voit clairement que son âge est indiqué : environ 12 ans (acte de décès ci-dessous).

deces-marie-anne-delabre-1703
On peut donc estimer sa naissance à 1691. Et par ce biais, calculer l’âge de son père Jean : si celui-ci était bien le fils d’Andrieu, et même en admettant qu’il soit né juste avant la mort de son père, survenue en 1613, il aurait donc eu sa fille en 1691 à l’âge canonique de 78 ans. Cela reste possible s’il avait une jeune épouse bien sûr, mais aucune des généalogies mentionnant quelques précisions sur Jean ne lui donne ces enfants-là.

Reste que le cousinage entre François Hollande et Emmanuel Macron reste possible, car ces deux Jean DELABRE sont peut-être reliés par des ancêtres communs. Nous ne les avons pas cherchés, alors nous lançons cet appel : qui saura reconstituer de façon certaine (avec des preuves !) la généalogie DELABRE d’Emmanuel Macron, en la reliant, ou non à celle de François Hollande ? Les jeux sont ouverts !

La descendance de Jean DELABRE sur l’abre généalogique d’Emmanuel MACRON

> La généalogie de François HOLLANDE sur Geneastar

 


NB : les généalogies déposées sur Geneastar sont extraites de diverses généalogies publiées sur Geneanet. Elles n’ont pas été vérifiées et sont publiées avec toutes les réserves qui s’imposent.

Aucun commentaire à caractère politique ne sera publié, merci de votre compréhension.

49 commentaires

Concernant le cousinage MACRON / HOLLANDE..Emmanuel Macron serait un descendant à la 11è génération de Jean II DELABRE avec 0,02% de parenté .Tandis que François HOLLANDE sans exhaustivité dans la recherche serait un descendant à la 13è génération d’une cousine au 25è ° de Jean II DELABRE.
En tout état de cause, il apparaît entre les deux hommes 9 liens de parenté établis cousinage entre le 30 è & 35è° avec notamment pour ancêtres communs Baudouin II Le Chauve de FLANDRE. & 2lizabeth d’ Angleterre de Wessex


Nous avons Mr macron et moi même de très lointains ancêtres communs : Jean Izaac et Marie Fillastre. le plus amusant, c’est qu’une autre branche de ma famille, est de Bruges Capbis Mifaget et Louvie Juzon


Voir la suite

Vous devez être connecté pour déposer un commentaire. Connexion / Inscription