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Une recherche généalogique par Internet sur le XIXe siècle : cas pratique (3)

Le 8 août 2016 par Frédéric Thébault
 

Après avoir évoqué les premières recherches dans l'état civil puis sur Geneanet, nous allons maintenant profiter de ce que nous offrent les archives de l'Oise : les recensements.

Si la majorité des départements ne propose pour le moment que l’état civil, ils sont de plus en plus nombreux à numériser et mettre à disposition le cadastre, les recensements, les registres matricules militaires, les tables de successions, et même parfois les archives notariées.

L’Oise publiant ses recensements, l’occasion de se pencher sur la composition des familles Louis et affiliées était idéale.

 

1/ Les recensements

Les recensements revêtent un intérêt tout particulier pour le généalogiste. Etablis tous les 5 ans, ils permettent de suivre l’évolution d’une famille dans une commune, de repérer l’endroit où elle habitait avec parfois la possibilité de le situer dans la commune actuelle si la rue n’a pas changé, mais aussi de débloquer des pistes le cas échéant.

Pour la famille de Séraphine Louis, nous allons commencer par étudier les recensements postérieurs à sa naissance, à savoir 1866, 1872 (au lieu de 1871, année troublée en France), 1876, 1881, 1886, etc.

Il est très simple de consulter une liste de recensement : un tableau présente d’abord le quartier, lieu-dit ou hameau, et la rue, suivi par des numéros ; celui de la maison, des ménages et des individus. On trouve ensuite les personnes, avec le chef de famille en premier, suivi de sa femme puis des enfants, et éventuellement des domestiques. Selon les époques, diverses mentions peuvent apparaître, comme la profession, la religion, des caractéristiques physiques, le lieu et l’année de naissance, etc.

Les seules difficultés avec les recensements résident dans la taille de la commune si l’on ne connait pas l’adresse de ses ancêtres, ce qui est malheureusement très souvent le cas : il faut consulter toutes les pages, une à une, et si cela ne prend que quelques minutes dans le cas d’Arsy, on imagine le travail avec une commune de taille importante. Une autre difficulté, c’est la fiabilité des mentions. Ne pas trop se fier aux prénoms, souvent un seul figure et pas forcément l’usuel, ainsi que les âges des enfants ou même leur présence, car on note de fréquents oublis.

2/ Le recensement de 1866

On trouve bien en 1866 la famille de Séraphine Louis. On constate que son père vit seul (la mère est morte l’année précédente) avec ses deux filles Argentine, 17 ans et Séraphine, 20 mois. Il est prénommé Frédéric, alors que la plupart des autres documents nous laissent à penser que son prénom usuel était Antoine, et est manouvrier. Son adresse est “Grande Rue de la Grande Ruelle” (affichée en hauteur sur la gauche, on ne la voit pas sur notre capture d’écran), au numéro 179. Les noms des rues ont souvent changé depuis cette époque mais on peut assez facilement les identifier. Cela est beaucoup plus difficile, voire impossible, avec les numéros, à moins de pouvoir consulter le cadastre de l’époque.

Recens 1866-1
et à la page suivante, Argentine et Séraphine :

Recens 1866-2

3/ Le recensement de 1872

En 1872, nous savons que le père est décédé. Séraphine n’ayant que 8 ans, on se demande bien où elle peut être mentionnée… si elle vit toujours à Arsy. On la trouve chez sa soeur Argentine qui s’est mariée entre temps avec le sieur Jean-Baptiste Gurtz (ou Geurtz), manouvrier de 3(4?) ans, originaire de Belgique. Séraphine y est déclarée par erreur “fille de la femme Gurtz”, mais il ne peut s’agir que d’elle. Cela est confirmé en 1876, Séraphine a alors 12 ans. On perd sa trace en 1881 : elle ne vit plus chez sa soeur, et plus non plus à Arsy. Âgée de 16 ans, elle est en effet apte à gagner sa vie, et ses diverses biographies le confirment, puisqu’il y est dit qu’à partir de 1881 elle est domestique à Clermont chez les soeurs de la Providence.

Recens 1872

En parcourant le reste des recensements, on peut noter diverses informations sur le reste de la famille, des parents aux grands-parents de Séraphine. On y voit par exemple que sa cousine Valérine était bossue, et qu’elle a été élevée par ses grands-parents Nicolas Modeste et sa seconde épouse Marie Catherine Brie ou Debrie, le frère et la belle-soeur d’Antoine Frédéric étant décédés juste après sa naissance.

Après quelques heures de travail, en recoupant les recensements et en vérifiant les actes dans l’état civil, on arrive à reconstituer la famille Louis sur 6 générations (menu “Arbres & Listes > Descendance > Arbres web”) :

Descendance Louis Arsy

L’exploitation des archives sur le XIXe siècle est maintenant quasiment terminée, il va falloir se tourner vers le XVIIIe siècle, une opération plus complexe avec des registres moins bien tenus, des informations et filiations parcellaires, das lesquelles les recherches se font un peu plus à l’aveuglette et dans lesquelles l’intuition mais aussi la patience, voire la chance jouent un rôle important. Les archives de l’Oise proposent aussi les registres matricules, mais ceux-ci n’auront pas d’intérêt ici, Séraphine n’ayant que des femmes pour soeur et cousines, sauf si l’on s’intéresse à ses neveux, tous trop âgés pour avoir participé à la guerre de 14-18 par ailleurs.

Nous espérons en tout cas que cette petite étude de cas aura pu vous donner une bonne approche de vos premières recherches généalogiques et nous vous souhaitons bonne chance pour les vôtres !

L’arbre généalogique de Séraphine Louis

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21 commentaires

pour le 18 ème siècle, existe-t-il des documents équivalents donnant la composition des
familles? (un de mes ancêtres a quitté la région de Bordeaux pour la Belgique vers 1800, je voudrais retrouver le “reste” éventuel de sa famille)


Après avoir consulté les recensements de Villerupt, j’ai pu trouver les lieux d’habitations de mes grands-parents,les métiers de mon père et de ses frères,ainsi que de leurs amis dont j’avais entendu “parler”….merci du conseil..


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