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Une recherche généalogique par Internet sur le XIXe siècle : cas pratique (1)

Le 25 juil. 2016 par Frédéric Thébault
 

Vous vous êtes lancés dans une recherche généalogique, mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre ? Nous vous proposons cet été une série de trois notes consacrées aux premières recherches, étalées sur le XIXe siècle. Ce cas pratique reprend, pas à pas, les étapes à suivre.

Comme il ne nous sera pas possible de nous déplacer dans les divers centres d’archives, cette généalogie sera forcément partielle et incomplète, mais nous allons exploiter au maximum les ressources déjà conséquentes fournies par le web, qu’il s’agisse de GeneaNet ou d’autres sites.
Cette expérience a pour but de vous montrer ce que l’on peut faire aujourd’hui via Internet, et de vous donner, sinon une méthodologie efficace (chaque famille est unique et chaque recherche l’est aussi), du moins quelques éléments d’approche (précisons que votre serviteur n’est qu’un généalogiste amateur passionné et que ses recherches et sa façon de faire ne doivent pas être considérées comme celles d’un professionnel !).

En guise de “cobaye”, il fallait quelqu’un dont les origines se situaient dans un département ayant mis en ligne ses registres. Il fallait aussi quelqu’un qui soit né à un période où l’état civil était bien écrit, et sans manques. Grosso modo, en imaginant que vous débutiez vos recherches en ayant réclamé l’acte de décès de votre grand-mère ou arrière-grand-mère à la mairie de la commune où elle est décédée, selon les informations données par vos parents ou selon vos propres souvenirs, il fallait que la naissance soit située entre 1850 et 1900.

1/ Séraphine Louis

Nous avons choisi de partir à la recherche des ancêtres de Séraphine De Senlis, peintre naïf du début du XXeme siècle, dont la carrière a été évoquée au cinéma dans le film “Séraphine” de Martin Provost avec Yolande Moreau dans le rôle principal, film récompensé par de nombreux prix aux Césars 2009 et au festival de film de Newport Beach. Séraphine de Senlis, de son vrai nom Séraphine Louis, était un personnage idéal pour une telle recherche, car elle est issue du monde paysan, représentatif de celui auquel la plupart des généalogistes se confrontent.

Séraphine Louis est donc née, cela nous est donné sur tous les sites qui lui sont consacrés, le 3 septembre 1864 à Arsy, un petit village de l’Oise à une quinzaine de kilomètres de Compiègne, sous-préfecture du département.

Arsy est une petite commune rurale comme il y en a tant en France. Elle compte 800 habitants, et à peine une centaine de moins à l’époque de la naissance de Séraphine. Uns stabilité guère étonnante étant donné la proximité de Compiègne, une grande ville qui a de tout temps dû fournir commerces et infrastructures à la population environnante, sans qu’il soit besoin que le village d’Arsy s’étoffe.

GeneaWiki reste muet sur cette commune (à vos claviers si vous avez des informations !), et Wikipédia ne fait guère mieux. Même via Google, on trouve peu de renseignements sur la petite commune, hormis quelques photos et bien entendu, de nombreuses pages évoquant Séraphine Louis. Un village sans histoire en somme, où rien ne s’est passé avant et après les toiles de Séraphine.

2/ retrouver l’acte de naissance

Pour débuter nos recherches, nous nous rendons sur le site des archives départementales de l’Oise :http://archives.oise.fr/archives-en-ligne/
On choisit l’état civil, et l’on se rend sur le registre des naissances mariages et décès de 1864 où l’on doit trouver l’acte de naissance de Séraphine Louis. Il est bien évidemment indispensable de vérifier ce que l’on nous annonce.

Cet acte s’y trouve bien, on y apprend que son père se prénomme Antoine Frédéric, qu’il est manouvrier et âgé de 42 ans, et que sa mère se nomme Victoire Adéline Julie Mayard, son âge n’est pas indiqué. Les témoins sont Delayen victor Auguste, manouvrier, et Leborgne Réné (sic) Narcisse, instituteur.
Leur mention étant difficilement lisible car la copie est très claire, une astuce pour retrouver des noms difficiles à lire quand on n’est pas encore familiarisé avec ceux de la commune, est de regarder sur les actes proches s’ils sont également mentionnés de façon plus lisible (à défaut de membres de la famille, on trouve souvent toujours les mêmes personnes qui témoignent, des proches de la mairie ou des personnalités locales). C’est le cas ici, l’instituteur étant présent sur un acte de naissance quelques jours plus tard, le le manouvrier ayant lui-même un enfant quelques jours plus tôt, sur l’image de registre précédente.

2/ examiner tous les actes

Lorsque l’on parcourt des registres d’état-civil, notamment au XIXe siècle et surtout dans les petites communes (cela est évidemment impossible pour une grande ville), une bonne chose à faire est de se “promener” un petit peu au fil des actes, et ne pas trop se précipiter pour rechercher immédiatement d’autres ancêtres. En effet, comme aujourd’hui, tout le monde se connait dans un petit village, et les événements des naissances mariages et décès regroupent souvent les mêmes personnes : on voit transparaître les relations d’amitiés ou de travail, on repère les familles les plus présentes et on peut aussi, en ayant de la chance, trouver des actes concernant la famille proche de son ancêtre qui pourront permettre quelques avancées et éviter d’y revenir ultérieurement.

Cela se vérifie ici : à la page précédente on trouve l’acte de décès du grand-père de Séraphine, en date du 10 août 1864 : Nicolas Modeste Louis. Antoine Frédéric Louis est le témoin déclarant, étant indiqué comme son fils (c’est bien lui et non un homonyme : même signature, même âge et mêmes prénoms que sur l’acte de naissance de Séraphine). Du même coup, on obtient la date de naissance du grand-père, le nom de sa femme et les noms de ses parents, c’est à dire des arrière-grand-parents de Séraphine. Et l’on obtient de surcroît un aperçu de ce qu’était le niveau social de la famille, puisqu’il est qualifié d’indigent, c’est à dire miséreux et dans le besoin. Besoin que n’arrivent probablement pas à combler son ou ses enfants (cela fera l’objet de futures recherches), qui sont donc sans doute eux-mêmes dans le bas de l’échelle sociale.

Belle opération pour une simple consultation sur trois pages… nous avons pu brûler une étape, le cas n’est pas rare, mais nous vérifierons de toutes façons que nous ne nous sommes pas trompés.

La suite la semaine prochaine !

Séraphine Louis - l'arbre de vie

L’arbre de vie (1922) – Séraphine de Senlis


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44 commentaires

calin79
04/09/2016

Débutant de 79 ans ce n’est pas toujours facile. Merci pour tout les conseils que vous nous donnez.


Un grand merci pour vos conseils. C’est important d’être aider lorsque l’on commence. Merci.


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