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Dommages de guerre, département des Yvelines

Le 15 mars 2016 par Jérôme Galichon
 

Les communes les plus particulièrement touchées du département sont Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville, Saint-Cyr-l’Ecole, et Conflans-Sainte-Honorine. Les archives départementales des Yvelines ont réalisé un inventaire des dossiers d’indemnisation qu’ils possèdent et l’ont publiés en opendata dans le cadre du Data sprint des archives #DatasprintAAF. Nous sommes heureux de le mettre aujourd’hui à disposition de tous.

Que contient cet inventaire ?

  • La cote du dossier & le numéro de dossier conservé aux archives départementales
  • Nom, adresse du pétitionnaire (particulier ou organisme)
  • L’adresse du bien détruit
  • L’adresse du bien construit (si le bien reconstruit n’a pas été construit à l’emplacement du bien détruit)
  • La présence ou non de pièces justificatives dans le dossier (photos, plans)

A noter qu’il s’agit des demandes d’indemnisations faites auprès du service Dommages de guerre (antenne départementale du ministère de la Reconstruction)  qui a ensuite été versé aux Archives départementales des Yvelines. Il arrive donc que le bien soit situé dans un autre département.

Rechercher dans ce relevé (nom, lieu…)
Vous pouvez aussi consulter le relevé dans son intégralité

 

Quels type de biens ont étés détruits ? 78-Origine-demande

Sur 5223 dossiers,  3185 (soit 60%)  sont des demandes d’indemnisation suite à des dégâts immobiliers de particuliers, 971 (18%) concernent des dommages de biens professionnels, et 589 (11%) concernent des biens publics (écoles, ponts, mairie, églises, mobilier urbain, cimetières, gendarmerie, etc ).

Répartition géographique des biens détruits

Repartition-bien-detruits

 

 

78-Repartition-tableauConstats principaux :

  • les biens détruits suivent le cours de la Seine, la destruction des ponts en étant la principale cause.
  • les villes de  Saint-Cyr l’école & Vélizy-Villacoublay ont également étés touchées, du fait de la présence de bases militaires.

 

Le cas de Mantes 

L’agglomération de Mantes, grand axe de communication, constituait en 1940 une cible de choix : sa gare importante desservie par deux lignes, les nombreux ponts sur la Seine auquel il faut ajouter une présence forte de l’armée : magasins, dépôts de machines et pour finir terrain d’avion à proximité. On comprend mieux, dans ces circonstances, la concentration des bombardements sur Mantes et son agglomération.

La première vague de bombardements débute le 3 juin 1940 : les Allemands s’attaquent à l’extrémité ouest de la ville (terrain d’aviation et magasins). Un second bombardement a lieu le 8 juin, le dépôt de chemin de fer est d’abord visé, puis le centre avec la gare et ses alentours.
On dénombre 38 victimes civiles et 28 militaires à la suite de cette vague de bombardements. Les dégâts immobiliers furent néanmoins assez faibles.

La seconde vague de bombardements a lieu à la fin de la guerre. Le 20 avril 1944, l’aviation alliée cible par deux fois, dans la même journée, les installations militaires et ferroviaires.

Le dimanche 7 mai 1944, à 2h du matin, les habitants du quartier de Gassicourt (situé à l’ouest de la ville) sont réveillés par un pilonnage ininterrompu de la ville, qui va durer 20 minutes. Les cibles sont là encore la gare et les magasins militaires, mais aussi la papeterie Braunstein. Malheureusement, les objectifs initiaux sont largement dépassés et la puissance des bombes est cette fois-ci très forte. De nombreuses installations civiles sont concernées : le quartier de Gassicourt est dévasté, l’école est détruite, l’église et les cimetières sont touchés. On dénombre une quarantaine de victimes.

Un répit d’une quinzaine de jours est accordé aux habitants de Mantes. Mais l’approche du débarquement de Normandie incite les alliés à détruire les moyens de communication. Le 28 mai, les ponts d’Argenteuil et des cinq arches sont visés. Des dommages collatéraux sur le centre ville entraînent des destructions.

Un nouveau bombardement a lieu le 30 mai, en fin de matinée. La cible est une nouvelle fois les ponts sur la Seine.  Les bombes font là encore, malheureusement, de nombreux dégâts collatéraux : l’ensemble du quartier de l’Hôtel-de-Ville est rasé, ainsi qu’une partie de la place Saint-Maclou et de celle de l’Étape. Presque à la hauteur de la rue des Halles, jusqu’au pont, la rue Nationale a disparu. Sont également atteintes les rues des Boucheries, des Ursulines, de la Pêcherie, de la Gabelle, de la Chaussetterie, Notre-Dame, Gâte-Vigne. Les rues d’Alsace et des Casernes sont aussi touchées. On dénombre plusieurs centaines de morts, dont 200 prisonniers détenus dans la maison d’arrêt.

De nouveaux bombardements eurent de nouveau lieu pendant l’été 1944, l’armée Allemande tentant de freiner l’avancée de l’armée américaine…

> en savoir plus en consultant l’excellente étude de Gaston Marin sur le site “Mantes Histoire”.

 

Le cas de Saint-Cyr l’Ecole

Le principal bombardement eut lieu à l’été 1944. Au matin du 25 Juillet, 94 bombardiers sont préparés pour effectuer un raid au dessus de l’Allemagne. En fin de matinée, cette mission est annulée, au profit de l’objectif Z756 (“Saint-Cyr près de Versailles” selon la liste des numéros opérationnels établie par le Ministère de l’Air britannique en novembre 1943). Une modification est ordonnée concernant le chargement des avions: “bomb load ‘Cookie’ but NO delay bombs” (des bombes de type Cookies – bombes de 2 tonnes à haut pouvoir déflagrant – mais pas de bombes à retardement, le “no” étant souligné). C’est un véritable déluge de bombes qui s’abat sur la ville : plus de 500 tonnes en seront larguées.

Saint-Cyr-l’Ecole fut détruite à 92 % par les bombardements. Seuls 25 immeubles sur 1131 sortent indemnes du déluge de feu essuyé par la ville, qui fait plus de trois cents victimes.


Saint cyr l'école, l'église

L’église de Saint-Cyr l’Ecole après les bombardements 

 

 

 

1 commentaire

jppichot
07/08/2022

au numéro 31 rue Victorien Sardou adresse collective d’une cour; deux bâtiments d’habitation n’ont pas été touchés par le bombardement et sont restés occupés au moins jusqu’aux années 1965.
Familles CLOAREC et THOMAS pour un des bâtiments , familles HOARNER et PICHOT pour l’autre


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