Quel avenir pour la généalogie ? (1ère partie)

Le 17 avr. 2015 par Frédéric Thébault
 

En trente ans, la pratique de la généalogie dite "familiale", vécue comme un loisir, a considérablement évolué : privilège de quelques "rats de bibliothèque" un peu fous à l'origine, elle permet aujourd'hui à n'importe qui, en quelques clics, de fouiller des tonnes de documents anciens numérisés sans bouger de chez soi, et tout cela gratuitement. Chaque année, les technologies évoluent et la généalogie se démocratise. Où va nous mener toute cette évolution ?

Au mois de mars 2013, nous avions publié sur ce même blog une courte nouvelle de science-fiction (à lire ici) : un homme vivant en 2213 réalisait sa généalogie en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Pure imagination de votre serviteur, cette nouvelle n’était qu’un divertissement passager de l’esprit. Nous avons souhaité reprendre les thèmes abordés pour les étudier plus sérieusement aujourd’hui : quelle est la part de probabilités que ce qui est décrit se réalise ? Jusqu’à quel point ? L’analyse des commentaires suscités par cette note donne également matière à réflexion.

Nous allons étudier les principaux points évoqués par cette nouvelle, l’un après l’autre : retour en 2213 !


1/ aide à la compréhension du passé


ocr.jpga) traductions / lecture des textes anciens

Depuis le début du XXe siècle, les archives sont dactylographiées et ne nécessitent quasiment pas d’effort de lecture. Celles qui existent depuis les années 80 sont informatisées et par conséquent parfaitement lisibles et compréhensibles. C’est donc aujourd’hui une quasi-certitude : sauf à connaître une décadence totale liée à des conflits ou catastrophes entraînant la perte des connaissances humaines, nous ne reviendrons pas à des documents manuscrits. La lecture de ce qui constituera les futures archives sera donc beaucoup plus aisée qu’aujourd’hui.

Il ne nous reste donc qu’à développer des outils qui permettent de lire les archives actuelles. Pour les textes imprimés non numérisés, avec des caractères typographiques d’imprimerie, il est déjà possible de les reconnaître grâce au procédé de l’OCR (Reconnaissance Optique de Caractères) et donc les manipuler, transmettre et traduire aisément : voilà pourquoi l’on peut aujourd’hui, comme sur Geneanet via la Bibliothèque Généalogique, retrouver rapidement un nom dans un texte ancien, qu’il s’agisse d’un ouvrage complet publié en librairie ou d’un document isolé comme une affiche, une liste dactylographiée, etc.

Pour les écritures manuscrites, cela n’est pas encore possible, mais nous pouvons imaginer que d’ici peu ce sera chose faite. Ainsi, lors du congrès Rootstech de 2015 aux USA, nous avons appris que diverses sociétés travaillaient sur des procédés de reconnaissance automatique de l’écriture humaine. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements, mais imaginez donc qu’en quelques minutes, grâce à un système de numérisation/OCR instantané, on puisse retranscrire par exemple tout le contenu d’une liasse notariale… Très probablement, cela sera parfaitement réalisable dans quelques années, et peut-être en moins de temps que nous l’imaginons.

Quant aux traductions d’une langue à l’autre, divers outils sont déjà disponibles sur Internet, plus ou moins efficaces, et il n’y a pas de raison pour qu’ils ne s’améliorent pas. Un jour viendra probablement ou la traduction automatique d’un texte dans une langue sera parfaite dans une autre langue.


lieux.jpgPour mieux comprendre comment vivaient nos ancêtres, les seuls moyens à notre disposition sont du domaine culturel, avec la lecture d’ouvrages spécialisés. Cela ne changera pas, à la différence près que les sources utilisées pour ces livres seront beaucoup plus nombreuses : archives télévisuelles (c’est déjà le cas aujourd’hui) et surtout, archives de l’Internet et des réseaux sociaux, qui permettront de se replonger dans les textes, photos, discussions, échanges que nous visons au quotidien… à coup sûr une mine d’or pour les généalogistes du futur désireux de comprendre comment nous vivons !

Il reste néanmoins improbable, sauf dans un futur très éloigné, de pouvoir faire comme ce qui est décrit dans la nouvelle : goûter à des plats anciens ou sentir la brise et les odeurs du passé de façon virtuelle (on pourra par contre tout à fait recréer en cuisine ce que nous mangeons si les matières premières existent toujours).

A suivre… : dans une prochaine note, nous nous attarderons sur d’autres aspects de l’avenir de la généalogie : le brassage des populations, la collecte de l’information et sa pérennité, les nouveaux services et leur coût, l’évolution de la société.

 

8 commentaires Voir les commentaires précédents


23/04/2016

bonjour
comment peut-on encore se concentrer sur la généalogie des pères ,
alors que seules les mères sont à 90´% l’origine notre patrimoine génétique
j’ai débuté cette recherche pas commode car les patronymes changent presqu’à chaque tour
comme tout un chacun j’ai aussi établi ma genealogie
mon refrain pour convaincre ; maman bien sûr papa peut être si les pères essaimaient ailleurs et ils ne s’en privaient pas. ils n’ont pas laissé leurs empreintes génétiques durant les croisades les révolutions, les guerres…que je sache ni de reconnaissances paternelles durant leurs escapades
il serait temps de remettre les pendules à l’heure
cordialement ZARZUELA


Bonjour
Si le procédé n’est pas encore répandu dans le grand public, il existe pourtant déjà à ce jour dans les centre de tri postaux, des machines capables de décrypter les adresses manuscrites

Cordialement
Patrice


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