Publier sa généalogie (1) : “Brins d’histoires”, un éditeur spécialisé

Le 2 juil. 2014 par Frédéric Thébault

brinsdhistoires.jpgOn le sait bien, une recherche généalogique n’est jamais terminée, car tant qu’il reste des archives, quelque part, il reste de l’espoir. Mais chaque généalogiste le sait aussi : rien ne vaut une généalogie que l’on communique à ses proches afin de leur partager le plaisir de découvrir la vie de ses ancêtres. L’aboutissement d’une généalogie, c’est la publication de celle-ci, qui prend souvent la forme d’un livre.

Le principal écueil auquel nous sommes tous confrontés, une fois que nous avons soigneusement rempli notre arbre sur Geneanet, que nous avons collecté archives numérisées, extraits d’ouvrages anciens, photos, cartes postales, souvenirs personnels et que nous avons réuni tout cela pour le confronter à l’histoire locale et à la Grande histoire, c’est la synthèse de ces informations et leur mise en forme.

Nombreux sont ceux qui font ce travail via un site web personnel, ou via la Chronique Familiale proposée par Geneanet. Mais un site web n’est pas pérenne, ou du moins il l’est sur une durée limitée. Il n’est pas non plus facile à consulter, même si les tablettes simplifient aujourd’hui la tâche.

Le livre ou le fascicule, quel que soit son format, reste la solution la plus évidente, même à une époque de progrès numériques comme la nôtre.

Mais la tâche dépasse alors celle du simple chercheur d’ancêtres. Il faut prendre sa plume pour raconter des histoires et être à l’aise avec la rédaction, il faut numériser des photos et savoir faire de la retouche, il faut être capable de faire de la maquette en utilisant un logiciel de montage de pages, il faut connaître les impératifs d’imprimerie… bref ce n’est pas donné à tout le monde.

Nous vous proposons de découvrir le travail proposé par un éditeur “clé en main”, Brins d’Histoires. Ses réalisations nous ont enthousiasmé, aussi nous avons voulu en savoir plus en questionnant Gwen Guidou et l’une de ses clientes.

1/ Vidéo : rencontre avec Gwen Guidou et sa cliente

2/ Brins d’histoires

Quels sont les différents types de livres que vous proposez ?

À travers toute une palette de services habituellement réservés aux professionnels, je permets aux particuliers d’accéder à un accompagnement personnalisé pour concrétiser leur idée de livre ou simplement obtenir un coup de pouce pour mener au bout un projet d’écriture personnel.

J’ai commencé en travaillant une manière ludique et originale de présenter un résultat de recherches généalogique en un livre illustré mêlant souvenirs de famille et anecdotes historiques. Au fil des demandes, mon offre s’est étoffée vers tous types de livres en tirage privé. J’ai réalisé aussi bien des livres de généalogie familiale, que des récits de vie alliant textes et photos de famille, mais aussi la mise en valeur d’une correspondance ancienne ou d’un journal manuscrit ou encore des livres souvenirs sur un voyage ou une tranche de vie familiale. Parfois il s’agit d’un cadeau pour une occasion particulière (anniversaire, mariage, cousinade), sinon cela répond à la volonté de préserver des souvenirs qui leur tiennent à cœur.

À qui s’adressent les livres que vous fabriquez, y a t-il un profil-type de client ?

Non, il n’y a pas vraiment de profil type, je travaille avec des personnes très différentes et de tout âge. Certains viennent me confier un projet qu’ils n’ont pas le temps de faire eux-mêmes, d’autres s’adressent à moi pour être épaulés sur certains aspects de la création d’un livre car ils ne savent pas comment s’y prendre. Mais ils ont tous un point commun : les livres des familles sont destinés à toutes les générations et il y a toujours en tâche de fond la volonté de transmettre une histoire commune !

Le client a t-il un canevas particulier à respecter lors de sa demande, ou agissez-vous comme un artisan en fournissant un produit sur mesure ? De quels éléments avez-vous besoin pour préparer un livre ?

Avant tout, j’ai besoin de savoir ce que les familles veulent y mettre ! Comme il n’y pas de canevas ou de modèle type (sauf éventuellement les livres de généalogies qui sont toujours structurés autour des générations de l’arbre), tout est à la carte. Les familles peuvent me soumettre n’importe quel projet, dès lors que la diffusion du livre reste non commerciale.

Pour le style du livre, je pars toujours de l’envie des familles, qui ont, soit une idée en tête, soit un exemple de livre qui les inspire. Ensuite nous nous mettons d’accord sur qui fait quoi. Il y a par exemple certains points où je ne peux pas me substituer à la famille, par exemple pour rassembler les photos et savoir qui y figure.

Pour les arbres livres généalogiques, la généalogie de la famille est le point de départ pour l’écriture de l’histoire familiale. D’ailleurs, l’arbre fourni comme point de départ était en fait un GEDCOM extrait depuis leur compte utilisateur Geneanet. A partir du contenu de l’arbre et des documents de la famille, je me charge de rédiger les portraits des ancêtres, en m’appuyant sur une recherche documentaire qui permet d’enrichir les parcours d’anecdotes sur les métiers ou l’histoire locale.

Sur quels aspects insistez-vous lors de la création, l’aspect ludique est-il important ?

Dans les livres que je créé avec les familles, j’ai en permanence le souci d’avoir un contenu intéressant et complet, mais aussi une mise en page illustrée et colorée. Il y a souvent plusieurs niveaux de lecture des livres que je réalise : lire le texte principal de bout en bout ou simplement papillonner de page en page à la découverte des photos, dessins et graphiques qui agrémentent l’histoire familiale.

Lorsque l’on vous commande un livre qui porte sur une généalogie sur plusieurs familles et plusieurs générations, aux histoires différentes, n’est-il pas difficile d’être complet dans le travail fourni ?

Bien sûr, il est impossible d’être exhaustif sur l’histoire d’une famille, les amateurs de généalogie le savent bien, les possibilités de recherche sont infinies et une généalogie n’est jamais vraiment terminée !

Généalogiste amateur moi-même, j’ai été confrontée au fait de figer mes recherches. Mais en fait, l’arrivée du livre a été l’occasion de faire de nouvelles découvertes en récoltant des documents que l’on pensait m’avoir déjà donné et qui dormait tranquillement dans un tiroir ! Aujourd’hui, je vois les choses tout autrement, une fois qu’un livre est réalisé, c’est très simple d’envisager quelques années plus tard une réédition augmentée. De plus lorsque les enfants d’aujourd’hui seront devenus grands, ils voudront probablement eux aussi transmettre le fil de cette histoire à leurs enfants…

Pour faire un livre de l’histoire d’une famille, tout dépend du contenu de la généalogie et de l’angle qui sera choisi. Il y a les choses qui se sont perdues, les secrets qui n’ont jamais été révélés, ce que les documents ne disent pas, etc. Mais mon expérience montre qu’il y a toujours quelque chose de passionnant à raconter : parfois on focalise sur les migrations qui ont eu lieu, pourquoi et dans quelles conditions les ancêtres ont quitté un lieu pour s’installer ailleurs. D’autres fois au contraire, c’est l’attachement à une région qui est au centre de l’histoire, on s’attarde alors plus à présenter les générations qui se sont succédé dans un village. Il y a aussi des cas où certains destins particuliers sont mis en valeur par rapport aux autres ancêtres sur lesquels il y a moins de choses à raconter…

Dans tous les cas, pour aboutir à un résultat intéressant, la généalogie et les informations sur les ancêtres doivent être un minimum étoffées : on peut remonter très loin dans le temps, mais sans les lieux, les métiers, les frères et sœurs, le résultat sera plutôt fade. Mieux vaut donc une petite généalogie bien documentée, qu’une liste interminable de noms sans information précise.

Combien de temps cela prend-il ?

Tous les projets étant différents, les délais sont très variables. Cela dépend pour une grande partie de la famille, notamment pour rassembler les informations et documents au départ. A partir du moment où j’ai tous les éléments en main, il me faut en général un mois pour soumettre un premier brouillon. Puis le livre fait en moyenne 2 à 3 aller-retour pour prendre en compte les ajustements demandés par la famille avant de partir à l’impression.

Quelle gamme de prix pratiquez-vous ? Peut-on faire des achats groupés ?

Il y a d’abord le temps à passer pour la création du livre, qui sera le même que l’on imprime un exemplaire unique ou une série de 50 livres pour la famille. Le tarif sera fixé selon le travail à fournir et le temps à passer.
Bien sûr si le texte est déjà rédigé et les photos déjà scannées, le tarif sera moins coûteux que si tout est à faire. Ensuite, on y ajoute les coûts d’impression qui sont dégressifs selon les quantités. L’intérêt est donc de se regrouper pour amortir la prestation et atteindre un prix par exemplaire intéressant.
Il y a toujours une discussion préalable afin d’émettre une proposition réaliste par rapport aux envies et au budget de la famille.

Y a t-il des choses que vous ne faites pas et si oui, lesquelles et pourquoi ?

J’ai créé Brins d’Histoires pour rendre accessible aux familles l’édition de leurs propres livres, pour des occasions spéciales ou pour le plaisir de partager et transmettre une part de leur mémoire familiale. C’est pourquoi, les seuls projets de livres que je refuse sont ceux à vocation commerciale. Chercher à se faire publier nécessite une démarche différente et un réseau de distribution que je ne souhaite pas développer, car il y a déjà des maisons d’édition qui font cela très bien et à qui j’adresse ces demandes.

Quels conseils préalables donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite vous commander un ouvrage ?

Déjà, avant de parler de commande, il y a l’étude du projet et du devis. Il ne faut donc pas hésiter à le faire chiffrer et demander un devis. C’est gratuit !
Pour ce qui est des conseils, il y en a 2 que je donne presque systématiquement aux gens que je rencontre :

  1. Ne pas hésiter à prendre le temps de refaire le tour de la famille pour demander s’il ne reste pas des photos de famille dans un grenier ou un placard. Le lancement du projet de livre dans une famille est presque toujours l’occasion de retrouver des documents oubliés.
  2. Ne pas se sous-estimer lorsque l’on a écrit un texte. L’exigence des lecteurs n’est pas la même qu’un roman d’un grand écrivain : les proches apprécient toujours plus l’effort qui a été fourni pour aboutir à ce résultat, que le style intrinsèque de l’écriture. D’autant qu’il est aussi possible de l’améliorer ensemble si nécessaire !

> Le site de Brins d’Histoires

4 commentaires

J’ai pris contact j’attend un retour :)
JF


je prendrai plus tard un contact plus constructif car j’ai un projet comprenant tableaux généalogiques, récits, anecdotes et photos, pour éditer sous forme de livre 50 ou 100 exemplaire selon le prix, pour l’instant je me demande seulement sous quelle forme doivent être présentés les documents de base…
at


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