Les archives hospitalières de Paris en ligne

Le 28 déc. 2011 par Frédéric Thébault

vignhosp.jpgDepuis quelques jours vous pouvez consulter les archives hospitalières de Paris sur le site de l’AP-HP (Assistance Publique et Hôpitaux de Paris) pour les XVIIIe et XIXe siècle (jusqu’en 1870). Cette source pourra s’avérer très précieuse pour ceux qui ont des ancêtres parisiens sur lesquels ils sont bloqués. Présentation du site et tutoriel de recherche.


Une fois n’est pas coutume, nous allons prendre un exemple précis, votre serviteur ayant pu en quelques clics débloquer une branche sur laquelle il était coincé depuis près de vingt ans.

Laurent Besse, marchand de peaux de lapins, est décédé à Paris le 20 novembre 1837. C’est tout ce qu’on sait de lui d’après les registres d’état civil reconstitués, consultables aux archives de Paris (une numérisation nous est promise par le site des AD de Paris). Seule sa femme et ses enfants sont connus, ainsi que son adresse lors des naissances de ses enfants (actes de baptêmes demandés dans les paroisses de Paris).
On ne connait donc ni son âge au décès, ni sa date et son lieu de mariage et encore moins sa date et son lieu de naissance.

Nous nous sommes donc rendus, à tout hasard, sur le site des archives hospitalières de Paris : http://recherche.aphp.fr/

Sur la page d’accueil, on clique soit sur le pavé vert “Registres numérisés de population”, soit sur le menu marron du haut “Explorez les archives” puis “Registres de population”.

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Un formulaire s’offre à vous. La plus grosse difficulté est ici, car il faut savoir dans quel hôpital a pu se rendre votre ancêtre, et cela n’est déductible que si vous connaissez son lieu de vie. Néanmoins, un recherche à l’aveugle dans tous les hôpitaux reste faisable, et c’est même beaucoup moins fastidieux qu’une recherche dans des registres paroissiaux.

Dans le cas de Laurent Besse, il demeurait 8, rue Lenoir, une rue qui n’existe plus aujourd’hui mais qui fait partie de la rue d’Aligre, dans le 12e arrondissement actuel. Une simple consultation sur un plan de Paris et on voit que l’hôpital le plus proche est l’hôpital Saint-Antoine. La logique veut qu’on cherche ensuite sur l’année de son décès : il est possible que celui-ci, son état de santé se dégradant, ait fait un séjour à l’hôpital, voire y soit décédé. Nous avons donc sélectionné l’hôpital Saint-Antoine dans la rubrique “Hôpital”, et la période “entre 1837 et 1837”, sans plus rentrer dans le détail.

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La présentation des réponses est un peu déroutante car il faut encore cliquer à plusieurs reprises, mais cela se fait simplement : on choisit à nouveau son hôpital, puis on déroule les petits menus pour voir ce qu’il y a dedans. “Populations – malades hospitalisés” contient ce que l’on cherche en l’occurrence. Entre parenthèses figure le nombre de registres numérisés consultables sur le site :
– en 1/ sur l’illustration ci-dessous, le répertoire des entrées est à utiliser en premier lieu, il contient les noms des personnes entrées à l’hôpital, par ordre alphabétique,
– en 2/ en second lieu, le registre des entrées complètera la recherche grâce aux détails concernant l’hospitalisation de la personne.aphp1.jpg

En déroulant encore le petit menu, on finit par arriver sur la vignette du document numérisé. La cote précise est indiquée, ainsi que le nombre d’images que contient le registre.

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Un clic sur la vignette et l’image s’affiche en grand dans une pleine page de votre navigateur.

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Un clic sur le petit point d’interrogation, en haut à droite de l’écran, affiche une aide qui vous fournit tout le mode d’emploi des fonctions du visualiseur.

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Le répertoire des entrées est on ne peut plus simple. Une ou plusieurs pages pour une lettre de l’alphabet, puis un classement des noms par mois, puis par numéro d’ordre d’entrée. A l’intérieur de chaque lettre les noms ne sont pas classés, mais on a très vite fait de trouver, le cas échéant, le nom qui nous concerne. C’est le cas ici : Laurent Besse est entré au mois de juin 1837, il porte le numéro 1944. Le chiffre en regard de son prénom est, comme on peut s’en douter, son âge.
Notez que certaines femmes peuvent être classées sous le nom de leur mari, en qualité de “(femme)” ou “(veuve)”, sans prénom mentionné.

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Il faut maintenant revenir sur la page des résultats, et consulter cette fois-ci le registre des entrées. Celui-ci est également classé très simplement : il suffit de regarder la première colonne, classé par numéros d’entrée. On trouve vite le numéro 1944, il s’agit bien de Laurent Besse, 67 ans.
D’autres informations nous sont données : son âge est confirmé, 67 ans, sa profession, marchand, son adresse, qui n’est ici pas celle que nous connaissions mais qui n’est pas très loin, la rue Traversière.
S’ensuit la plus précieuse des informations quand on est dans un tel cas : le lieu de naissance, ici Mazoires, dans le Puy-de-Dôme. Et si des doutes pouvaient subsister, le nom de l’épouse est rappelé ensuite.
Les dernières colonnes contiennent des informations à caractère médical : la nature de la maladie inscrite lors de l’admission (“bronchite”), la salle et le numéro du lit, le numéro attribué aux effets apportés par le malade, la nature de la maladie telle qu’elle est a été reconnue par le médecin (“catharre chronique”) et enfin les dates d’entrée, de sortie, de décès éventuel, le nombre de jours d’hébergement (“112”) et une colonne d’observations.

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Retrouver par la suite la naissance de votre ancêtre sera nettement moins difficile maintenant s’il n’est, évidemment pas né à Paris. Quant à Laurent Besse, il est décédé un mois plus tard après sa sortie de l’hôpital, mais il n’est plus le dernier maillon de la chaîne et ses parents, grands-parents, frère, soeurs, oncles et tantes ont désormais rejoint la liste des ancêtres du rédacteur de cette note…

Bonnes recherches à tous !

[ les archives hospitalières de Paris ]

Les archives hospitalières sont d’un intérêt crucial pour quiconque à des ancêtres à Paris, et leur bénéfice considérable, c’est qu’elles restent assez rapidement consultables. Un projet d’indexation vient d’être lancé et nous lançons l’appel : si vous souhaitez participer au dépouillement, suivez ce lien !

 

IMPORTANT (décembre 2015) : le site des archives hospitalières est en panne depuis plusieurs mois, Geneanet attend, comme vous, qu’une solution soit trouvée par les services informatiques compétents desdites archives. Nous espérons tous une prochaine remise en ligne.

 

37 commentaires Voir les commentaires précédents

toujours inaxessible dommage


Gilles FISSEUX
10/06/2019

Pourquoi les Archives en ligne des AP-HP sont encore inaccessibles ?


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