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Que signifie “Baptisé sous condition” ?

Le 29 mars 2011 par Frédéric Thébault

Cette semaine, une question de Joëlle Fragner :

Sur l’acte de naissance d’un de mes ancêtres né à Guiscriff (Morbihan-56) le 19/03/1792, il est mentionné : Joseph Saint-Jalme ondoyé en la demeure dans le cas de nécessité par Marguerite Legrande et baptisé ce jour sous condition. Pouvez-vous m’expliquer ce que cela veut dire ?

Le baptême efface le pêché originel. Un enfant mort sans baptême est condamné à errer éternellement dans les limbes. C’est pourquoi les registres paroissiaux d’Ancien régime témoignent du baptême le jour même de la naissance. Qu’il vente, neige ou grêle pour aller à l’église, peu importe : baptisé un enfant mort sera un ange au ciel, évitera cette vallée de larmes, priera Dieu pour ses parents, sera un intercesseur et un protecteur.

Le baptême assure à l’enfant son éternité et lui permet d’être enterré dans l’enclos paroissial. Un enfant mort-né ou en danger de mort à la naissance, reçoit deux actes ; immédiatement, il est “ondoyé” par la sage femme ; acte lui ouvrant le ciel en cas de décès.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la sage-femme était nommée par le curé et prêtait serment. Pendant ce temps, une autre ‘commère’ courre chercher le curé. L’enfant  est conduit rapidement dans la chapelle la plus proche (nombreuses sous l’Ancien régime en Bretagne), l’ondoiement n’étant pas un baptême.

Dans la chapelle le prêtre baptise alors le nouveau né « sous condition » : il suffit que les témoins attestent qu’ils ont aperçu un mouvement du cœur, un semblant de respiration, le tressaillement d’un doigt, un souffle … cela suffit ; un miracle qui n’étonne guère, tant est grand le désir de baptiser ; dans une chapelle souvent sombre ou à la bougie, l’enfant mort, retrouve la vie quelques instants, le temps de recevoir le baptême ; le prêtre le baptise alors « sous condition », prononçant la formule typique : « enfant, si tu es digne de baptême, je te baptise …. ».

Les historiens appellent ces chapelles ou sanctuaires, des « sanctuaires à répit » : pour quelques instants l’enfant mort revit, le temps du baptême. Dans le Morbihan, la scène se passe en breton ; le prêtre parlant latin et breton. Bibliographie : voir le hors série sur la naissance publié par la Revue Française de Généalogie

Christine LESCENE généalogiste à Blois
Alain CHAPELIER généalogiste dans les Ardennes
Pour la CSGHF


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