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Le Grand Hiver (1709) , 1709

Grand Hiver

Grand Hiver

Année 1709 Corbeilles, Loiret, France

"Cete année 1709 commença avec le plus cruel, le plus grand, et le plus désolant froid qu'on ait peut-être jamais senti en France dans scete paroisse il ne resta point de bled du tout, en sorte qu'il n'y eut pas un demi boisseau de bled de disme ; encore estoit ce de bled fait en mars. Les noyers qui couvroient tout ce pais et qui avoient la plupart plus de 200 ou 300 ans, gros comme des tonnes furent tous gelées et mis en cordes pour brûler. Il y en avait 301 dans les terres de la cure. Pour vivre...

"Cete année 1709 commença avec le plus cruel, le plus grand, et le plus désolant froid qu'on ait peut-être jamais senti en France dans scete paroisse il ne resta point de bled du tout, en sorte qu'il n'y eut pas un demi boisseau de bled de disme ; encore estoit ce de bled fait en mars. Les noyers qui couvroient tout ce pais et qui avoient la plupart plus de 200 ou 300 ans, gros comme des tonnes furent tous gelées et mis en cordes pour brûler. Il y en avait 301 dans les terres de la cure. Pour vivre on ressema de l’orge qui valut jusqu’à 15 livres la mine et 10 jusqu’après la moisson. Le blé valait jusqu’à 25 livres la mine. Il en fut même vendu jusqu’à 90 livres le sac en Beauce. L’avoine qui était, avec la vesce et les sœurs, la nourriture des pauvres, valut jusqu’à 5 livres la mine, mais la Providence eut pitié des habitants de la terre qui mouraient de faim, car les grains commencèrent au commencement de l'année 1710 à bien diminuer, de sorte qu’à Pâques suivant, le blé vint à 6 livres la mine, l’orge 1 écu 10 sols et l’avoine 40 sols la mine. Nonobstant cela, depuis la Toussaint 1709, la mortalité commença à Montargis et se répandit par tout le pays et le royaume. On en enterra jusqu’à 25 et 28 en un jour à Montargis. Elle attaqua cette paroisse au mois de mars 1710 et il mourut plus de soixante personnes depuis 20 ans et au-dessus et, y compris les pauvres, plus de 100, et elle dura jusqu’à la St Martin d’hiver ensuivant. Il mourut aussi cette année plus de 150 curés dans le diocèse de Sens. Les riches contractèrent la maladie des pauvres qui vinrent dans le Gâtinais chercher du pain, le regardant comme le meilleur et le plus abondant en orge, quoique cette paroisse n’ait recueilli que la moitié de ce qu’elle devait, les herbes et comme on dit les amazodes les ayant étouffés en partie à cause des pluies continuelles qui régnèrent dans tout le printemps jusqu’à la moisson. En un mot, en moins de 18 mois, par un coup du Très Haut, on vit le blé à 25 livres et a 3 livres la mine mesure de Corbeilles."

Autorisation de manger de la viande pendant le carème

Autorisation de manger de la viande pendant le carème

Année 1709 Haute-Rivoire, Rhône, France

En l'année mil sept cent neuf l'on mangea la viande dans le diocèse pendant le carème par une permission expresse a cause du grand froid qu'il avoit fait pendant l'hiver.

La cinquième partie du peuple et même davantage mourut de faim

La cinquième partie du peuple et même davantage mourut de faim

Année 1709 Colombier-en-Brionnais, Saône-et-Loire, France

Dans l'année 1709, le fort de l'hyvert se prit la veille des Roys, le 5 janvier, par une rigoureuse, et épouvantable bize, et par une cruelle gelée qui dura le reste du mois et davantage : le froid fut si rude et si terrible, que les noyers et les châtaigniers, les cerisiers et quantité d'autres arbres moururent ; mais le plus grand mal fut que les froments et les seigles gelèrent en terre et se perdirent entièrement, ce qui causa cette chère année et cette chèreté de grains qui n'a guère de semblables, Car la famine fut si grande que...

Dans l'année 1709, le fort de l'hyvert se prit la veille des Roys, le 5 janvier, par une rigoureuse, et épouvantable bize, et par une cruelle gelée qui dura le reste du mois et davantage : le froid fut si rude et si terrible, que les noyers et les châtaigniers, les cerisiers et quantité d'autres arbres moururent ; mais le plus grand mal fut que les froments et les seigles gelèrent en terre et se perdirent entièrement, ce qui causa cette chère année et cette chèreté de grains qui n'a guère de semblables, Car la famine fut si grande que l'on fut contraint de manger pendant longtemps du pain de fougère et de gland, et que la cinquième partie du peuple et même davantage mourut de faim, surtout les petits enfants. Enfin on ne peut se ressouvenir d'un si triste temps que l'on ne tremble et que les cheveux ne se hérissent, surtout quand l'on se remet devant les yeux comme la faim avoit défiguré le visage des pauvres et même quantité de personnes commodes et aisées qui par malheur ne se trouvèrent point de grain, ceux qui souffraient la faim étoient noirs, hideux et épouvantables et jettoient des cris qui faisoient compassion, même souvent ils retomboient morts, marchants par les chemins ; le froment vallu jusqu'à 10 livres le boisseau, le seigle 7 livres 10 sols et le vin se trouva si rare que le meilleur marché étoit de 100 livres la botte ; les meilleures maisons n'avoient que du cidre pour leur boisson et qu'il y eut des prêtres qui furent contraints de s'abstenir de dire la messe faute de vin. Dans la commune de Colombier, ou il n'y a guère que 200 communiants ou environ, on y fit depuis Pâques jusqu'à la Saint Martin 72 enterrements, les deux tiers d'enfants.

Réçit de l'Hyver 1709

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Réçit de l'Hyver 1709

Année 1709 Humbert, Pas-de-Calais, France

L’hyver qui comença à la St André de l’année 1708 et qui finit au mois d’avril 1709 a causé touttes les disgrâces qui sont cy après exprimées. Il a esté si rude que de mémoire d’homes on ait jamais vû de pareil. La gelée a esté si forte qu’elle glaçoit tout ce qui étoit liquide jusque dans les caves et mêmes dans le fours. Quantité d’arbres et autres plantes ont péris par la rigeur du froid telle que pomiers, poiriers et autres arbres frutiers come noyers, vignes, mesmes jusqu’au houes et buys qui sont les bois les plus durs de...

L’hyver qui comença à la St André de l’année 1708 et qui finit au mois d’avril 1709 a causé touttes les disgrâces qui sont cy après exprimées. Il a esté si rude que de mémoire d’homes on ait jamais vû de pareil. La gelée a esté si forte qu’elle glaçoit tout ce qui étoit liquide jusque dans les caves et mêmes dans le fours. Quantité d’arbres et autres plantes ont péris par la rigeur du froid telle que pomiers, poiriers et autres arbres frutiers come noyers, vignes, mesmes jusqu’au houes et buys qui sont les bois les plus durs de ce pays. Mais ce qui a le plus désolé le peuple est que la grande quantité de neige qu’il a tombé par trois ou quatres reprises poussé par les vents de midy decouvroit les campagnes et remplissoit les vallées en telle abondances qu’il estoit moralement impossibles de marcher à pied et encore moins à cheval. Ces neiges et gelées furent suivies d’une pluye abondantes qui dura tout le long du mois d’avril, après lesquelles on s’est appercu universellement dans tout le paÿes que les blez et autres grains d’hyver étoient générallement péris, ce qui a causé une telle chereté de grains que le blez a vallu dans le mois de maye 1709 quarante livres le septier, mesures de Montreüil, le soucrion a vallu trente sols le boysseaux, la paumelle quatre livres le boisseaux, le blez sarazin ou bocquys quatre livres quinze sols aussy le boisseaux de Montreüil, l’avoines a vallu une pistole ou dix livres le septiers et on a esté obligé de rassemencer touttes les terres où on avoit semé du blez l’après aoust précédent. Il paroit à présent que les bas grains seront en abondances, ils la promettent par les pluyes fréquentes qui arrosent les campagnes. Voila une parties des misères qui nous accablent et qui causent une famine très grande dans le temps que j’aye la main à la plume pour les descrires affin de les laisser à lire à ceux que Dieu envoyra après nous au gouvernement de cette paroisse d’Humbert ou à ceux qui les liront affin qu’ils puisse par la connoissance qu’ils auront par ce moyen prendre leurs mesures en pareil accident que celuy qui nous réduit dans une misère si grande que celle que nous ne pouvons empêcher de voir souffrir à la plus saine partie du peuple que la providence a comis à nos soins étant hors d’état de les secourir par la suitte. Si Dieu par un effet de sa main toutte puissante n’arrête le cour de ces calamités par la récolte des bas grains que nous espérons qu’elle nous donera et dont nous serons heureux de pouvoir usé au lieu de blez dont il n’est nullement question d’attendre de faire récolter car je donerois sans exagérer le produit de mes dixmes qui année pour autres me fournissoit quatorze cent de grains l’hyver pour dix gerbes cette année icy. Tout ce que dessus n’excède en rien les bornes de la vérité, les choses étant ainsy que je les exprime et c’est en foy de tout ce que dessus que j’aye signé ce jourdhuy septième jour du mois de juin de l’année mil sept cent noeuf. François Delaporte, prêtre curé d’Humbert

18 jours de froid

18 jours de froid

Année 1709 Saint-Sauveur, Haute-Garonne, France

Fera mémoire à perpétuité que cette année, le lendemain des rois, il fist un si grand froid pendant 18 jours qu'il tua les vignes, les chênes, les arbres, le vin glaça dans le toneaux, la terre s'entrouvroit avec bruit, les chênes se tendoit avec esclat, tout étoit glacé, enfin jamais homme n'avoit veu rien de semblable, il n'y eu presque point de vin ; on attendoit que les souches pousseroient mais la sève étoit éteinte, il n'y eut que ceux qui le coupèrent à pied qui l'année suivante eurent des raisins ; on remarca que pour empêcher la glace dans...

Fera mémoire à perpétuité que cette année, le lendemain des rois, il fist un si grand froid pendant 18 jours qu'il tua les vignes, les chênes, les arbres, le vin glaça dans le toneaux, la terre s'entrouvroit avec bruit, les chênes se tendoit avec esclat, tout étoit glacé, enfin jamais homme n'avoit veu rien de semblable, il n'y eu presque point de vin ; on attendoit que les souches pousseroient mais la sève étoit éteinte, il n'y eut que ceux qui le coupèrent à pied qui l'année suivante eurent des raisins ; on remarca que pour empêcher la glace dans les selliers il falloit y faire de la fumée, le dégel arriva le 21e jan. il rompit la chaussée du basacle en certains endroits Garonne étoit glacée jusqu'à la base, ce qui causa presque la ruine de tout le poisson.

Témoignage sur le grand hiver

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Témoignage sur le grand hiver

Année 1709 Saint-Berthevin-la-Tannière, Mayenne, France

Dans cette année1709 nous pouvon dire avoir
eu le grand hyver puisque viron le dix janvier
quinze jours durent viron le vingcinq fevrier
il a fait un froid qui surpasse celuy de memoire d’homme
tous les jardinag(y)es, perdus, les lauriers se sont
perys, lhiere, les houx, les chataigners, noyers,
morts, les poiriers la plus part ont perys les entes bien
endomagées, tous les bleds seigles, froment rouges, lins
en plusieurs pays ont eté perdus par le froid, les vignes
touttes mortes selon le raport de plusieurs du pais de
vignobles. quantité de personnes morts de froid on m a
dit qu’a paris on en voyait quelques fois par jour 80 ou
cent...

Dans cette année1709 nous pouvon dire avoir
eu le grand hyver puisque viron le dix janvier
quinze jours durent viron le vingcinq fevrier
il a fait un froid qui surpasse celuy de memoire d’homme
tous les jardinag(y)es, perdus, les lauriers se sont
perys, lhiere, les houx, les chataigners, noyers,
morts, les poiriers la plus part ont perys les entes bien
endomagées, tous les bleds seigles, froment rouges, lins
en plusieurs pays ont eté perdus par le froid, les vignes
touttes mortes selon le raport de plusieurs du pais de
vignobles. quantité de personnes morts de froid on m a
dit qu’a paris on en voyait quelques fois par jour 80 ou
cent morts de froid.
La perte de tous les grains par le froid à causé une
cherté jointe avec la disette excepté les avoinnes
en ces pais, et orges en le haut pais, et aussy les
froments noirs en ce pais … qui ont un peu soulagé
les bleds seigles à goron (ditte mesure ?) y à vallu
douze livres six sou le plus haut prix mais le
commun prix à eté pendant plusieurs mois neuf
dix livres. les froments noirs au temps de la
semaison de 1709 y a vallu huit livres le plus haut
prix mais le prix commin, quatre, cinq, six
livres, les avoinnes menuës y sont allée jusques à
cinquante cinq sou, le commun prix quanrante
quarante cinq sou les grosses avoinnes trois livres
dix huit sou le plus haut prix mais de
un ecu le commun.
le cidre de normandie à couté cent livres le
tonneau on le vendoit à mayenne huit sou le pot
en ces pays icy six sou sept sou le pot. Le
vin blanc ving, vingquatre, vinghuit sou le pot
le rouge d anjou trente sou.
le pain à paris y à vallu huit sou la livre petit
poids beaucoup de temps mais le prix commun 6-7
sou.
le pain de froment rouge fort rare en ces pais
on ne voyait commmunement en marches et cher les
boullangers que du pain de froment nois ou sarasin
ou d avoinne.

Dans cette année1709 nous pouvon dire avoir
eu le grand hyver puisque viron le dix janvier
quinze jours durent viron le vingcinq fevrier
il a fait un froid qui surpasse celuy de memoire d’homme
tous les jardinag(y)es, perdus, les lauriers se sont
perys, lhiere, les houx, les chataigners, noyers,
morts, les poiriers la plus part ont perys les entes bien
endomagées, tous les bleds seigles, froment rouges, lins
en plusieurs pays ont eté perdus par le froid, les vignes
touttes mortes selon le raport de plusieurs du pais de
vignobles. quantité de personnes morts de froid on m a
dit qu’a paris on en voyait quelques fois par jour 80 ou
cent morts de froid.
La perte de tous les grains par le froid à causé une
cherté jointe avec la disette excepté les avoinnes
en ces pais, et orges en le haut pais, et aussy les
froments noirs en ce pais … qui ont un peu soulagé
les bleds seigles à goron (ditte mesure ?) y à vallu
douze livres six sou le plus haut prix mais le
commun prix à eté pendant plusieurs mois neuf
dix livres. les froments noirs au temps de la
semaison de 1709 y a vallu huit livres le plus haut
prix mais le prix commin, quatre, cinq, six
livres, les avoinnes menuës y sont allée jusques à
cinquante cinq sou, le commun prix quanrante
quarante cinq sou les grosses avoinnes trois livres
dix huit sou le plus haut prix mais de
un ecu le commun.
le cidre de normandie à couté cent livres le
tonneau on le vendoit à mayenne huit sou le pot
en ces pays icy six sou sept sou le pot. Le
vin blanc ving, vingquatre, vinghuit sou le pot
le rouge d anjou trente sou.
le pain à paris y à vallu huit sou la livre petit
poids beaucoup de temps mais le prix commun 6-7
sou.
le pain de froment rouge fort rare en ces pais
on ne voyait commmunement en marches et cher les
boullangers que du pain de froment nois ou sarasin
ou d avoinne.

Cultures détruites par les gelées du grand hiver 1709

Cultures détruites par les gelées du grand hiver 1709

Année 1709 Corlée (Langres), Haute-Marne, France

Le curé décrit la perte des cultures par le gel et l'inflation des prix.

Hiver 1709

Le 5e janv. 1709 commança une gelée qui etonnera tous les seiscles suivants. Dans la premiere nuit tout fut gelé jusqu'au plus grosses revieres sur lesquelles on marchois avec autant d'assurance que sur la terre la plus ferme, elle dura trois semaines. il en vint une autre 8 ou 10 jours apres qui, presque moins vive, gela tous les bleds.
Sur la fin de Mars et au commancement d'Avril que commancant a croitre les bleds, il ne se trouva rien dans les champs qui paroissoient etre tout normallement labourés. le cherté des vivres qui commança un peu auparavant fut...

Le 5e janv. 1709 commança une gelée qui etonnera tous les seiscles suivants. Dans la premiere nuit tout fut gelé jusqu'au plus grosses revieres sur lesquelles on marchois avec autant d'assurance que sur la terre la plus ferme, elle dura trois semaines. il en vint une autre 8 ou 10 jours apres qui, presque moins vive, gela tous les bleds.
Sur la fin de Mars et au commancement d'Avril que commancant a croitre les bleds, il ne se trouva rien dans les champs qui paroissoient etre tout normallement labourés. le cherté des vivres qui commança un peu auparavant fut extreme en ce temt la le bled fut jusqu'à 9 et dix livres la mesure ces pays cy furent depeuplés, et ceux qui resterent moururent presque tous de fain. la terre fachée de ne rien produite, ramassa toutes ses forces pour multiplier les semis que lon sema par tout, et l'abondance fut si grande qu'elle mit fin a la cherté sur la fin de juillet de la meme année.

Hiver extraordinaire

Hiver extraordinaire

06/01/1709 - 22/01/1709 Férolles, Loiret, France

"Le froid a été si apre depuis le 6 jusqu'au 22 janvier que la pluspart des arbres sont gelés, surtout les noiers, peschers, abricotiers, chateiniers, dont il n'est presque point resté, étant d'aucuns aussi secs que s'ils étoient abbatus il y a dix ans.
Tous les blés furent entièrement perdus et on fut obligé de les défaire pour y mettre de l'orge qui, ne valant que vingt sols la mine quelque tems avant la gelée, vint bientôt à douze livres.
Pour les vignes il n'y eut que le sarment de gelé, de sorte que les aiant coupés sur [louche ?], elles repoussèrent...

"Le froid a été si apre depuis le 6 jusqu'au 22 janvier que la pluspart des arbres sont gelés, surtout les noiers, peschers, abricotiers, chateiniers, dont il n'est presque point resté, étant d'aucuns aussi secs que s'ils étoient abbatus il y a dix ans.
Tous les blés furent entièrement perdus et on fut obligé de les défaire pour y mettre de l'orge qui, ne valant que vingt sols la mine quelque tems avant la gelée, vint bientôt à douze livres.
Pour les vignes il n'y eut que le sarment de gelé, de sorte que les aiant coupés sur [louche ?], elles repoussèrent mais elles ne firent point de fruit dans l'année ou très peu.
Il y eut aussi grande quantité de vin perdu, les poinçons [...] les fonds quoy qu'ils fussent bien barrés."

Témoignage du Grand Hiver 1709 à Bessières

Témoignage du Grand Hiver 1709 à Bessières

26/01/1709 Bessières, Haute-Garonne, France

« Nota qu'en 1709 le froid commença le 6e janvier jusqu'au 26 et 27 et glaça tel que la rivière de Tarn étoit entièrement glacée jusqu'à Castres et au-delà. Le froid fut si extraordinaire que les gens étoient obligés de couper le pain avec des haches. La plus grande partie des grains se perdit, le ???, pois, fèves, les arbres mêmes comme figuiers, pigniers, aubergers et autres et presque toutes les souches des vignes, les noyers, châtaigniers et beaucoup de chesnes noirs et les oliviers dans les pays bas. Et au rapport de Mezeray presque pareille chose arriva en 1608...

« Nota qu'en 1709 le froid commença le 6e janvier jusqu'au 26 et 27 et glaça tel que la rivière de Tarn étoit entièrement glacée jusqu'à Castres et au-delà. Le froid fut si extraordinaire que les gens étoient obligés de couper le pain avec des haches. La plus grande partie des grains se perdit, le ???, pois, fèves, les arbres mêmes comme figuiers, pigniers, aubergers et autres et presque toutes les souches des vignes, les noyers, châtaigniers et beaucoup de chesnes noirs et les oliviers dans les pays bas. Et au rapport de Mezeray presque pareille chose arriva en 1608 en janvier, ayant commencé le 21 décembre, jour de St-Thomas.»

l'hiver 1709 dans l'Aisne

l'hiver 1709 dans l'Aisne

12/1709 Taillefontaine, Aisne, France

La Postérité remarquera qu'en cette année 1709 le grand froid de l'hyver ayant commencé la veille des Roys a reigné l'espace de trois mois avec une telle violence, que de mémoire d'homme, on n'y a point témoigné de semblable en force que presque toute l'Europe, en a été vivement affligée, que tous les bleds ont été gelés, n'en ayant recueilli dans cette paroisse au lieu de douze ou quinze muids que trois pièces, deux pièces de bled froment, et l'autre de seigle, et n'a pas été plus heureux dans la récolte du vin,...

La Postérité remarquera qu'en cette année 1709 le grand froid de l'hyver ayant commencé la veille des Roys a reigné l'espace de trois mois avec une telle violence, que de mémoire d'homme, on n'y a point témoigné de semblable en force que presque toute l'Europe, en a été vivement affligée, que tous les bleds ont été gelés, n'en ayant recueilli dans cette paroisse au lieu de douze ou quinze muids que trois pièces, deux pièces de bled froment, et l'autre de seigle, et n'a pas été plus heureux dans la récolte du vin, puisqu'on n'en aurait pas recueilly pour faire une pinte de vin, la moitié des arbres fruitiers ont été perdus, tous les noyers sont morts et les hommes qui se sont trouvés engagés dans le voiage ont été trouvés morts, aussy tous les animaux de la terre gros et petits, et particulièrement les oyseaux sont tous pérys, le miel? à plusieurs portes ? ont été glacés et les hommes quoyque fournis de bled ont manqué de mourir ne pouvant avoir de farine tous les moulins ayant été glacés si fort que dans une telle calamité on a été obligé de trouver à l'orge, au sarazin, à la nesle?, à l'avoine et autres menus ? grains pour les semences les terres et ? grains sont venus à bon .. ? .., .. ? toute l'année avec bien de la peine toutes les menues gens ayant souffert d'une famine extrème dont la plupart sont morts ce qui a duré dix huit mois.

Audite hac omnes gentes anvibus diberpit aes qui habitati orbem. ps 48
aspredenite ditei pleinum requiem invicatus domine. ps 2

Que ceux qui liront cette hystoire l'apprennent aux autres et que tous le hommes apprennent à craindre le seigneur affin qu'ils evitent un tel chatiment.

Philippe LeBreton, curé de Taille fontaine

Nota : avant 1802, la fête des rois était le 6 janvier

Hiver 1709 ,chènes et noyer gelés

Hiver 1709 ,chènes et noyer gelés

Année 1710 Cuon, Maine-et-Loire, France

Le sixième jour de janvier de la présente année mil sept cent neuf a commencé le froid qui est monté a un degré de rigueur si excessive en moins de quinze jours, que depuis plusieurs siècles, on n'a point entendu parlé d'un pareil hiver, les arbres les plus durs, comme les chênes et les buis en quelques endroits, les arbres fruitiers et particulièrement les noyers en sont morts. Les vignes et les blés en ont été si endommagés que le vin de 708 s'est vendu l'année suivante , c'est à dire en 710 jusqu’à 200 lt la pipe. Le...

Le sixième jour de janvier de la présente année mil sept cent neuf a commencé le froid qui est monté a un degré de rigueur si excessive en moins de quinze jours, que depuis plusieurs siècles, on n'a point entendu parlé d'un pareil hiver, les arbres les plus durs, comme les chênes et les buis en quelques endroits, les arbres fruitiers et particulièrement les noyers en sont morts. Les vignes et les blés en ont été si endommagés que le vin de 708 s'est vendu l'année suivante , c'est à dire en 710 jusqu’à 200 lt la pipe. Le froment 55 et 60 S le boisseau mesure de Baugé. Le seigle 45 S et l'orge jusqu'à 40 et 42 S. Et dans les vignes que j'ai fait cultiver cette présente année qui contiennent vint quartiers tant de la Cure qu'autre je n'ai pas cueilli une somme de vendange.

J L Saymond Curé de Cuon

Récit du grand hiver à Feings, ses conséquences sur les récoltes, la montée de prix, les maladies

Récit du grand hiver à Feings, ses conséquences sur les récoltes, la montée de prix, les maladies

10/08/1710 Feings, Orne, France

Afin que ce papier ne soit inutile pour perpétuer ce qui â arrivé de plus considérable pendant le cour de l'année 1709.

Le lundy septième janvier commença une gelée qui fut ce soir la plus rude journée et la plus difficile à souffrir, elle dura jusqu'au trois ou quatre feuvrier, pendant ce temps là, il vint de la neige d'environ demi pied (*) de haut ; cette neige étoit fort fine, elle se fondoit difficilement quelques jours après qu'elle fut tombée. Il fit un ven fort froid, entre bise et galerne qui la ramassa dans les lieux bas. Il descouvri les bleds...

Afin que ce papier ne soit inutile pour perpétuer ce qui â arrivé de plus considérable pendant le cour de l'année 1709.

Le lundy septième janvier commença une gelée qui fut ce soir la plus rude journée et la plus difficile à souffrir, elle dura jusqu'au trois ou quatre feuvrier, pendant ce temps là, il vint de la neige d'environ demi pied (*) de haut ; cette neige étoit fort fine, elle se fondoit difficilement quelques jours après qu'elle fut tombée. Il fit un ven fort froid, entre bise et galerne qui la ramassa dans les lieux bas. Il descouvri les bleds qui gelèrent presque tous, les arbres gelèrent aussy, il ny eut point d'espèce d'arbre dont il n'y en eust beaucoup de geleez, les Chesnes même qui semblet être des plus durs furent geleez en grand nombre particulièrement ceux qui avoient été ébranchés depuis peu qui moururent presque tous par cantons ; beaucoup de pommiers parurent n'être pas morts, ils poussèrent des feüilles ou des fleurs et moururent ensuitre, d'autres portèrent des pommes et 1709 et sont mort cette présente année 1710. J'en ay vu ces jours passez dont toutes les branches etoient vertes, prestes a faire epanoüir leurs bourgeons dont elles étoient très garnies, dont les pieds etoient morts à un pied haut de terre et despoüillez environ à cette hauteur de leur ecorce qui étoit seiche par le bas et verte par le haut et bien vive, Le marcque cocy (?) ce premier may 1710, je ne say pas comment il feront par la suite. Si je ? Pouray faire mention cy après Je revis aubled que j'ay dit avoir gelez, peu de personnes connurent qu'ils étoient morts au premier desgel, quoy qu'ils le fussent aussy bien que les arbres. Je m'en apperceu des premiers. Je le dis à Mortagne mais comme le bled commençoit à enchérir, on me fit entendre qu'il n'en falloit rien dire de peur de le faire enchérir trop vite ; à la fin du mois de feuvrier, il se fit encore de grandes gelées à qui on attribue faussement pourant la perte des bleds, la terre eoit pour lors découverte car la neige se fondit dès la seconde semine de feuvrier. Je n'avois fait semer à mes frais qu'un arpent de terre qui dépend du trésor de mon église. J'y avois fait mettre du froment, je vis bien au premier desgel qu'il étoit poury et qu'il n'y en restoit guere, assy tôt qu'on y put herser, Je fis semer sur la terre, sans la labourer, environ un boisseau et demi d'orge, qu'on appelle dans mon pays du poitou de la baillerge, après que j'en eu fait semer environ dans les trois quart dudit arpent de teter, car il paroissoit que le bled n'étoit pas tout afait gasté dans le bas du champ qui etoit même trop mou pour herser, je fis herser ledit champ de long en de travers. Il faut remarquer qu'on ne put assez le herser. Il vint beaucoup d'eau en sorte que la terre passoit au travers des herses comme du mortier. Nonobstant qu'il fut trop tôt de bonne heure en ce mauvais temps, l'orge leva bien faut toujours beau et l'on recüeillis vingt cinq boisseaux combles ; cette même année 1709, on sema tant d'orge et on en ramassa tant, que de huit francs qu'on l'avoit vendu le boisseau, il est revenu à cinquante sols et un sou le boisseau à ce premier may 1710.

Depuis ledit jour premier may, le bled ? Dire tous les grains n'ont guère enchéry jusques vers la fin de juin et pendant le mois de juillet ils les ont vendus un iers et une moitié plus cher jusqu'à qu'on été vers la seonce semaine du mois d'aout que le seigle est revenu à vingt cinq sols le boisseau mesure de Mortagne et aussy des autres grains à proporion. Je reviens aux arbres fruitiers qui sont si infructeux cette présente années que je ne croy pas qu'on puisse faire de tous les fruits qu'on cueüillera dans cette paroisse une pipe de de cidre qui vaut maintenant cent francs la pipe. Les maladies commencèrent vers le mois d'aout 1709 et ont continué jusqu'à présent. Le registre suivant qui est pour l'année 1710 fait voir combien il y eu de morts ; mails il n'en est pas mort le dixième ce deux qui ont été malades, le pourpre (**), la petite vérole, la rougeole, la dissenterie, le fieuvre continue aux tranport au cerveau, se sont trouvés tous ensemble en même temps dans plusieurs maisons et il y en a qui n'ont pas été plûtôt été guéry de quelqu'une de ces maladies qu'ils ont été attaqués des autres dont ils sont morts ensuite.

Ce 10 aout 1710

(*) environ 15 cm
(**) : purpura